samedi 31 mars 2018

Æquinoxe d’Amour — Renaissance









Je trouve l’amour miraculeux
Une inconcevable source de Jouvence
De puissance
De jouissance
D’abandon
D’extase


Ce matin, au réveil, je ressentais cette énergie du printemps
Que démultiplient une pleine lune et un æquinoxe
Bouleversante, heureuse —
En paradoxe
Comme très douloureuse


Et je me souvenais que mon oncle
 — Il y a plus de trente ans —
N’avait pas pu l’éprouver
N’avait pas pu supporter une nouvelle éruption printanière —
Et que cette formidable montée d’énergie avait eu raison de sa vie


Pas un printemps supplémentaire


La force incommensurable
Qui déploie la vie tout autour de nous
Dans chaque atome de ce qui nous entoure
Bourgeons, fleurs, arbres, prairies
Et en nous aussi —
Cette force incommensurable, ce soir, je la bénis


Parce qu’elle nous a saisis
Comme deux frêles you ! -you ! dans une tempête
Et comme deux majestueuses galaxies
S’enspiralant dans le silence et l’Infini


(Où étais-je ? les yeux clos
Abandonné
Grignant comme un jazzman béat au beat et extasié au tempo ?
Et vous ?
Tantôt groovant la Démesure
Tantôt accompagnant mes solos
Vaporisée dans l’azur
De ce jour si beau
Et puis plongeant tous deux dans l’extraordinaire
Et inendiguable harmonie de cette ultra-galante fête?)


Qu’ai-je fait au bon Dieu ?
Pensais-je ce soir
Oubliant qui avait annoncé sa mort


Faut-il vraiment bénir toutes les éternités
Qui ont permis que vibrent ce toujours vierge
Ce si vivace
Ce si bel aujourd'hui
Et toutes ses cordes de Joie
Qui ont fait que cette force
Tout au moins pour cette fois —
Ne me tue pas
Mais qu’à l’inverse
Elle me divinise
Et me fasse tel un Dieu-Roi


Non
Ne pas bénir
Ne pas penser
Ne surtout pas philosopher
Se taire

Et entrer en majesté
Dans le silence de la splendeur
Que l’Amour nous a offert






Le 31 mars 2018
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018






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