mercredi 13 mars 2013

Des âmes comme les nôtres ...




 Poésies III

Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 






La cuirasse caractérielle et la névrose font tout, jusqu’en amour.


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Il y a peu d’amours gracieuses, il y en a beaucoup de grossières. Cela a toujours été ainsi ; les hommes et les femmes se piquent rarement d’être aimables mais plutôt d’être indifférents : c’est la mode, qui procède — et tente de prévenir — des déceptions.


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Le particulier du moment c’est que la raison ne rougit plus des penchants dont elle ne peut rendre compte.


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C’est la preuve d’une âme aigrie lorsque l’on veut toujours corrompre, par l’ordurier, ce qui est estimable : les âmes épanouies respectent naturellement tout ce qui est digne de leur estime.


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Il n’y a guère de gens plus aigris que ceux que l’amour a toujours ignorés.


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Le libertinage idyllique fait peu de fortunes.


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Il est faux qu’on ait fait fortune, lorsque l’on ne sait pas jouir : un homme n’est vraiment riche que de l’extase amoureuse.


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La gloire de l’amour fait la grande fortune de la vie.


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Les hommes aiment si peu l’amour, la poésie, qu’ils ne se trouvent pas ridicule d’aimer l’argent.



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Nous sommes aussi indifférents au mépris des sots festifs, qu’à l’estime médiocre que nous concèdent les gens d’esprit.


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Il est parfois difficile d’aimer quelqu’un comme il veut l’être.


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L’immodération des petits hommes ne débonde que leurs vices.


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Si la gloire et si la fortune ne rendent pas les hommes heureux, ce que l’on appelle le monde mérite-t-il nos regrets ? Des âmes comme les nôtres daigneraient-elles accepter ou la fortune, ou la notoriété, ou des positions, s’il fallait leur sacrifier la vigueur de leurs sentiments, ruiner la paix de leur discrétion et abaisser l’essor de leur génie ?
 




Vaudey.
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