vendredi 17 octobre 2014

La porte de la jouissance du Temps





Le dragon merveilleux
De la grotte enchantée
Nous l'avons éveillé

Nous l'avons chevauché
Bel et bien
Et
À la fin
Il nous a
De son souffle embrasé
Réduits à rien

Pourtant au départ
Vous étiez la belle
Presque dormant
Vos yeux presque fermés

Mais la puissance du dragon
De la grotte enchantée
N'a besoin ni de vous ni de moi
Pour se déployer
(Ça nous le savions déjà)

Il suffit simplement
Même presque en dormant —
D'aller le taquiner

Après quelque temps
De grands embrasements
De nos grands appétits
Cette fois parfaitement réveillés
Moi j'étais rugissant
De volupté
Sous ses caresses de feu

Rugir sans rien y pourvoir
C'est vraiment ce que l'on appelle la belle vie...
J'étais donc là
Bandant comme un cerf
Et heureux comme un homme
Tandis que de la belle au bois dormant
Vous étiez vous-même devenue le dragon merveilleux
Me chevauchant
Délicieux
M'emportant en rugissements impérieux

Bander comme un cerf et rugir comme un homme
Ou l'inverse —
Sous les caresses de feu du dragon merveilleux
De la grotte enchantée
Être emporté en rugissements impérieux
C'est vraiment ce que l'on appelle vivre
Bénis soient donc la vie
Et toutes les déesses et tous les dieux
Tous les dragons merveilleux
Toutes les grottes enchantées
Bénie est donc la vie
Quand je rugis de vie

À la fin c'est un divin charmant adorable dragon
Qui vous aspire vous malaxe vous broie et vous tète et vous embrasse et vous enserre
À ne plus finir
Ce divin dragon

Qui vous fait tout vivant
Qui vous offre la joie la puissance et le salut et de la volupté le rugissement
Et vous ouvre par ce long mouvement
Et tout d'un coup
La porte de la jouissance du Temps







Le 27 novembre 2006




Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006







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