mardi 4 avril 2017

Sur la Terrasse du Temps — Efflorescence Immense










Sur la Terrasse du Temps


Sur la Terrasse du Temps
Qu'y a-t-il donc tant
Pour que j'y reste toujours bouche bée
Sans plus pouvoir parler
Ni même penser
À vous regarder
Déployer la vie et la beauté ?


On plante des hibiscus
Des hortensias…
Sous la bienveillante caresse à peine éclose des lilas…
Je m’assois :
J'en reste béat…
Ici l'extase contemplative est un habitus…


J'attends pour ce soir le Messie
— Et pour demain le Paradis…


Absent dans la caresse et le souffle du vent
Sans y penser
Son seul avant-goût
Me fait bander…





Le 31 mars 2017











Efflorescence Immense




Dans la douceur et le silence
Du printemps
Que seuls troublent le souffle du vent
Et divers délicats sifflotements
Que me font mes voisins volants —
Dans la douceur de son soleil
Tandis que je vois partout
Comment son irrésistible sève
Se matérialise en merveille
Feuilles, fleurs, tiges, gazons
Qui partout jaillissent
Sortent de terre comme dans un rêve...
Délicats bourgeons sur le vieux tronc
Que l'on croyait mort –
De l'amandier
Qui visiblement vit encore —
Dans cette Efflorescence Immense
Qui nous emporte et nous traverse
Comme la Danse même
Du Monde à son Réveil
Je repense à l'amour que nous faisions
Comme l'exaucement partagé
De notre vœu le plus désiré
Comme un prodige tant attendu
Que l'on en pouvait plus
Comme une course folle dans le bonheur
L'affirmation ample et souveraine
De ce qui jaillit le monde et l'entraîne
Et je sens de nouveau comment notre mouvement galant
Dans ce fabuleux conclave
Nous menait éperdument
De l'introduction jusqu'au final —
Dans sa mystique nécessité
Harmonique-fulgurale —
Sans temps mort et sans entrave
Et nous voyait
Dans son apothéose
Nous déployer
Nous abandonner
Et jouir
Comme personne jamais ne l'ose
Enfin, comme je ne l'avais jamais osé —
(C'est ça ! Ai-je pensé
Avant que de m'évanouir dans les alléluias… )
À un point tel de puissance, d'extase et d'abandon
Que j'ai écrit
Qu'il me semblait avoir atteint
Enfin —
L'âge de l'amour et de la jouissance
Quelque chose comme une Renaissance
En fait, ce pour quoi j'étais né


Le lendemain
Toujours dans les alléluias
Pas celui de Haendel
Mais ceux dont je parle là —
Nous descendions dans la vallée
Tandis que jaillissaient de tous côtés
Alors que nous traversions nos terres
Les chevrettes, les chevrillards
Ce qui est beau et un peu rare —
Qui nous faisaient comme un ballet
Avant que — toujours puristes — 
Nous allassions écouter
« En vrai »
Qui
Comme toujours —
Nous feraient pleurer


Tandis que les larmes me coulaient
En écoutant les sopranos
Belles comme de merveilleux oiseaux
Et que j'admirais les musiciens et les choristes
Je pensais que c'était avec presque rien
Ce qu'elle avait sous la main
L'érable, l'épicéa, le saule, le buis
Quelques coquins
Des étourdies
Que la terrible engeance triste
Par le moyen du génie
De Bach, de Handel, de Vivaldi
Et tutti quanti
(Mais aussi de celui de tous les petits métiers)
Avait donné à la Beauté et au Sublime leur chance


Et je bénissais la nôtre
Tandis que s'accomplissait cette séquence
De l'amour contemplatif — galant
Qui est notre contribution involontaire
– Dans le domaine des sens et du sentiment
À l'expérience du sublime et de la beauté dont je parlais
Involontaire car pourquoi le taire
Découlant de ce laisser-faire que nous avons autorisé
À nos corps et à nos cœurs accordés —
Séquence de l'amour contemplatif — galant
Partie de l'émerveillement
En silence —
Sur la Terrasse du Temps
Passée par Haendel
Continuée de plus belle
Par notre divine danse
Pour aboutir finalement à Jean-Sébastien


— Et que je goûte encore
Tandis que je la transcris
Dehors —
Sous un soleil et dans un calme divins…






Le 4 avril 2017

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017










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