dimanche 29 septembre 2019

Noces mystiques






L'amour est un vrai miracle
Qui vient se couler
Tendrement
– Ardemment —
Dans la mélancolie du moment


Personne ne peut imaginer
Sauf à l'expérimenter —
Que des humeurs sombres
Puissent prédisposer à tant de sincérité
À tant de simplicité caressante
À tant de complicité riante
À tant de volupté extasiante
Entre deux amants
Que le spectacle de la Société du Spectacle
Et quelques-uns de ses autres inconvénients —
Fatiguent — évidemment


Et pourtant


Rires
Baisers et caresses énamourées
Dissolvent en un instant
Cette chape de plomb que distille nécessairement
Ce temps


Et la Beauté de la vie l'emporte
Sans même s'en soucier —
Sur la bêtise et le malheur programmés
Environnants


On ouvre d'un coup tout grand les portes
De ce royaume de félicité
Qu'offrent :
La connivence de ceux qui s’aiment
Un toit
La liberté
Le silence
La santé
Et du temps devant soi
Dégagé de toute obligation —
Toutes choses qui sont les ingrédients
Nécessaires à ce Grand Œuvre
Qui
Lorsqu'on les possède —
Ne souffrent pas qu'on ne fasse pas
Jaillir de cette chape de plomb
Que j’évoquais précédemment —
L'or du Temps
Car posséder chacun de ces éléments
Est en soi un privilège
Rare, au fond —
Qui oblige
Délicieusement —
Les poètes et les amants…


On n'arrête pas ainsi le monde à sa porte
Pour seulement lui faire rendre compte
Comme le pensait Nietzsche… —
On l'arrête pour entrer dans l'Unique Dimension
Et redevenir la manifestation éblouie
Du miracle du Sans-Nom
Dans cette présence-absence
Immobile ou en mouvement —
Proprement hors du temps
Où nous saisit la Grâce
Pour entrer de nouveau dans la Présence
Réintégrer notre Déité
L'Absolu
Le Brahm des Hindous
Quel que soit le nom que les fantaisies religieuses ou idéologiques
Qui déterminent cependant la conscience et la vie de leurs partisans —
Ont tissé autour de l'Indicible
Primordial
Invincible
Mais dont l’expérience est toujours menacée cependant


Et je repense
Le cœur et le corps débordants
– Souriants —
À ce merveilleux mouvement
Qui nous inondait d'abandon
Finalement —
Qui nous a menés
Lors de nos noces mystiques
Ce tantôt —
Dans ce séjour béatifique
Que manifeste encore
Le halo
De tendresse mirifique
Dans lequel nous baignons
Dans cette nuit idyllique

Et je remercie…
Et je bénis la vie…
À nouveau…









Le 28 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019







.

dimanche 22 septembre 2019

L’Infini — jusqu’à s’y perdre









On se déploie dans les beaux draps
Vieux rose
Je crois… —
Totalement…


Comme en ce moment nos daturas


Dans le jardin de l’harmonie préservée
Tels les amants magnifiques
On s’envole…
Légers de nos baisers
Déliés de nos caresses
Éperdus de nos grands sentiments
Souverains dans leur expression


On s’aime comme je n’avais même jamais rêvé
De savoir
Et de pouvoir aimer


Tout est simple et mirobolant…
Nos corps et nos âmes s’explandissent
Dans le Temps et l’espace
Dans l’harmonie et la fluidité
L’affirmation et l’abandon


On a depuis longtemps oublié la partition
Et ça improvise jusqu’à nos vocalises


Qui voudrait lutter ?


J’ai un rythme divin de lasciveté dans la peau
Je suis le tempo…
Votre concert
Tout en subtilités rythmiques —
Triomphe selon la même somptuosité
Divine et inspirée…


Qui voudrait s’arrêter?


On pourrait dériver ainsi tout l’après-midi
Car notre idylle
Comme tout juste commencée —
Nous permet de découvrir toujours
De nouveaux enchantements de volupté
Privilège des amours débutants
De ceux qui se caressent au ban
Poétique –
De la vie prosaïque…


Mais tout s’emballe finalement
Merveilleusement
Jusqu’au climax final…
Et l’on connaît alors la grâce vaporisée
Des jazzmen de l’art d’aimer


La merveille de ces rendez-vous avec vous
Galants —
C’est cette ouverture au Ciel
Dans le déploiement de nos grands sentiments
Qui dissout d’un coup le monde de l’illusion
Et ses logiques mortifères
Qui finiront peut-être
Par avoir raison de tout sur cette Terre…


On voulait trouver
Ce qui pourrait rapprocher les Hommes…
Nous nous en sommes éloignés
Comme jamais rien ni personne…


Quelle étrange distinction que la nôtre…


Qui pourrait aujourd’hui encore l’apprécier ?


Le lendemain 
On retourne au Lycée
En traversant la vallée —
Où l’on retrouve Mallarmé


On croise des parents et leurs enfants
Bruyants
Charmants —


Je me demande toujours
Quel peut être l’avis
De nos contemporains
De nos contemporaines
À propos de ceux que n’occupent que la poésie
La contemplation
La jouissance du Temps
Autrement dit
«  La plus belle théorie
Le plus bel amour…  »


Et puis — alors que l’on va manger des glaces —
On apprend par sa fille
De notre ami Alexis la fin prochaine


Comment ne pas tout faire
Pour goûter
À l’Infini
Jusqu’à s’y perdre —
Chaque instant de cette vie 








Le 22 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019





.

mardi 17 septembre 2019

Cigale mystique









Dans l'ineffable douceur du soir
On dîne aux chandelles
Rien d'audible du monde
Ni de l'Homme


Reste le concert des grillons


Dans un monde où plus personne ne s'appartient
Jouir de la Terre
Maître sur ses terres
Sans état dans le monde
Sans affaires
Invisible
Ignoré de tous
Dégagé de toute chapelle
De toute coterie —
Reste le seul et dernier privilège



Cette félicité fusionnelle avec le monde
Là, qui m'emplit



Dans un monde où plus personne ne s'appartient
 Pas la moindre goutte d'alcool
Pas la moindre molécule
Pour troubler cette sensation amoureuse plénière
Qui me lie en ce moment à la Terre
Qui m'offre
Et m'a offert —
Tant de beautés
Partout où je l'ai visitée


Être de nouveau ainsi
Comme celui qui vient de naître
Éperdument amoureux de ce monde neuf
Le regarder de nouveau pour la première fois
Avec cet œil émerveillé et pantois
Qui est l’œil de celui qui vit ce miracle permanent
D'émerveillement
Que constitue le fait d'être heureusement vivant
Et d'évoluer librement dans tant de beauté


Dans un monde où plus personne ne s'appartient
Mon cœur d'homme
Mon cœur d'enfant
Ouvert
Infiniment




Rien entre cette Terre infiniment belle et moi




Le privilège de l'Homme dans l’Univers :
Pouvoir redevenir
Sans filtre aucun —
Le grand Tout
L’Âme Universelle
Ou — pour le dire plus plaisamment
Avec Schopenhauer —
Le Brahm (ब्रह्मन्) des Hindous






La vie me laisse ici sans voix
Et je la bénis de m'offrir
Ce lieu et votre amour
Ces terres et votre présence
Vous qui m'avez sans le vouloir
Permis de redécouvrir non seulement la beauté du monde
Mais plus encore
De pouvoir être
Sans aucune barrière —
Ce Monde lui-même
Plus souvent que parfois
Ne recherchant rien
Pas même cette ouverture à l’Infini
Qui me saisit et me surprend quand elle veut
C'est-à-dire tous les jours


Sans désir
Sans projet
Sans état dans le monde
Sans affaires
Jouissant de l'Insouciance
Cigale mystique
Au cœur miraculeux du Monde
Je bénis la vie
Et je vous aime









Le 17 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019





.

dimanche 15 septembre 2019

Phaëton d'or et de lumière







Phrase de réveil de sommeil d'amour :

Je n'ai jamais tant
Je n'ai jamais si bien
Je n'ai jamais tant et si bien dormi


Plus tard :

On attend toute une vie
Pour finalement découvrir l'amour



Voilà ce qu'aujourd'hui je pourrais écrire
Mais bien sûr cela ferait rire


Pourtant
Je sais n'avoir jamais connu
Et de par le mouvement souverain
De votre déploiement
Et par le mien
D'amour si délicat
Si « énamouré »
Si passionné
Si tendrement triomphal
Donc, si abandonné —
Une Beauté si convulsive
Si totale
Une dissolution si impérieuse
Si absolue
Si inconditionnée
Qui me fait savoir enfin pourquoi je suis né


Qu'avions-nous dit
Dans nos ris
Pour justifier un tel déploiement
Et provoquer une telle révélation ?


Je me souviens seulement
Que nous y étions si heureux
D'avoir fait de nos terres
Un sanctuaire
Secret
D'abord —
Pour l'amour, le merveilleux
Et pour l'extase contemplative
Celle qui jaillit des oraisons de la galanterie
Caresses
Baisers gourmands-gourmets
Valse des cœurs
Déroulé des tendres et puissantes ardeurs
Exploration profonde des ultra-mondes
Abandon sans retenue au phaëton d'or et de lumière
Des grandes vagues involontaires
Des merveilleux péristaltismes soyeux
Qui nous maelströmisent
Et nous font basculer
Sans aucune réserve permise –
Par les sanglots mêlés de la masculinité et de la féminité
Accomplies et subsumées –
Dans l’Infinité


Sanctuaire
Déclaré
Ensuite —
Pour nos amis des prairies
Des ruisseaux, des bois et des forêts
Toujours plus menacés


Et notre plus belle œuvre d'art
Enfin —
Notre Palais
Ou plutôt notre Parc Idéal
En quelque sorte —
Ouvert au Ciel
Fermé au public
Sauf visées savantes, baroqueuses ou didactiques —
Œuvre d'un art où l'illumination compte pour tout
Et l’esbroufe égotique pour rien —
Et que nous offrons
En réserve et sans réserve —
Aux jeunes générations…
Avec notre Traité de l’amour contemplatif — galant et de la jouissance du Temps
Aujourd’hui encore bien sibyllin…



Philosophant ainsi sans vraiment le vouloir
Dans notre boudoir —
Sortant du bain
Enivrés comme des Galants
Par nos parfums charmants
On définissait aussi
Dans nos ris
L'art d'aujourd'hui et de demain
Art nourri par cette saisie par le Sans-Nom
Par cette plongée océanique dans l’Éternité
Par ce retour à cette félicité pantoise
Primale, éternelle et courtoise –
Art dépouillé à l’extrême
Dans son expression… —
Contre l'art d'hier
Malheureusement toujours d'actualité —
Lourd, chargé et polluant
Les murs
Les sols
Les salles
Les places
Les frontons —
Et totalement sec d'Illumination
Maniant les thunes et les tonnes
De peinture
De verre
D'acier
De béton
Pour manifester seulement
La frigidité poético-unitive et l'activisme désespérés
Et endiablés 
Avec sa rage de s’enrichir en s’appauvrissant
De l’injouissant


On évoquait aussi les simples et aristocratiques moyens
De la calligraphie
De la musique
Du chant
Ou de l'entretien des forêts et des prairies
Aux fins de l'expérience mystique du divin
De l'amour
Des caresses et des jours
L'encre et les nuits de Chine
Si câlines —
Comme la Voie des dames et des gentilshommes de demain
Bref, on rêvait d'un monde contemplatif — galant
Cette utopie
La dystopie étant l'aujourd'hui —
Aristocratique et mystique
D'une civilisation basée sur l'Amour…
Et nos cent hectares de Beauté protégée
Confetti sur le champ de bataille mondialisé
Des aveugles et des sourds
Superstitieux et enragés…
Tous plus peuples élus les uns que les autres
Avec leurs furieux apôtres –
Mais tous privés de la lumière
Ainsi que le notait si justement Schopenhauer —
Nous paraissaient comme notre gant jeté
Au malheur et à la bêtise déchaînés…
Et aussi le mieux et le moins que nous puissions faire…
Avec, bien sûr, la poursuite de nos recherches sur l’amour et le merveilleux
Qui portent si heureusement en elles-mêmes
Leur récompense suprême


Et tout échauffés
Dans notre boudoir —
Par notre philosophie caressante
Emplis de douceur
Forcés enfin au silence par nos baisers
Nous avions ensuite dévalé cette pente
Qui nous avait menés aux sommets que j'ai dits
Pour commencer —
Car la philosophie
Pour le contemplatisme allié à la galanterie —
C'est bien joli
Mais c'est en quelque sorte l'entracte
Avant que ne se fasse le noir
De la raison raisonnante et de l'esprit —
Qui laissent place à la Lumière
Et à la découverte émerveillée
Par la volupté déployée —
Du Grand Œuvre de la Vie




Plus tard, le soir
On riait :
Le Canada nous proposait de « booster » nos vies

Ayant atteint quant à moi
Le comble du Nirvana
Je décidais de décliner l’offre
Ne me croyant pas capable de supporter d’être plus « boosté » que cela

Et on chantait comme ça : le Canada, on n'ira pas

Enfin, on faisait de jeunes fous très doux
Silencieux ou riant de tout 



Mais il se fait si tard
Qu'il fera bientôt jour
Je finirai donc plus tard 
Ce film d'amour













Le 14 septembre 2019, à 4h 30 du matin
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019







.

vendredi 13 septembre 2019

Douceur éternelle








Allongé et dans l'approche de la vacuité émerveillée
Qui est comme le souffle du vent sur les blés
Qui couvraient la petite plaine, cet été —
Avec cet être à mes pieds
Qui se prépare à se lover —
Blanc
Abandonné
Ronronnant


Voilà un miracle
Qu’il convient de noter :
Cet instant de paix
Nos deux personnalités
Si différentes
Elle
Un félin
Légère comme un plume —
Moi
Un humain
Que cet émoi
De douceur éternelle parfume





Le 10 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019



.


lundi 9 septembre 2019

Les heures les plus belles du monde





Le Concert royal de la Nuit







Remerciements : à Sébastien Daucé, à l'Ensemble Correspondances (clic) ;
Et à la chaîne AVROTROS Klassiek (ici)

Livret (ici)






Les heures les plus belles du monde



L'amour est une nuée lumineuse
De douceur vaporeuse
Une extravagante clarté de féerie onduleuse
Où mon cœur d'homme s'explandit
Bien avant même le début de nos grâces tactiles
Et celui de nos ris
Délicats d'idylle

Hier, nous revenions
Par de miraculeux petits chemins
Connus de nous seuls –
D'un séjour égayé par le vin
Sublimé par la musique baroque et ses plaisirs divins
De si loin du monde
Que nous ne pouvions que remercier le Ciel
Pour ce présent
Si inactuel
Si providentiel :
Le Beauté à pleurer
À deux pas de notre bergerie —
Nichée au fin fond d'une châtaigneraie
Totalement introuvable et ignorée…


L'esprit et le palais enchantés…
Quelles meilleures prémices
Pour des lendemains tout entiers dédiés
À un rendez-vous galant
Selon notre art d'aimer ?




L'amour dès le point de ces nouveaux jours ?
Une nuée lumineuse
De douceur vaporeuse
Une extravagante clarté de féerie onduleuse
Où mon cœur d'homme s'explandit
Bien avant même le début de nos grâces tactiles
Et celui de nos ris
Délicats d'idylle
Où nous suivons le cours de nos sentiments
En suivant celui de nos baisers
Qui nous mènent sans délais
Aux souffles entremêlés
Courts
Puissants
Haletants
Exaltés
Accordés…


Quel bonheur !
Que ce miracle de la volupté souveraine
Qui nous caresse et nous entraîne
Dans l'allégresse partagée
Hors d'haleine
Et ondulés
Comme deux dauphins passionnés
Qui s'aiment


Quel prodige !
Que le miracle de nos deux cœurs
Qui s'offrent de toute douceur
Et s'amplifient et se dilatent
Chacun selon sa propre félicité —
Et qui ce faisant ne font rien
Que s’exhausser
En s’exauçant —
Dans la divinité


Je caresse ardemment d'amour votre corps de déesse
Tandis que je progresse…
Nous exaltant jusqu'à l'infini…
Poussé par quoi ?
Mené par qui ?
Sinon par le mouvement même de la Volupté du Monde et de la Vie…
C'est-à-dire
Par l'Amour
Dans son plus beau jour…


Vous
En retour —
Inspirez ma virilité
Dans une danse qui vous est imposée
Dans une grâce inégalée…
Poussée par quoi ?
Menée par qui ?
Sinon par le mouvement même de la Volupté du Monde et de la Vie…
C'est-à-dire
Par l'Amour
Dans son plus beau jour…


C'est ainsi


Nous ne finirions jamais
Si d'une certaine façon
Nous n’étions attendus et recherchés
Inconsciemment —
Par notre fusion
Dans l'Infini
Vers lequel on s'enfonce
Comme deux explorateurs
Sans peur
Et sans plus de raison
Dans une transe
Immense
Au diapason —
Où finalement se déroule seule la chance
Qui est
On le sait —
Le mouvement même de la Volupté du Monde et de la Vie
Laissé à son libre cours
C'est à dire
L'Amour
Dans son plus beau jour…


Demain, nous serons en Italie !
Pour aller écouter
Marc-Antoine Charpentier…


Vie !







Le 8 septembre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019




.