On vit dans un nuage
— Qui est une pluie
continuelle —
Dans ce merveilleux
écrin de verdure
— Sur-gorgée d'eau —
Au creux duquel
— Dans les
émerveillements qui forcent au silence —
Nous reposons
Où la mousson
Qui se déchaîne maintenant
— Que l'on remarque à
peine —
A fait soudain
Tout autour de nous
Comme un diamant d'eau
D'une densité extrême
Au cœur duquel
Nous serions le
véritable joyau
C'est aussi l'infinie
douceur
Qui enveloppe nos rires
et nos caresses
Une douceur incommensurable
Et une vraie joie
Si délicieuse
Qu'elle couvre de nos
ris
Le bruit
— Que l'on ne remarque
même pas —
Que fait la pluie
Sur le plancher
En traversant le toit
Et le plafond
Tandis que nous nous
abandonnons
— On ne lutte pas
contre la mousson
Elle imprègne tout – on
s'y confond —
À la félicité de nous
aimer
Au centre du vaste
monde
Qui est le cœur de
notre immense lit
Épargnés
Au milieu même de la
chambre des extases
Démesurée
Tandis que
Tout autour de nous
Le monde dégoutte
Et dégoûte – aussi — je
l'admets…
(Où les hommes
Fidèles à ce que l'on
en connaît
Quand ils n'égorgent
pas leurs enfants
Mangent le cœur de
leurs ennemis
Et où l'on a honte de
ses vêtements
Quand on voit
Comment
Pourquoi
Et pour qui
Les esclaves qui les
ont faits
Sont écrasés...)
Sûrs-délicats
Sûrs-aimants
Sûrs-amoureusement
Par nos baisers
profonds
On laisse monter le
mouvement ondulant
De nos bassins et de
nos corps caressants
Puis
Quand il est plus que
temps
On s'épouse…
Miraculeusement…
Je conforme
délicatement
L'offrande de mon âme
À votre attente s'y
aboutant
Et vous
Progressivement
M'offrez en retour
La plus somptueuse
Des caresses onctueuses
De l'amour enveloppant…
Profondément pénétrée
De cet amour caressant
Qui sourd de moi
Dans ces grands
mouvements
Puissants et négligents
Tout à la fois…
— Et
Dans ce moment
Ce qui se fond et se
débonde
Comme tout autour de
nous l'eau et le monde
C'est cette prodigieuse
reconnaissance amoureuse
Bienheureuse
Que j'ai pour toi
À cet instant
Et que
Dans ce même mouvement
D'insouciance absolue
et d'abandon
De toi pour moi
Je sens
S'aimer ainsi
caressemment
Au cœur d'un diamant
D'eau dense
Noyé dans un écrin
luxuriant
De verdure
Est un luxe riant
Et un peu comme une
danse
Que rien n'attend
Et qui donc dure…
À un moment pourtant
Submergés par le ciel
Nous nous y abandonnons
Comme à un impétueux
torrent
Qui gronde
Sans répit et entraîne
Et toujours reprend
— Le même probablement
Que celui qui
Au même instant
Notre jardin emmène
Au réveil on se régale
On rêve en se caressant
Et vous avez pour moi
de touchantes tendresses
Tandis que peu à peu la
pluie cesse
Quelques jours après
Très étonnamment
Au moment même où
j'écris ce poème
Vous vous endormez
telle
Une coccinelle
Des prés et des fossés
Puis vous regagnez
notre maison
Et
Grâce à la chose et au
tempo parfait
Nous l'en sortons…
Cela fait
Insouciant
Je reprends
Comme si de rien
n'était
Et j'ajoute…
Cette petite touche…
Le 20 mai
2013.
R.C. Vaudey
Journal d’un
Libertin-Idyllique (Illuminescences)
2013
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