mercredi 22 mai 2013

Dans un nuage...









On vit dans un nuage
— Qui est une pluie continuelle —
Dans ce merveilleux écrin de verdure
— Sur-gorgée d'eau —
Au creux duquel
— Dans les émerveillements qui forcent au silence —
Nous reposons
Où la mousson
Qui se déchaîne maintenant
— Que l'on remarque à peine —
A fait soudain
Tout autour de nous
Comme un diamant d'eau
D'une densité extrême
Au cœur duquel
Nous serions le véritable joyau

C'est aussi l'infinie douceur
Qui enveloppe nos rires et nos caresses
Une douceur incommensurable
Et une vraie joie
Si délicieuse
Qu'elle couvre de nos ris
Le bruit
— Que l'on ne remarque même pas —
Que fait la pluie
Sur le plancher
En traversant le toit
Et le plafond
Tandis que nous nous abandonnons
— On ne lutte pas contre la mousson
Elle imprègne tout – on s'y confond —
À la félicité de nous aimer
Au centre du vaste monde
Qui est le cœur de notre immense lit
Épargnés
Au milieu même de la chambre des extases
Démesurée
Tandis que
Tout autour de nous
Le monde dégoutte
Et dégoûte aussi — je l'admets…
(Où les hommes
Fidèles à ce que l'on en connaît
Quand ils n'égorgent pas leurs enfants
Mangent le cœur de leurs ennemis
Et où l'on a honte de ses vêtements
Quand on voit
Comment
Pourquoi
Et pour qui
Les esclaves qui les ont faits
Sont écrasés...)

Sûrs-délicats
Sûrs-aimants
Sûrs-amoureusement
Par nos baisers profonds
On laisse monter le mouvement ondulant
De nos bassins et de nos corps caressants
Puis
Quand il est plus que temps
On s'épouse…
Miraculeusement…

Je conforme délicatement
L'offrande de mon âme
À votre attente s'y aboutant
Et vous
Progressivement
M'offrez en retour
La plus somptueuse
Des caresses onctueuses
De l'amour enveloppant…
Profondément pénétrée
De cet amour caressant
Qui sourd de moi
Dans ces grands mouvements
Puissants et négligents
Tout à la fois…

— Et
Dans ce moment
Ce qui se fond et se débonde
Comme tout autour de nous l'eau et le monde
C'est cette prodigieuse reconnaissance amoureuse
Bienheureuse
Que j'ai pour toi
À cet instant
Et que
Dans ce même mouvement
D'insouciance absolue et d'abandon
De toi pour moi
Je sens

S'aimer ainsi caressemment
Au cœur d'un diamant
D'eau dense
Noyé dans un écrin luxuriant
De verdure
Est un luxe riant
Et un peu comme une danse
Que rien n'attend
Et qui donc dure…


À un moment pourtant
Submergés par le ciel
Nous nous y abandonnons
Comme à un impétueux torrent
Qui gronde
Sans répit et entraîne
Et toujours reprend
— Le même probablement
Que celui qui
Au même instant
Notre jardin emmène

Au réveil on se régale
On rêve en se caressant
Et vous avez pour moi de touchantes tendresses
Tandis que peu à peu la pluie cesse

Quelques jours après
Très étonnamment
Au moment même où j'écris ce poème
Vous vous endormez telle
Une coccinelle
Des prés et des fossés
Puis vous regagnez notre maison
Et
Grâce à la chose et au tempo parfait
Nous l'en sortons…

Cela fait
Insouciant
Je reprends
Comme si de rien n'était
Et j'ajoute…
Cette petite touche…







Le 20 mai 2013.


R.C. Vaudey


Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2013




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