mardi 12 août 2014

L'ULTIME AUDACE !




C'est avec un grand appétit
De petits fruits
Que j'attends
Ce rendez-vous
Avec vous

En attendant ce festin
Allongé
Rien qu'à imaginer
L'adorable conque rose
Dans son exquis bouquet
De lèvres et de levrettes à peine écloses
Je ressens
Tout mon corps
Comme magnétisé :
Mon ventre se creuse de puissantes
Légères
Délicieuses
Contractions
Spasmodiques…
Mon bassin
Aimanté
Spontanément ondoie...
Mes épaules se lèvent...
Franchement
Ma toute belle
La sève vibrante
Du monde
Et son puissant manège
 Me ravissent déjà

C'est donc par un pur appétit de printemps
Frais et puissant
Comme tout ce qui autour de nous
Éclot et s'épanouit
Que nous sommes réunis

C'est avec ce grand appétit
Excité et ravi
Que
Passés nos amusements charmants et nos ris
Nous entrons
Délicatement
Mais profondément —
Dans l'éclat et le vif
Du sujet
Qui
Tout de suite
Nous éblouissent

Cette petite conque adorable et rose
Dans son exquis bouquet
Tout mouillé
De lèvres et de levrettes désormais parfaitement dilatées
Et tout à fait écloses
Qui maintenant m'a saisi
Et dont je ravis à plaisir
Ah ! Plaisir !
La géométrie
Délicieusement variable
Je la savoure maintenant comme un met convoité
Mais je sens à l'ardeur
Ondulante
Caressante
Exorbitante
Émerveillante
Qui s'est emparée d'elle
Qu'elle s'impatientait tout autant
Et qu'elle jouit de même
De ma belle contribution
Aimante
Enveloppante
Mouvante émouvante
Mais pourtant seulement pareille à un os —
À notre exquis repas de noces

À tant se régaler
À tant s'aimer
On finit par se vaporiser
Puisqu'au début
On avait déjà perdu la tête
Tandis que l'on riait
Éperdus

De sorte que je ne me souviens
Que comme dans un rêve
De la fin du festin
Où je sais seulement avoir revu
Votre visage d'extase
Plus bouleversant
Je l'ai dit —
Que celui qu'avait tenté de rendre
Le Bernin
Puisque vivant et animé
Et le vôtre !
Ma toute belle
Mon aimée

Je sais seulement que c'était une extase comme en donne le printemps
Pareille à un grondement
De sève
Battante de sa tempête en vagues
Prodigieuses
Déferlantes
Comme un rêve

Je sais seulement qu'à la fin
Les bras en croix
Nous voulions dormir tels quels
Dans l'autre sens de notre grand lit
Qui n'en a pas
Ou plutôt si
Qui n'en a qu'un
Celui que justement on lui donne
Par ces festins

Je sais seulement qu'aujourd'hui je vous aime
Infiniment
Comme j'aime le miracle de la vie
Et celui que nous faisons toujours renaître
Quand nous faisons l'amour
Ainsi
Où il faut seulement avoir
Tout doux
Tout feu
Tout flamme —
Le cœur à la joie
Le cœur à la vie
Et où l'abandon est l'ultime audace !

(Eh quoi ! Cette sorte d'amour-là
Il fallait bien, enfin, que quelques-uns le fassent… )

 


Le 2 mai 2012


Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2012



À paraître.


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