dimanche 23 décembre 2018

Amants… Heureux amants*






Tourbillon de bonheur


Quel étrange Éther
S’illumine ici
Dans ce monde
Absolument gris
Dans cette misère ?
Quel étrange Éther
Magnifie notre vie ?


En suspension dans les vagues
Je goûte le miracle de l'aspiration
Au bonheur extasié
Où vous êtes emportée


Pourquoi devrais-je tout précipiter ?


Tandis que vous vous déroulez
À l'infini
Dans l'immensité
Sur un tapis d'étoiles velouté
Je savoure sans mémoire
La beauté insensée de l'abandon
À la vie déployée


Pourquoi devrais-je faire cesser
« L'Amplitude-tellement » qui nous a emportés ?


Dans une délicatesse de paradis
J'ai depuis longtemps abandonné tout souci
Et je jouis de la pluie
D'étoiles filantes dans les beaux cris
Qui accompagne votre dissolution-vertige
Dont le ressac immodéré toujours vous entraîne
De nouveau vers ce mât de misaine
Qui à la proue de notre voilier
Irrésistiblement m'emmène
Mais au rythme calme de son imperium
De gentilhomme
Lent et aimant
De bel amant
Parfaitement médusé
Éperdument émerveillé —
Vers vos fonds marins
Où — je le sais bien —
Se trouve le paradis retrouvé
Que je rejoins finalement
En grande plongée
Toujours en ange-dauphin


Vous rejoindre en grande plongée
Vers la fin de ce qui semblait
Une série de vagues infinie
C'est relancer immodérément
Notre immersion éperdue vers des confins
Dont nous ne savions encore rien


Découvrir ainsi enfin l'amour à mon âge
C'est comme pour un enfant
Découvrir un merveilleux coquillage
Sur une plage de sable blanc
Formant le rivage
D'un immense océan
Sous un soleil de diamant
Une beauté sans nom
Un miracle un émerveillement
Un rire de joie le silence
La renaissance du monde
Une allégresse une félicité
Une transe un transport un ravissement
Une extase, enfin,
Qui, elle, ne peut se comparer à rien
Et nous laisse pantelants


Au réveil
De nos aventures
Silencieux
Tendrement caressants
Nous sommes — sans raison — heureux
Probablement parce que nous avons trouvé
Le secret de la jouissance du Temps


La grande santé
Affirmative
Contemplative —
Ne se trouve que là :
Dans cet abandon complet
À ce qui nous est donné
Lorsque nous osons accepter
Les délices non-contrôlées
De la puissance
De la délicatesse
De la volupté
Dans l'étreinte charnelle
(Qui
Il est facile de le constater —
Semble plus généralement
Plutôt rendre fous
De rage spectaculairement stéréotypée
Sadique
Masochiste —
De fétichismes
Loufoques ou monstrueux et inquiétants —
Nos contemporains
Qui tout aussi bien
Partout ailleurs
Peuvent être des gens plutôt avenants
Voire rieurs…
Quand de l'amour l'Eldorado
Se trouve seulement dans ce langoureux et merveilleux tempo
Où s'accordent les corps
Dans le plus aimant
Et le plus caressant des slows)


Heureux ceux qui aujourd’hui — enfin ou encore… —
Ont pu se rencontrer
Se reconnaître
Pour à la vie renaître
Et qui trouvent l'amour, la beauté et l'extase
Dans leur art d'aimer


Sinon, où les trouver ? —


À ceux qui s'aiment !
Aux jouisseurs de paradis !
Aux beaux amants
Contemplatifs — galants !
Et tutti quanti !






 
(*Amants, heureux amants, voulez-vous voyager?
            Que ce soit aux rives prochaines;
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
            Toujours divers, toujours nouveau;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste. 

J'ai quelque fois aimé : je n'aurais pas alors
            Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
            Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
            De l'aimable et jeune bergère
            Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis, engagé par mes premiers serments.)







Le 22 décembre 2018


R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018




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jeudi 20 décembre 2018

Dialectique sensualiste & Le tabut du monde








Dialectique sensualiste





À Roanne
Saby nous fait pleurer
Et nous admirons chez les jeunes musiciens
L’interaction du féminin et du masculin
Le jeu du yin et du yang —
La virilité virtuose
La féminité sublimée
Et la façon dont cette dialectique sensualiste agit
Et resplendit
Pour notre bonheur de mélomanes comblés


Nous sommes une espèce sexuée :
Les femmes et les hommes se réjouissent de se retrouver
Pour jouer
Quand bien même il s’agit de musique sacrée
Et cette rencontre les ennoblit
Tout au plaisir qu’ils sont de se courtiser
De se séduire
De se dépasser
De briller
— S'exaltant
Les uns les autres
Pour finalement se fondre
Dans un ensemble et un accord parfaits
Une miraculeuse harmonie


Après le concert
Le maestro vient s’excuser
Croyant nous avoir négligés


Aujourd’hui
Vous jouez comme une enfant dans le couloir
Avec la petite Neige

Tant de fraîcheur et de gaieté
Avec ma jeunesse ardente et amoureuse
Par-dessus le marché :
Mon cœur est comblé !




Le 17 décembre 2018


R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018






 Le tabut du monde

  
En détournant —
De nous aussi on pourrait dire :
 
Ils emploient le loisir qui leur est donné

À l'écart du tabut du monde —

À savourer les grandes grâces qu'ils ont reçues du ciel

Mais le tabut du monde qui peut s’en dire retiré ?




Le 19 décembre 2018


R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018





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samedi 15 décembre 2018

L’ELDORADO suivi de Documents relatifs à la fondation de l’Avant-garde sensualiste











L’Eldorado !



La venue de l’extase
Ce à quoi l’humain contemporain
J’en suis un —
Est, par sa vie, le moins préparé
Il est si facile
Quand bien même il n’est pas obligatoire —
De se couper de sa sensibilité
Tout y engage
Et tout semble plus facile que de rester
L’âme ouverte au monde


L’attirance de la dureté


J’ouvre mon âme étonnée
Riante de bonheur retrouvé —
En ouvrant votre cœur de baisers


Mes yeux se ferment :
M’envahit
Mon sourire extasié
Comme un qui reconnaît
Dans sa transe —
Un air tant aimé


Pavane…
Groove
Tempo serré…
On entre dans le mouvement
Comme deux jazzmen
Emportés par le feeling
Dans une longue impro
Qui n’en finit pas de durer
On varie et échange les solos
On s’épuise de beautés inattendues
Qui finalement nous exténuent


Être exténué
En vrai —
Par le Bon …
Le Beau…
Le Vrai…
Voilà ce à quoi mes études de philosophie ne m’avaient pas préparé
(À bas la métaphysique platonicienne !
Vive l’ultraphysique héloïséenne !)
La Sorbonne a des limites…
Nous les avons outrepassées  :
Nous sommes dans le génie
On en gémit
C’est trop sensible
Trop bon !
Trop beau !
Trop frais !


Miracle de l’irradiance de la vie
Qui nous a saisis !

Le mouvement se poursuit
Tout semble inédit
Tout paraît inouï
Aimer la vie !
Aimer la fusion magmatique des désirs
Qui s’empirent
Dans une spire
Qui étend son empire
Au plus intimes de nos cris
De nos soupirs

Le vieil air
Le bel air
Le grand air nous a ressaisis :
« "Inventeurs" bien autrement méritants
Que tous ceux qui nous ont précédés
Musiciens même, qui avons trouvé quelque chose comme la clef de l’amour »

Ou plutôt : qui en sommes possédés !

Être possédés par l’amour et sa clef
Par le fabuleux
Le prodigieux
Le merveilleux de la vie
Se déployant
Sans souci
Vertigineux
Incroyable
Confondant
Bouleversant
Annihilant

Aimer la vie
La sentir palpiter
Avec une sensitivité infinie
Se sentir s’y accorder
Dans une harmonie de Paradis
Le rythme dans la peau :

L’Eldorado !

Jusques aux Chutes du Niagara…

Plongeon absolu
Dispersion
Interminable fusion-beauté-convulsion…

Puis
Néant épanoui…
Sommeil angélique…
Éveil séraphique



À part ça, je voudrais n'avoir jamais rien dit  :
Je ne suis que là…
Je ne suis que ça…
Cet amour de la vie
Cet éloge vivant de la joie

Voilà ! 

C’est dit !

Merci !



Le 15 décembre 2018


R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018







 Documents relatifs à la fondation de l’Avant-garde sensualiste









SUR LA PLAGE DU CIEL
L'ÂME ÉTOILÉE...


Celle qui ouvre ton cœur
Que tu aimes de toute ton âme
Sans ombre
L'esprit clair
Et tendre
La femme que tu aimes
Sans penser 
Puissamment 
Profondément
Sans arrière-pensées
Avec cette passion sincère
Dans le jeu, les rires
Et l'immense sérieux du plaisir, sans rire, en riant,
Celle qui ne t'a pas blessé
Que tu n'as pas blessée
Celle qui ouvre ton cœur, ton corps, mon âme, celle qui efface tout le reste, ramène le vrai, l'être, belle beauté convulsive, tendre et puissant abandon
Celle qui éclaire tout le reste
Explique sans rien dire le faux
du reste
Celle que tu aimes corps et âme
Bavard mais étoilé
Celle qui parsème ton âme dans les étoiles
Tu y es !
Celle qui vibre longtemps en toi
La femme qui te respire avec son ventre de femme, de fée
Celle dont tu irrigues le cœur de ton âme
Fleur ouverte après l'ondée
La femme au ventre source ruisseau fleuve océan houle marine vague raz-de-marée
Celle qui te laisse sur la plage du ciel l'âme étoilée
Celle que tu peux aimer, que tu n'as pas blessée, qui ne t'a pas blessé
Celle qui t'accueille, t'aspire, te fond, que tu accueilles remplis que tu fonds
La femme de ton âme
Celle avec qui tu découvres la vérité de la vie jeu sentiment désir puissant beauté torride
Flamme feu passions désir désir don abandon innocence des sentiments des sensations
Pure délectation
Celle avec laquelle tu goûtes la vie, la vraie vie
HA ! La belle vie !
Celle que tu enivres, qui t'enivre tous deux chevauchant la belle vie
Tous deux se fondant dans la belle vie
Laisse la vague, suis la houle, suis mon cœur, mon cœur, je suis ton cœur, laisse parler ton âme, je laisse parler mon âme, toi qui ne crains rien de moi, moi qui ne crains rien de toi
Ouvre le monde, suis ma route terre profonde, je remplis ton âme, tu emportes la mienne
Ô mon âme !
Nul n'y résiste source ruisselante fleuve vague marée raz-de-marée, emporte nos âmes
Nos âmes maintenant étoilées, beauté convulsive totale, corps et âme sans pensée
Sans arrière-pensée
C'est la vie !
C'est la vie !
Mon âme extase pleine éparpillée mêlée sublime semblable
Reste sur la plage du ciel
Mon âme étoilée !
La belle, la puissante, la tendre unité, et même des corps l'étonnante synchronisation dans les vagues
Mouvements de la langueur...
Il faudra encore bien du temps, du temps de temps, du temps de rêve, du temps de vie, de vraie vie pour que ce qui s'est si puissamment uni peu à peu retrouve sa propre unité

L'innocence de ton âme, de son âme dans l'extase emporte à l'unité du monde et des amants, et puis, peu à peu, suit le retour à la singularité, mais à la singularité éclairée épanouie ravie émerveillée attendrie
Suis ton âme, mon âme, aime de ton eau pure, de ton cœur tendre, puissant, bel animal raffiné
Aime de ton âme claire tendre sans pensée, sans arrière-pensée
Aime comme on doit aimer
Puissant et bel animal
Raffiné diamant du monde
Amant du monde
Aimant la vie
Aimant ta femme
Aime de ton âme claire
Bel et tendre, raffiné, animal
L'amour la beauté la poésie
Et tout ce qui s'ensuit...

À celle que j'aime avec mon âme sans arrière-pensée tout feu tout flamme bavard étoilé
À toi Héloïse




Le 15 décembre 1992
R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1992






Sur la plage du ciel l'âme étoilée

 15 décembre 1992
acrylique sur toile
130 x 50 cm






CANDOLIM


Sur la mer
Having played
Sur la mer
Aux larges épaules
Torse ample
Sur la mer
Le regard posé
Sur la mer
De la tête aux pieds
Sur la mer
Au sable de grillons
Sur la mer
Aux caresses dans les mains du sable écoulé
Sur la mer au petit puits d'enfant
Sur la mer au rivage d'infini
Sur la mer aux rivages au lointain profond
Sur la mer au sentiment d'océan
Sur la mer
Aux larges épaules au torse gonflé
Sur la mer toutes voiles gonflées
Sur la mer puissant tendre aimé
Aimant
Sur la mer le regard posé
Tendre aimant aimé
Sur la mer
Force inimitable
Sur la mer
Couleur d'or
Sur la mer
Amant d'or
Pénétrant caressant glissant gonflé dressé tendrement caressant pénétrant glissant
Sur la mer
Amant d'or
Prend l'or du Temps
Prend l'air du Temps
Bel amant




Le 21 février 1993

R.C Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 1993





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dimanche 9 décembre 2018

Des illuminations aux illuminescences










Historique de l’expédition :
 (La carte du tendre)






Nous sommes partis de là...




Sensation


Dans les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.


Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.




Mars 1870.










Des fleuves de sensations...
(Aurore...)


Je suis revenu mais je n'oublierai pas
Des piliers plus que d'or
Juste devant moi
Un village de conte
Des voiles d'ouate
Qui s'en arrachent
De grands oiseaux sur des pierres
Lisses et miroirs à la fois
Tous ensemble qui s'envolent
Et se détachent sur un incendie de ciel,
Une forêt, noire,
D'un autre âge qui veille


4 h et demie je ne suis plus là


La Lorelei juste devant moi
Ne saura pas
Jamais
Et les reflets hallucinogènes du monde dans son dos
Dans ses mille cheveux
Et le poids de son corps sur moi


Des fleuves de sensations
Nouvelles
De la mer
Se déversent
En moi.


Juste retour.






(Binz. Plage de la “Freikörperkultur”;
à l’aurore
... )






Des illuminations aux illuminescences.


Nous sommes donc partis de là... avec cette capacité intacte à l’illumination qu’ont parfois encore les adolescents (à quinze ans et demi...) que n’ont abîmés ni l’alcool, ni les drogues, ni les orgies ordurières, ni les “romances” kitschs et délétères ; et que les routines obsédantes du monde n’ont pas encore saisis. Ni les identifications sociales.


Nous sommes partis de là... et, pour au moins l’un d’entre nous, exactement au même âge que celui qui avait écrit ces vers – presque jour pour jour.
Ni plus ni moins.


Nous sommes partis de là... du mirifique éveil au monde où l’on ne parle pas, où l’on ne pense rien mais dans lequel l’amour infini vous monte dans l’âme ; et, grâce à Rimbaud, en toute connaissance de cause – privilège des poètes français...


Cet éveil miraculeux au monde nous lui avons été, nous lui sommes, toujours, fidèles ; il ne nous a jamais abandonnés ; nous ne l’avons jamais perdu.


C’est la base de notre aventure ; et si l’on ne comprend pas cela, on ne comprendra rien à ce que déploient les sensualistes – aujourd’hui. Ni à leur désaveu des sociétés, de leurs “penseurs” et de leurs “histoires”.


Dès ce départ, nous voulions, nous aussi, aller bien loin, “comme un bohémien” – ce qu’il nous a fallu imposer au monde qui avait d’autres projets pour nous, et qui ne l’entend jamais de cette oreille (mais a-t-il seulement des oreilles ce pauvre monde ? Est-il seulement ?)


Toutefois, ce que nous voulions, par-dessus tout, vraiment connaître, c’étaient cette union et cette jouissance amoureuses de l’homme et de la femme, que Rimbaud dans ce poème présentait intuitivement, mais avec raison, comme le lieu et la formule suprêmes où se révèle l’amour infini qui vous monte dans l’âme, lorsque l’on ne pense plus rien et que l’on va, dans ce monde, libre et sans buts ; le lieu et la formule étalons, à l’aune desquels se jugent toutes les autres illuminations poétiques (“heureux comme avec une femme”).


Il s'agissait de trouver cette jouissance avec l'autre sexe ; pour nous, la femme.


Il s'agissait donc de trouver ce qui est par-delà l’éveil, au-delà des mots ; par-delà l'éveil à la beauté sans âge du monde qu’offre la nature – qui nous possédait déjà, par éclairs ; par-delà ce qu’avait noté, par exemple, le haïku. Dont l’auteur d’une “anthologie-promenade”, en français, signalait, bien avant nous, la pauvreté amoureuse-voluptueuse.
La rencontre, l'appariement des sexes opposés, et la divine ardeur des sens, loin, bien loin, comme des bohémiens, par la Nature, voilà ce qui fut, dès l’origine, notre Graal. Au-delà  du satori “naturaliste...”


Mais ce qui fait des sensualistes – et pour parler comme Lin-tsi – des “pionniers d’avant-garde” contre, d’une part, la folie rageuse du caprice névrotique souffreteux de l’injouissant contemporain, pervers polymorphe qui s’emporte dans la pensée techniciste et que la pensée techniciste emporte avec elle encore davantage, et, d’autre part, contre les réactions passéistes “spiritualistes”, y compris celle que peut représenter la fuite dans “l'éveil”, plus ou moins schizoïde, à la nature, c’est ce que nous avions appris également de Rimbaud qui écrivait encore :


La Poésie ne rythmera plus l’action ; elle sera en avant.
Ces poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, – jusqu’ici abominable, – lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi !”


Le mouvement, l’expansion, la création, le jeu, la rencontre et la reconnaissance des êtres avec, par-dessus tout, l'amour, l’amour charnel, comme forme supérieure d’accession à l'ouverture du Temps poétique et à la contemplation, voilà ce que nous recherchions. Ce que nous avons trouvé. Ce que nous offrons au monde.


Mais, à bien considérer les choses et le mouvement du monde, on s'aperçoit sans trop de peine que c'est aussi ce que recherche l'époque tout entière, ce qui est au programme “musical” de cette saison-ci, en quelque sorte : “percer à jour le drame de la conscience humaine afin d'apprendre à reconnaître pour les détruire tous ses ennemis intérieurs” pour pouvoir trouver, enfin, par-delà l'ancestrale Séparation et l'ancestrale guerre des sexes, la jouissance du Temps et de la vie ; ce qui correspond, dans le même mouvement, à trouver la clef des champs et des chants possibles d'un déploiement poétique.
La lumière.
L'aurore pour de nouveaux siècles de Lumières.
À venir.


De toute façon, c’est à la pensée occidentale, celle qui a produit le XVIIIe siècle français, que revenait le privilège de poser et de résoudre la question du rapport voluptueux et égalitaire entre les hommes et les femmes, et du  dépassement de l’éternelle guerre des sexes ; de liquider cette question du dépassement, d’une part, du néo-matriarcat — qui progresse régulièrement depuis quelques décennies et tente de nous préparer le même monde absurde et “désenchanté” mais “fonctionnel” et régenté cette fois – “en douceur” ou “en violence” bien castratrices – par des pondeuses, le plus souvent anciennes agitées de la misère sado-masochistement sexualisée... — dominé par cette vieille folie des femmes du patriarcat — résultat de leur assujettissement à la folie des hommes ; et donc de leur castration à la volupté et de leur injouissance consécutives — faite de manipulation narcissique de l’enfance, de régression dans l’analité sadique, de masochisme pleurard et vengeur, d’hystérie spirite, et, d’autre part, du patriarcat — résultat de la folie des fils, des frères et des maris des premières – rendus fous par, entre autres choses, la folie de leurs femmes, de leurs sœurs et de leurs mères – et faite de manipulation narcissique de l’enfance et du reste, de régression dans l’analité sadique, de masochisme théâtral et vengeur, et donc de leur castration à la volupté et de leur injouissance consécutives —, patriarcat qui, lui, a bientôt fini de transformer cette planète en un charnier et une poubelle invivables : la fameuse “poubelle de l’Histoire”...


Supériorité française selon Céline : “... le marivaudage, croyez-moi, est notre bien ultime aimable clef !... Amérique, Asie, Centre-Europe ont jamais eu leurs Marivaux... regardez ce qu'ils pèsent, éléphantins ! balourds maniéreux !....” (D’un château l’autre).




Avant-garde Sensualiste 3. (Janvier 2005-Juin 2006)




(Première mise en ligne : 19 janvier 2012)



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