vendredi 6 janvier 2012

Amants de l'amour dans un monde qui croit à la prostitution...





LE PROGRAMME HORS DU COMMUN.




Nietzsche :


Qu'un homme résiste à toute son époque, qu'il l'arrête à sa porte et lui fasse rendre compte, cela exerce forcément de l'influence ! Qu'il le veuille, peu importe, qu'il le puisse voilà le point.


Breton :


Le Dieu qui nous habite n'est pas près d'observer le repos du septième jour.

Le Chœur des Libertins-Idylliques
:


Dans l'émouvant mouvement
Du sable mouvant
Aspirant
De votre corps aimant
De mon corps aimant
La dérive heureuse
Océane
L'exploration tendre
Profonde
Détachée du Temps
Des méandres voluptueux
De la sensitive
Explosive-fixe


Chaque mouvement, chaque retrait, chaque pénétration, chaque constriction aspirante
Nous découvre les terres fermes
Les grottes sous-marines du Grand Cœur du Temps
La main dans la main nous découvrons les enchantements de vos Palais
Idéaux
Aquatiques


Je suis le plongeur qui dérive
Vers votre cœur
Sans hâte
Amplement
Vous êtes l'océan


La houle tous les deux
Nous prend.


Breton :


L'idée de l'amour allait droit devant elle sans rien voir; elle était vêtue de petits miroirs isocèles dont l'assemblement étonnait par sa perfection. C'étaient autant d'images de la queue des poissons, quand, de par leur nature angélique, ceux-ci répondent à la promesse qu'on peut se faire de toujours se retrouver


Le Chœur des Libertins-Idylliques :


Notre aura bleue
Liserée d'or
Cette vapeur bleutée
Entourant nos corps
Au paroxysme
-– Savouré puissamment dans le ravissement étonné -–
Du plus ardent du plus doux du plus pénétrant
Du plus éblouissant du plus irradiant
Mouvement
De leur corps à corps
Si loin de tout
De mes yeux si lointains
Je l'ai vue


Puissance altière
La vôtre la mienne
Sensations en excès délicieux
Extraordinaire ardeur printanière
En renouveau d'excès voluptueux
Délices débordés sentimentaux
Tout concourait
Il est vrai
-– Ton con court et
Ardent
De feu et d'eau
Mon sexe turgescent
Long et lent
Vif et ardent
Parfaitement
Et tous leurs emportements -–
Tout concourait excessivement
À cette palpitation de bleu et d'or
Irisant
En brume divine
Nos corps


Éternité du Temps
Rien ne passera
Et souvent des amants
Dans la suite du Temps
Relisant cela
S'embrasseront
S'embraseront.


Pour l'heure
Tout à notre gloire
Tout alanguis de ces rayonnements
Après avoir traversé la terre
De notre sommeil si lourd et si bon
Excessivement
Nous restons sans paroles et sans force
Dans la langueur attendrie du soir


L'amour est le feu ardent
La vie même
Son éblouissement


Y demeurer
Décidément.


Breton :


L'aurore boréale en chambre, voilà un pas de fait ; ce n'est pas tout. L'amour sera. Nous réduirons l'art à sa plus simple expression qui est l'amour...


Marcel Duchamp (s'adressant au public…) :


Je n'ai pas connu d'homme qui ait une plus grande capacité d'amour. Un plus grand pouvoir d'aimer la grandeur de la vie et l'on ne comprend rien à ses haines, si l'on ne sait pas qu'il s'agissait pour lui de protéger la qualité même de son amour de la vie, du merveilleux de la vie. Breton aimait comme un cœur bat. Il était l'amant de l'amour dans un monde qui croit à la prostitution. C'est là son signe.
...
La grande source d'inspiration surréaliste, c'est l'amour. L'exaltation de l'amour électif, et Breton n'a jamais accepté que quiconque du groupe, par libertinage, démérite de cette idée transcendante. Il l'a écrit : “J'ai opté en amour pour la forme passionnelle et exclusive, contre l'accommodement, le caprice et l'égarement...”
...
Qui plus que lui a médité sur la dérision du bonheur humain, a médité sur les causes de conflit et d'antagonisme qui pourraient surgir, même lorsque la société sans classes sera instaurée ; qui mieux que lui a frôlé la grande explication surréelle de la vie; cette prise de conscience totale d'une vérité sans frontières, qui a plus aimé que lui, ce monde en dérive ?




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