jeudi 16 août 2012

Coquillages et crustacés






Comme Nietzsche et Lin-tsi arrivaient sur la plage, ils trouvèrent, au milieu des coquillages et des crustacés, abandonné, un livre — intitulé Poésies III. Nietzsche — qui lisait le français — le parcourut et lut à haute voix :


« Il y a peu d’hommes qui se permettent un usage abandonné et intrépide de leur volupté, et osent se donner à leur exultation, dans toute sa force. Le temps est venu où il faut que les meilleurs s’y abandonnent et qu’ils appliquent à tous les objets de la Morale, de la Politique et de la Société, aux principes des Sciences, des Beaux-Arts, etc. ce qu’ils en retireront, — sans quoi, on restera dans la barbarie. »


« C’est pas gagné… », dit Lin-tsi.


Nietzsche continua :


« Parvenir à mettre fin à la guerre des sexes pendant quelques siècles — in fine, et après – ou par ce fait – avoir mis fin à toutes les autres —, et permettre à l’amour de se déployer à partir de certaines exigences esthétiques et sentimentales, sera une entreprise miraculeuse et fragile. »


« Tu m’étonnes ! », fit le bonze ; et il se dirigea vers le rivage, sa planche de surf sous le bras.


Nietzsche, que cela faisait rire tant il trouvait la chose singulière, se répétait : « Mettre fin à toutes les guerres ! Et à la guerre des sexes ! ». Puis, saisissant à son tour sa planche, il suivit le moine, en chantonnant un vieil air, de Percy Bysshe Shelley — sans doute.



Between the eyes of love I call your name
Behind the guarded walls I used to go
Upon a summer wind there's a certain melody
Takes me back to the place that I know
Down on the beach

The secrets of the summer I will keep
The sands of time will blow a mystery
No-one but you and I
Underneath that moonlit sky
Take me back to the place that I know
On the beach

Forever in my dreams my heart will be
Hanging on to this sweet memory
A day of strange desire
And a night that burned like fire
Take me back to the place that I know
On the beach


 

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