samedi 18 avril 2015

SUR-VIVALISME SENSUALISTE





Ma délicate
Ma toute belle
Tandis que le vent se déroule
Sans fin sur le monde
Que la burle hurle
Et que craque le toit
Nous
Au lit
On imagine en riant
Un nécessaire de sur-vie
Sensualiste :

Dans un flacon de verre de Murano
Ou de cristal —
Biseauté et beau
Puisqu'ayant la forme de votre sceau
Se trouveraient réunis nos deux parfums
Habit Rouge et le tien — …

Dans ce gousset idyllique
Réalisé par ce sellier renommé
Notre voisin —
Dans une toile inspirée de votre tableau
De ASHA à l'Infini
On trouverait aussi
En quantité
Du chocolat
Praliné – comme il se doit —
On connaît déjà le chocolatier
On n'a que le fleuve à traverser

On parle aussi d'un flacon de vin
Bien qu'habituellement on ne boive pas… —
Et
Pour le vigneron
Nous n'avons que l'embarras du choix...
Ce serait
Dans tous les cas —
Le vin de notre ermitage
Sensualiste...

Enfin
Bien sûr
Il nous faudrait de quoi peindre et écrire
On connaît de très anciens papetiers… —
Et
Pour lire
Un exemplaire de notre Journal

Ainsi équipés
On rit et on s'embrasse
Tant et si bien qu'à la fin
Pour admirer notre délicat et délicieux gousset
On n'est plus du tout là…
Je me suis déjà glissé dans le tien…

Ma délicate
Ma toute belle
J'aime réveiller en vous
Le chant sacré et doux
De l'amour infini
J'aime sentir comment
Ce qui dormait encore l'heure d'avant
Entame le plus beau des mouvements
Vers la puissance
Et le jouissement
J'aime le délicat dialogue galant
Jamais le même
Toujours changeant —
Qui s'établit alors entre nos cœurs
Par l'emportement de nos ardeurs
Et je jouis de sentir comment
Votre ferveur qui s'ouvre à moi
Et m'entretient
Toujours pour la première fois —
De cette grande passion qui l'étreint
Fait resplendir le monde
Qui bien sûr n'attendait que nous pour cela

Dans un moment où les êtres sont enfermés
Chacun dans leur malheur
Capricieux
Bavard ou muet
Mais toujours mauvais
Cette langue ardente
Qui est la nôtre
Que n'autorise que notre délicatesse
Votre sexe soyeux
Sentimental et sensible
Idyllique et délicat
Les ondulations caressantes
Pénétrantes
Qui me viennent de toute mon âme aimante —
Cette langue ardente
Qui est la nôtre
Dis-je
Je la vois comme un prodige
Dont je remercie le ciel
De nous avoir fait la grâce
De nous avoir donné le cœur et la chance
Toujours renouvelée
Jamais acquise —
D'apprendre ensemble à la parler
Ma belle amour
Mon adorée

Ma belle amour
Mon adorée
Nous avons ce jour tant parlé
De cette façon unique
Si délicatement
Si puissamment
Si exaltés —
Tandis que le vent dehors se déchaînait
Sans cesse
Sans discontinuer
Se brisant sur le granit de notre forteresse
Qui protégeait la délicatesse
De nos tendresses
Et de nos ivresses
Sensualistes
Qui irradiaient
Comme un foyer
De puissance et de joie
Alors que dehors les arbres et les âmes se brisaient
Dans cette tempétueuse tristesse de novembre
Déchaînée
Ma belle amour
Mon adorée
Mon feu de délicatesse et de joie —
Qu'à la fin
Nous en avons perdu connaissance

Au réveil
Le soir
Le vent
Qui soufflait toujours plus fort
Ne pouvait rien
Contre nos rires enfantins :
Un plat italien
Un met de roi —
L'abondance du chocolat
L'étonnement émerveillé
Que l'amour nous avait donné
L'avaient rayé du monde
Je crois

Le lendemain, je riais encore
Comme un enfant
Criant : Encore !
Tandis que vous me faisiez de grands yeux
Étrangement bleus
Avec des lunettes de martien sur le nez
Et que la tempête s'époumonait
Sans davantage pouvoir se faire remarquer
Ma délicate
Ma toute belle
Ma belle amour
Mon adorée
Tandis que les arbres et les âmes se brisaient
Dans ce novembre tempétueux et mauvais
Ma délicate
Ma toute belle
Ma belle amour…
Mon adorée…






Le 28 octobre 2014




Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2014






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