dimanche 7 juillet 2013

La bande à Bonnard, suite






Héloïse Angilbert

2004
Allégresse voluptueuse matissée d'extase contemplative — sur fond d'azur






Le grand secret

 
L'air chaud de l'été
Souffle enfin
Mi-juin
Comme un miracle souhaité
À travers toutes les portes et les fenêtres
Ouvertes
De la maison
Tandis que nous reposons
Dans le bonheur
Sur le gazon de la terrasse
Par le soleil grillés
Et que dans la touffeur
Que rafraîchit le vent
Rien ne se passe…
Bien heureusement

Hier
Tandis que nous reposions
Dans notre lit
On riait en se demandant
Ce que l'on ferait de tout cet argent…
Rien pour le moment !
Tel fut notre jugement…
Tant tout ici nous paraît être souverainement bon…
"On attendra au moins l'hiver
Pour savoir ce que peut nous faire
Le fait d'être milliardaires"
Se disait-on

C'était si bon
Si étonnant
Et si émouvant
Que tout soit comme il se doit
Qu'on en riait de joie
Tout en s'embrassant

Forts de nos millions
Dont nous n'avions
Avant l'hiver… –
Que faire —
On se caressait ardemment
Et
Pour ainsi dire :
À cœur de joie ouverts

Si l'on devait donner à des amants
Le secret des grands éblouissements
Des grands acmés contemplatifs — galants
C'est celui-là qui ne faudrait pas taire :
S'aimer complicemment
Complices-aimants
Complices-amants
Et jamais complaisamment —
S'ouvrir de rires et de joie
Dans l'appétit des caresses
Dans les grands baisers brûlants
Et les ondulations des ardeurs enchanteresses
Et pour le reste
Laisser son cœur de désir et de joie
Faire

Ceux qui croient qu'il faut réaliser des exploits
S'y mettre à trois ou à vingt-trois
Essaient de faire du feu avec de la glace
Ou des fureurs
Ou des terreurs —
Et
Quoiqu'ils fassent
Rien
Jamais
Ne se passe

La vérité c'est que l'amour abandonné
Est déjà comblé
Avant même que d'avoir commencé
Et que ses jouissances
Extrêmes
Lui sont déjà acquises
Dès le début de ses tendresses exquises
C'est là sa chance
Et sa fortune même

Pour résumer —
Le grand secret
Pour jouir comme des dieux
Quand on s'aime
C'est de s'aimer…
Tous les deux —
Dans la pure grâce...
Où tout se passe

Aujourd'hui
Sortant du bain
Ayant nagé longtemps
J'erre dans la maison
Qu'emplissent l'air et la lumière
Et des oiseaux le chant
Saisissant de ci de là un volume au choix
Parmi ceux qui s'offrent à moi
Et un esprit paisible me souffle
Je cite —
"A leisured class with immense beds
And large and learned libraries
In their country seats"
Effectivement, ça aide
Me dis-je

Dans notre Parc […]
Je vous rejoins
Dans le Jardin

La nuit je nage encore
Sous la lune et les étoiles...
Le firmament...
Heureux amant…




Le 15 juin 2013





Fulgurance

Au réveil du sommeil d'amour
Les yeux fermés
Encore incapable de bouger
Je sais soudain ce que vous
— Et l'amour que l'on se faisait
M'inspirez... :
Bonté divine !



Le 4 juillet 2013






.Journal d'un Libertin-Idyllique



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