dimanche 29 mai 2016

LA CHARTREUSE DES CHARMES










De ASHA à l'infini 

Héloïse Angilbert

Acrylique sur toile





Dans notre chartreuse contadine
Au milieu des bois
Des vergers et des vignes
Bien isolée du monde
Lorsque s'explandit la charmoie
Notre amour vagabonde
Et nos ondes
Accordées
Se fondent et chatoient
Et forment comme une aura
Qu'on dirait obcordée
Deux fois
Dessinant le monogramme
De notre amour
À l'indicible charme
Que seul l'indicible charme
 Évidemment monogame...
Comme il se doit






Le 29 mai 2016.






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mercredi 25 mai 2016

Branloire pérenne











R.C. Vaudey 

Poésies III


Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 






Aujourd'hui, l'expression « jouissance amoureuse » ne connote pas à proprement parler un événement poétique, un vertige, l'emportement par la beauté convulsive, mais l'ivrognerie de l'âme envahie par les pulsions secondaires pré-génitales — destructrices ou autodestructrices.

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Tout le monde a le droit de souffrir d'injouissance, mais pas d'exiger que nous vénérions les horreurs et les stupidités qu'elle produit.

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L'agitation moderne fait obstacle à la jouissance du Temps : quand elle n'a pas totalement détruit les capacités natives de la goûter, elle empêche — pour la plupart, et le plus souvent — de s'y abandonner.

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N'espérons pas que la civilisation renaisse, tant que l'homme ne se sentira pas humilié de se consacrer à autre chose qu'à la contemplation galante et au déploiement — esthétique et artistique — de la Beauté.

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Le degré de civilisation d'une société se mesure à l'importance que l'amour contemplatif — galant y a pris.

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Toute catastrophe est une catastrophe de la contemplation galante.

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Sans une certaine profondeur mystique — galante, la perception de la puérilité religieuse ou transgressive est inaccessible.

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La plupart des hommes, avec les années, s'avilissent.

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Nous comprenons chez les autres — tout en en méprisant les manifestations — cette inhumanité injouissante — cette injouissance inhumaine — que nous avons appris à analyser et à dépasser en nous, en revivant, en partie, les scènes-clés de son origine, et en retrouvant ainsi notre cœur poétique-émerveillé, qu'elles avaient étouffé : ce sont cette volonté (délibérée et forcée par nul intérêt matériel, carriériste ou social), cette exploration (terrible et merveilleuse, tout à la fois), associées à la science des situations (apprise d’autres), servies par la chance et la ténacité qui nous ont permis (jusqu’ici... ) de vivre avec lucidité une vie calme, simple, discrète, au milieu de livres intelligents, tout en goûtant les extases de l'amour contemplatif — galant.

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Le monde moderne regorge d'articles inutiles non seulement à la perfection mystique — galante de l'homme mais aussi à la perfection matérielle du monde.

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Comment peut vivre quelqu'un qui n'attend pas de miracles poétiques — contemplatifs ?

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Faire tout avec lenteur, voilà la seule dignité de l'homme — qui ne tient, on le sait, qu'à sa capacité au mysticisme galant...

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La jouissance contemplative — galante est la seule énigme qu'il n'est pas décevant de déchiffrer.

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Les idées de nos contemporains ne sont pas des idées de gauche (ou de droite), ce sont des idées de pauvres en jouissance et en poésie.

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L'amour païen, l'amour « romantique », la sexualité dépravée, satisfaite d'elle-même et hygiénique, entre noceurs revenus de tout : rien n’approche, ni de près ni de loin, la joie et les extases de l'amour contemplatif — galant.

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La soif de grandeur, de noblesse, de beauté, est un appétit de l'amour contemplatif — galant, qui s'ignore.

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Même la jouissance devient triviale si nous la considérons uniquement comme un processus physiologique, et non comme un miracle mystique — galant.

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La « Raison » du XVIIIe siècle ne fut pas un symptôme d'intellect hypertrophié, mais de sensibilité contemplative — galante atrophiée.

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Quand de telles « lumières » éclairent le monde les bas-fonds du caractère des humains — que le patriarcat, par les conséquences psychophysiologiques de l’esclavage, pendant plus de 8000 ans avait dévoyé — ont tôt fait de se manifester.

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Que le mouvement du temps veuille bien un jour libérer l'humanité de l'injouissance ! L'injouissance, cette mère du terrorisme politique, de la névrose obsessionnelle religieuse, de l'inhumanité éthique, de la stérilité esthétique, de la niaiserie philosophique.

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Dans les sociétés où la jouissance amoureuse n'est pas liée à la personne — qui n'est plus, de fait, qu'un branloire – pérenne ou transitoire – et un fétiche plus ou moins marchandisé —, le mort a saisi le vif — comme il a saisi l'amour – aussi.

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La souffrance est le combustible de l'injouissance — qui la renforce en retour.

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Sans abandon ni sentiment, il est possible de connaître des ersatz de l'amour contemplatif — galant mais pas l'amour contemplatif — galant lui-même.

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Si les hommes n'avaient pas inventé l'esclavage dans la société, et l'inégalité qui s'ensuit dans l'amour, ils ne s’entretueraient pas pour se divertir de l'ennui.

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Les transgressions des injouissants aristocrates, pervers-polymorphes et mondains, ont, dans un premier temps, commencé par animer les salons des quincailliers enrichis et ceux de la bourgeoisie des Lettres, puis les clubs de vacances des ploucs (pour le dire comme Debord) de la classe moyenne, pour finir par occuper le temps libre du lumpenprolétariat le plus démuni.

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Regardez l’internet ! C'est la dictature de l'injouissance sexuelle, poétique et sentimentale du prolétariat !

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La poésie a toute sa place dans le monde, — et il n'y a de monde qui vaille sans poésie vécue. Elle n'est — pour le moment et pour quelques très rares — le plus souvent qu'un flamboiement qui s'infiltre par leurs failles quand elle devrait être un miracle permanent ayant pulvérisé le Vieux-Monde et la gangue de misères qui l'emprisonnent.

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Les pratiques pornographiques sont l'ersatz moderne de l'expérience de la jouissance contemplative — galante... à venir... Qui sait !

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Ce qui ne ressortit pas à la contemplation — galante n'est pas intéressant.

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Aimer comme nos contemporains, c'est la recette du désespoir et de la bêtise.

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Les agitations populaires sont dénuées d'importance tant qu'elles ne transforment pas les problèmes en problèmes poétiques, galants — extatiques.

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Ceux qui dénoncent la stérilité sociale de la critique de la société de l'injouissance oublient la noble fonction qu'exerce la proclamation claire et nette de nos goûts et de nos dégoûts.

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Mettre en rage l'injouissant contemporain est le signe irréfutable qu'on a visé juste.









Le 25 mai 2016






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samedi 21 mai 2016

Délicatesse du génie et génie de la délicatesse








Allongé dans soleil
Caressé par le vent
Vous près de moi
Monsieur Torby
Le gros chat mâle —
Étalé dans le vieil escalier de pierre
Dans un sommeil dédaigneux du monde
Les deux poules apportant leur note
Au chanteur de folk au pied léger
Vous tous
Bande de bohémiens
Insoucieux de tout
Cette guitare, qu'est-ce qui la sépare
Du temps éternel
De notre insouciance familière ?





Le 16 mai 2016






Sarah Bernhardt







Nous dérivons dans la plaine le long du fleuve
Jusqu'au jardin où jaillit des pivoines la splendeur
Il y a tant d'émerveillement et de paix dans mon cœur
Que j'en oublie tous les poèmes dont m'abreuvent
Ces jours d'intense bonheur
Passés dans le silence
Et dans les fleurs
— Et
– Sans voix
Je remercie ma chance



 Le 19 mai 2016








Aujourd'hui 
Dans la chaleur de cet après-midi
Et dans cet autre concert
Que me font tous les oiseaux
J'écoute 
De Mozart —
La sonate pour deux pianos
KV 448
Et son concerto en la majeur n° 23 
KV 488
Qui soignent – sinon guérissent – l’épilepsie

     N'étant pas sujet aux crises de cette maladie
    De cette musique je goûte simplement 
    L'émerveillement
    Qu'elle me donne
    Et je salue de mon vieil ami le génie 
    — Le génie 
    Seule véritable aristocratie –  
    Dont on sait qu'à défaut de sauver le monde  
    Des crapules et des injouissants
    Qui l'encombrent 
    Qu'il ne soigne ni ne guérit
    Il manifeste et déploie l'âme du monde 
    Et nous donne la vraie vie —  


    Le 21 mai 2016






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dimanche 15 mai 2016

Appétit vital










Le 11 octobre 1995







Appétit vital
Forces vives
Célébration illuminée
Appétit vital
Délice captif
Longue caressée
Tout par ailleurs
Alangui...
Béatitude ravie
Au point
Quelque part
Extrême
Touché
Rythmes magnifiques
Point de non-retour
Magique
Touché
Quelque part extrême
Trop
Tout par ailleurs
Alangui
Béatitude
De jeunesse folle


L'amour c'est l'éternité
La joie joueuse de la jeunesse folle pour l'éternité
Le sens le jeu la poésie
Le sens le jeu
L'absolue liberté
Nos vies à rien d'autre
Dédiées
L'amour la jeunesse folle
L'éternité
L'appétit vital
Leur célébration illuminée
Par ailleurs tout
Alangui
Au point extrême
Touché


(L'après-midi de ce mardi... )






Le 11 octobre 1995






Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1995


























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dimanche 8 mai 2016

Prairie des féeries







Dans le […]
Prairie des féeries
Le 8 mai 2016








Je suis dans le vent
Ivre seulement
Du parfum des lilas entêtant
Et de nos mille oiseaux le chant
Ivre du printemps !

Ai-je dit la légère brise
Qui tourbillonne ces effluves
Capiteux inébriants ?

En fait je ne suis pas dans le vent
Ivre de printemps
Je suis absent
Ou totalement présent
Je ne peux que me taire
Parlant parfois à peine ces quelques mots
À ce petit écran
Qui les note comme il faut

Celui qui parle ne jouit pas du Temps
Et celui qui jouit du Temps ne parle pas

C'est comme ça pas autrement


Retour de brise et d'effluves enivrants
Comme cette grande joie d'enfant
Que je sens en moi s'émerveiller à tout cela


En fait je ne suis pas dans le vent
Ivre du parfum des lilas entêtant
Je suis aux anges
Tout simplement
Qui tourbillonnent dans ce printemps
Comme ils tourbillonnaient dans le monde
Lorsque j'étais un tout jeune enfant

Le tapis du gazon
Où je suis maintenant
Fait d'herbes natives et sauvages
Que parsèment de hautes fleurs jaunes
Simples à cinq pétales
Et de hampes de clochettes mauves
Est un paradis
Tout simplement

Le paradis est ici !

Il faut s'y perdre pour le croire !

Quelques arpents de terre
Où le monde de l'Homme est absent
Et au lendemain de l'amour
Resurgit l’Éden

Et l’Éden de l'amour, alors, parlons en !

Qui pourrait dire la merveille des baisers
Ou des rythmes ondoyés
Glissant d'enchantement
Que vous dérouliez
Tandis que j'explorais
La mine de l'or du Temps
Qui pourrait rendre la somptuosité
De la galerie
De velours et de soierie
Toute tapissée d'envoutement et comme d'éblouissements
Qui mène au merveilleux filon
Et qui pourrait rendre mon abandon
Affirmatif ardent
Tandis que je me déployais en vous énormément
Et vos rythmes superbement guivriants
Qui me caressaient alors extatiquement
Qui pourrait en parler véridiquement ?

Ne rien dire et rejoindre la prairie
Des féeries






Le 8 mai 2016






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samedi 7 mai 2016

Là où s'endanse — jusqu'à l'illuminescence — l'ἀπειρον









Dans le chaos du monde
Qui est aussi le magma
Des souffrances
Des calvaires
Des terreurs
Des haines
Des fureurs
Refoulés
Qui
En chacun
Grondent
S'effondrent
Ou se déchaînent
Immondes
Sous les diverses formes
De l'inconscience
Festivisée
Motorisée
Entechnicisée
Enreligiosisée
Pornographiée
Armée
Idéologisée
Embrigadée
Aujourd'hui
Le plus souvent
Dans le carcan
Du « laisser-faire, laisser-passer »
Fièrement revendiqué
Comme la marque de la souveraineté
Quand il n'est
Dans le sexe, le divertissement, les affaires, la guerre –
Que l'expression d'une servitude involontaire
Envers ce magma du refoulé
Fait de tout ce qui a traumatisé
Et finalement brisé
Tant les dévots du libéralisme libertaire
Que les cagots des différentes bigoteries mortifères —
(Dont les liens sont plus compliqués qu'il n'y paraît
Et au milieu des luttes desquels il nous faut accepter
Le fait d’être nés et de devoir nous déployer... )
Dans ce chaos du monde
Nous nous sommes offert
Cet oasis enchanté
De silence
De calme
Et de volupté
Et d'abandons ardents
À la Joie
De vivre
De jouir
D’aimer —
Et, finalement, surtout, d’abandons à son apogée
Qui est ce moment
Où l'on reste sans plus pouvoir rien dire
Après avoir été emportés
Transportés
Par cette force battante
Palpitante
Ondulante
Qui
Dans l'amour
Nous traverse et nous enlève
Ultra-délicate — ultra-puissante — ultra-galante
Comme elle explose dans la féerie ardente
Du Printemps et du Monde
Qui de sa sève ici nous inonde


Rêvant encore aux petits baisers
Passionnés — fougueux —- délicats
Que me faisait
Pour commencer
L'autre fois
Votre petit conin
Digne d’un dieu plus que d‘un roi —
Et comment nous n’étions plus enfin
À la fin
Que le pur mouvement céleste de l'ἀπειρον
Dans son irrépressible manifestation
Primale — tellurique — magmatique
Pour finir, au réveil, juste comme deux jeunes chats qui ronronnent
Ou deux ébahis de Beauté – incapables de parler...
Rêvant encore
De ce mirifique mouvement
Je goûte le Temps  en somme
Et j’attends avec gourmandise
Ma belle et miraculeuse Héloïse —
Que l'heure du nouvel heur sonne








Le 7 mai 2016






 R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016







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jeudi 5 mai 2016

Article premier : Les Français continuent d'inventer l'amour








Parution du  Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009, de R.C. Vaudey ; florilège d'extases de l'amour contemplatif — galant.





Loin de la querelle autour des éditeurs, c'est donc par le biais des Éditions Sensualistes — « maison d'édition de fortune » que nous avons créée pour l'occasion, et qui nous convient parfaitement — que nous publions aujourd'hui le Journal d'un Libertin-Idyllique, livre « vertueux » s'il en est, puisque, selon Stendhal : « la vertu, c'est augmenter le bonheur ; le vice, augmenter le malheur ».


Pour toutes les raisons que l'on voudra, nous avons opté, pour le moment, pour une solution qui permet au lecteur d'adresser sa commande directement à l'imprimeur, qui se charge du reste ; mais, moins radicaux que Xavier Forneret, nous n'exigeons pas de l'éventuel lecteur qu'il nous soumette sa demande, et ses motivations, au préalable.


Ce Journal d'un Libertin-Idyllique est un livre qui fera exquisément autorité, puisque l'on y éprouve et on y contemple la beauté du monde, et que non seulement nous n'avons jamais cru que les « contemplatifs » seraient de simples spectateurs au grand spectacle de la vie, de simples auditeurs au grand concert, mais qu'en plus nous savons bien que nous sommes, tout au contraire, les vrais créateurs, les vrais poètes, les vrais prolongeurs de la vie, et que nous nous distinguons, assurément, beaucoup des acteurs eux-mêmes, — l'homme d'action comme on l'appelle, — et plus encore du simple spectateur, de l'invité assis devant la scène.

Auteurs, nous savons que nous possédons sans doute et la « vis contemplativa » et la faculté de regarder rétrospectivement notre ouvrage, mais, en même temps, et d'abord, la « vis activa » qui manque à l'homme d'action, quoi qu'en disent l'apparence et la croyance traditionnelle.

Nous savons bien que nous qui pensons et qui sentons, c'est nous qui faisons et ne cessons réellement de faire ce qui n'existait pas avant : ce monde éternellement croissant d'évaluations, de couleurs, de poids, de perspectives, d'échelles, d'affirmations et de négations.

C'est ce poème de notre invention que les hommes pratiques apprennent, répètent, traduisent en chair, en actes, en vie courante : rien qui ait tant soit peu de valeur dans le monde présent ne possède cette valeur en soi-même, par nature — la nature n'a jamais de valeur — ; cette valeur lui a été donnée, c'est un présent, c'est un cadeau qu'on lui a fait, et ceux qui l'ont fait c'était nous.

Enfin, (et pour corriger Nietzsche que nous venons, longuement, de détourner, ou plutôt de citer) avec d'autres, mais qui nous ressemblaient.


Nous savons bien que ce petit livre, les amants, éternellement,  se le reliront en riant et en s'aimant : ce qui nous vaudra le renom suprême, qui est le renom auquel on n'a pas travaillé ; et nous remercions le ciel d'avoir voulu que nous soit dévolu de vivre — et d'en être les inventeurs, comme on dit pour ceux qui découvrent des étoiles ou des trésors — cette forme de l'amour et de la grâce, et que nos noms s'attachent à cela plutôt qu'à la célébration de l'alcool et à la considération désabusée du monde ou du passage du temps — même si nous avons beaucoup de tendresse pour Omar Khayyam et pour Debord que, toujours, également, les intempérants et les mélancoliques se reliront.
(Mais la mélancolie, on le sait, est déjà le commencement du doute, qui est lui-même le commencement du désespoir ; lui-même commencement cruel des différents degrés de la méchanceté : on sait où tout cela mène — on le voit en ce moment, et il semble que cela doive aller en s'aggravant.)


Pour finir cette présentation, nous dirons qu'il est manifeste que ceux qui portent les renversements dans la considération de l'amour apparaissent en France, toujours dans des moments historiques de grande effervescence, de grands bouleversements : avant-hier, des Courtois, croyants catholiques et chevaleresques, dans le feu des croisades ; hier, un Sade, libertin roué et pré-nietzschéen, dans le feu révolutionnaire ; aujourd'hui, des Antésades, libertins idylliques et post-nietzschéens, dans le feu des mafias de la banque, du commerce — et du nucléaire.


La noblesse de cœur (et le désintéressement) d'une certaine chevalerie aristocratique avait donc fini par se retourner en son contraire : l'apologie de la « jouissance » dans la prédation maligne et destructrice de tous et de tout, faite par certains de ses descendants libertins du XVIIIe siècle.
Maintenant que cette forme d'« idéal » s'est, à son tour, bien démocratisée — au point que chacun est séparé de son prochain comme le fauve de sa proie (ou l'inverse) — et s'est étendue à toutes les activités humaines, à un point tel que l'on sait bien que — d'une façon ou d'une autre — cela doit finir, apparaît, assez logiquement, et dans un renversement tout aussi complet, cet éloge, que nous vivons et que nous faisons, d'une autre forme de la jouissance et du rapport au monde et à l'autre.

Dans le moment présent, qui est plutôt aux catastrophes, aux bouleversements et aux carnages, que peut-il advenir d'un tel éloge?

Et dans les siècles qui viennent ?


Observons.








(Première mise en ligne : le 7 avril 2011)






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