EXTASE
C'est dans la tourmente et dans le vent
Qui
fait craquer
Les
énormes poutres
Au-dessus
de nos têtes
Que
nous reprenons
Dans
les rires et la joie
Le
cours de nos fêtes
La
tourmente qui fait rage dehors
Nous
la transmuons
Dès
le début de notre étreinte
Sous
un déluge de baisers
De
caresses et de resserrements
Dans
une transe
Où
nous muons
Ardemment
De
nos petits êtres
En
un vif
Grand
Et
unique déploiement
L'intensité sans délai
La
virulence abandonnée et emportée
L'excès
en tout
Sans
temps mort
La
danse que je fais
Les
bras levés
La
tête renversée
— Toujours
comme cet « homme heureux »
Qui
ondule au ciel
On
ne sait quelle bénédiction muette
– Ou
seulement faite de grondements irréguliers —
Tout
S'enchaîne
et se déchaîne
Dans
une incroyable intensité
À mesure que la tempête se débonde
Et
secoue l'immense vaisseau de pierres
Se
déroule en nous
L'intensité
Explosive-abandonnée
De
la volupté
Dans
le face-à-face du deuxième tour
J'entrevois
le visage même de l'extase
D'une
telle beauté
Qu'en
comparaison
Celui
qu'a tenté de rendre Le Bernin
N'est
rien !
Sans loisir pour la contemplation
Transportés
par l'exaltation
— Je
l'ai dit : c'est une sorte d'ouragan qui veut tout emporter
Qui
nous frappe au-dehors comme au-dedans —
Nous
sommes emportés
Décidément
Dans
cet immense tourbillon
Qui
nous enlève et nous soulève
Dans
un continu et immense battement
Sans
fin
Et puis
C'est
Une
jouissance intense
Qui
revient toujours
Montant
et spiralant
Pour
nous laisser sans force
Exultants
Expirants
Le soir
En
sortant de notre sommeil
Vous
avez un appétit d'ogre et de joie
Tout guillerets
Nous
confectionnons
Le
plat des Frari
Que
nous dévorons en riant
Le lendemain j'écris à un surfeur
Avec
lequel on parle de Nietzsche et de révolution
Dans
une sorte d'inattendue complicité
Le jour qui suit
Le
vent s'est calmé et le soleil brille
De
nouveau
Et c'est ainsi qu'apaisé
Le
soir
J'ai
écrit ceci
Comme
à la vie un immense bravo !
Le
17 avril 2012.
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2012
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