vendredi 15 août 2014

Poésie ? Affirmative ! : Galante — contemplative...





La poésie contemplative — galante
S'est épanouie
Depuis plus de vingt ans – et pour toujours —
Sur ces petits coteaux
Comme
Depuis plus de deux mille cinq cents ans —
S'y enracine et s'y déploie la vigne :
Entre les prés
Les petits vergers
Et le maquis
Dans la beauté
Dans le soleil
Dans le vent
Et dans la pluie
Dans la neige et les orages
Dans la glace de l'hiver et les été torrides
Mais surtout
Comme elle —
Dans la solitude et le silence
Loin des hommes et de leurs tourments
En surplombant
Sans y penser —
Leur agitation et puis leurs peines…
En bas…
Dans la plaine…
Où coule 
Majestueux et fertile 
Le fleuve
 Sur lequel
Héloïse et moi
Et puis Matisse —
Parfois on glisse
En faisant de l'aviron

L'ivresse que donne le vin que donne cette vigne
Est pareille à l'ivresse dont naît cette poésie :
Opulente
Féconde
Paisible
Caressante…
Pour tout dire :
Galante…
Contemplative…

Et elles planent
Toutes deux
Élégantes —
Comme un skiff
Sur le Styx du monde

Du haut de leurs coteaux
L'une et l'autre
Dominent le Château
Où vous caresse encore
Tard…
En été…
Le soir…
L'âme du très jeune Ronsard…
Que l'on peut toujours y croiser
Puisqu'elle ne l'a jamais vraiment quitté —

Sur les quais
Qui bordent le fleuve dont je parlais —
Nous ne manquons jamais de saluer
Notre très cher Mallarmé
Qui venait souvent
Nous a-t-il raconté —
Pour échapper au prosaïque du monde
Par notre route
Qui n'était alors qu'un sentier —
Se laisser envahir
Par cette Beauté surplombante
Qui règne du haut de nos terres
Et de nos prés
Sur le monde
À ses pieds

Avec la Beauté
Mystique
De l'amour
C'est cette même Beauté
Submergeante
Qui
Comme un autre élixir —
Est la cause de cette éternelle jeunesse
De cette éternelle ivresse
— Galantes…
 Contemplatives... —
D'où jaillit notre désir
D'où coule notre poésie affirmative...
 Pour toujours…






Le 15 août 2014


Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2014.


À paraître.