![]() |
|
Peter
Paul Rubens
Paysage
avec arc-en-ciel
1635
Huile sur toile
130 x 86 cm
|
Ici
C'est
la pluie la douceur le brouillard…
La
vigne coruscante
Qui
s'élève vers le ciel
Et
s'étale…
L’éclaircie
éblouissante
Dans
un ciel noir…
Au loin
C'est
un ballet de guerre
Encore
« au ralenti »
— Si
l'on ose ainsi dire
En
pensant à ceux qui en sont les martyrs —
… Comme
la parade de combat
De
deux chats
Avant
l'explosion brutale
De
leur conflagration ultra-létale
L'hégémonie
choisira-t-elle d'embraser
— Comme
à sa rude habitude —
Ceux
qui menacent sa suprématie
— Et
ne rêvent que de s’entre-déchirer ?
Déclenchera-t-elle
ainsi
Une
réaction en chaîne
Un
embrasement d'attaques
Sur
tous les fronts absolument
— Terrestre,
aérien, marin, électronique, boursier
– J'en
oublie, forcément… —
Contre
sa souveraineté
— Du
Japon jusqu'à l’Ukraine
De
la Chine et de la Corée
Jusqu'à
l'Albion — ?
Cette
hypothèse — de l'embrasement mondialisé des bonobos et des
macaques —
Nul
ne peut l'écarter…
C'est
dans ce délicieux moment de l'Histoire
— Où
dans le même temps
On
a pu écrire – avec raison –
Que
personne ne combat le terrorisme
Puisque
tout le monde s'en sert
– Ce
qui est un truisme… —
Que
l'on savoure nos desserts…
En
écoutant Albinoni (clic)
Enfant,
je fus gavé — par les radios —
De
son adagio…
Qu'il
n'a jamais écrit…
Complètement
tombé dans l'oubli
C'est
son fidèle et presque unique zélateur
— Remo
Giazotto —
Qui
en eut l'honneur :
Parti
chercher à Dresde
— Après
que cette ville baroque eût été rasée —
Les
partitions uniques de ses soixante-dix opéras
— Qu'il
savait qu'il y trouverait —
Il
ne trouva de la Bibliothèque que ses restes
Et
des cendres et des gravats…
Les
opéras furent perdus à jamais
Et
il inventa cet adagio qui sauva
Le
merveilleux Albinoni
De
l'oubli…
Albinoni
dont on rejoue du coup depuis
Tout
ce qu'il avait écrit
Et
qui n'avait pas été détruit
Les milliards de morts-vivants
— Hallucinés
par leur injouissance
Et
possédés par leurs fantasmagories —
Mènent
la danse :
Quand
ils ne maudissent pas la vie
Ils
s'accrochent à — et se déchirent pour — leurs bigoteries
Ainsi
que l'avait déjà écrit Schopenhauer :
Celui
qui possède la richesse intérieure
Demande
peu à la vie…
— Quand
la populace des souffreteux et des radasses
Est
possédée par une rage – de montre et rapace… —
Schopenhauer
qui continuait à peu près ainsi :
Les
benêts restent des benêts
Les
lourdauds restent des lourdauds
Jusqu'à
la fin…
Fussent-ils
en paradis…
Et
entourés de houris…
— Les
multimilliardaires le prouvent à l'envi… —
De
sorte qu'il revient à ceux que caressent la grâce
La
splendeur et la jouissance
De
donner forme, style et apparence
À
leur expérience de la Beauté et de la Chance
Pour
que la plèbe d'en-haut
Puisse
continuer d'exciter la plèbe d'en-bas
À
les saccager
— Sans
arrêt… —
À
son profit…
Qui
sait si quelque jour lointain
— S'il
en reste encore aucun —
Un
bon et fidèle Gaziotto
N'inventera
pas un opus que nous n'aurons jamais écrit
Pour
sauver l'amour contemplatif — galant de l'oubli…
— Et
dont les très rares vestiges auront été détruits… ?
En
attendant, c'est plus prosaïquement
Que
— préventivement — contre le coryza
On
passe la journée délicieusement au lit…
Coryza
que l'on soigne comme on le sait
Par
l'acupuncture interne…
Avec
une bonne aiguille…
Ce
qui a défaut de nous éblouir
Et
de nous mener au dernier degré de la félicité
Manque
de nous étouffer et nous fait
— Après
dormir —
Mourir
de douceurs, de tendresses et de rires
Les
cénobites extatiques
— Pourrait-on
dire à ceux que possède la détresse infantile —
Laissez-les
bander et jouir tranquilles…
Et
— Pour
l'humanité à venir —
Ce
sera là tout notre évangile…
R.C.
Vaudey
Le
16 octobre 2016
Petites
proses en poëme
« Vous
remarquerez l'absence de ponctuation, c'est à dessein. »
Lettre de Mallarmé — du 9 juin 1886 — à Gustave Kahn.
Une règle que nos lecteurs savent que nous suivons presque scrupuleusement — hors cadratins, demi-cadratins et points de suspension… qui sont comme notre signature, même si, bien sûr, nous laissons ces derniers à Céline, à la maîtrise duquel nul ne songerait à les contester.
.
