samedi 30 septembre 2017

Amants… Heureux amants…









Les amants veulent
Sentir le feu éternel de la jeunesse couler dans leurs veines
— L'irrépressible et tendre fièvre
Qui les emporte dans ses caresses —
Se délecter des mouvements puissants, délicats
Qui les enlèvent dans leur fastueuse danse spontanée
Merveilleusement accordée


Les amants veulent
Sentir le flot de l’amour les faire somptueusement danser
Cette danse où tout semble magiquement attendu de tout éternité


Ils veulent le ressentir au delà de ce qu'ils peuvent divinement en supporter


Les amants sont gourmands
Et les amants sont gourmets


Telle caresse vaginale éperdue pourrait durer des siècles de sentimentalité extasiée
Telle pénétration inspirée
Abandonnée au rythme du cœur de l’amant
Ne devrait jamais s’arrêter


Les amants sont gourmands
Et les amants sont gourmets


Les amants ne sont plus au monde
La grâce les enlève
Les a emportés


Les amants veulent jouir ensemble
En absolu simultané
Leurs vagues énormes qui se fondent
Et se répondent et renaissent en chœur
Finissent par les laisser
Sur la plage du ciel
L’âme étoilée


À leur réveil, rien ne compte que leur mystique indolence
Leur nonchaloir muet
Entrecoupé parfois de tendres baisers


Les amants ne veulent pas sortir de cette puissante jouissance
Du monde
Du Temps
Du silence
Même l’idée de devoir se préparer
Pour aller à un concert
Le lendemain ou le surlendemain
Fût-il de Bach ou de Couperin… —
Leur fait penser qu'il devront quitter cette vraie béatitude
Pour une autre qui
Aussi sublime soit-elle
Ne peut l'égaler


Les amants
Dans et après l'extase
Trouvent ce que rien ne passe
Sans y penser


Sans désirs après s'y être laissés submerger
Il veulent rester dans leur "sans affaires" illuminé


Les amants se suffisent de leur jouissance du Temps

Ce Temps qui s'est ouvert
Offert
Et dans l'or duquel l'automne vient de se nimber








Le 30 septembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017