Grâce
à l'aisance
Grâce
alléchante
Grâce
allégeante
Grâce
qui me touche
Profondément
Légèreté
profonde
Aisance
heureuse
De
printemps
Grande
jouvence
Sur
grand Beau Temps
Grâce
à l'aisance
Caressante
Qui
toujours me prend
Tandis
qu'après les rires
Nous
nous aimons
Les
rires et puis avant
Les
grandes considérations
Sur
l'époque
Où
plus rien ne compte
Que
ce que
Depuis
toujours
Nous
défendons
Seules
richesses
Dorénavant
La
liberté, l'amour, la poésie
Et
la Jouissance
Puissante
et paisible
Du
Temps
– Qui
ne les a
Avec
la vigueur et l'ardeur qu'elles demandent et qu'elles donnent
N'a
rien
Un
Homme n'est vraiment riche que de l'extase amoureuse
Disait
ce collage
Que
je fis dans un autre temps –
Seules
richesses aujourd'hui
Où
les mirages se dissipent pour les esclaves du Néant
Et
où le Veau d'or dissout son argile
Dans
le Rien
Éminent
(Tous
le savent
Dorénavant
L'or
pour l'or est navrant)...
L'époque
va devoir devenir sensualiste
Ou
se déchirer
Atrocement
Comme
nous le lui disons
Depuis
qu'ayant « décidé de mettre un peu d'eau dans notre dandysme
théorique et artistique »
Nous
avons décidé
De
paraître
Par
moments
Et
plutôt sobrement
Sur
« la scène du monde »
Dandysme
sur fond d'effroyables misères
De
cataclysmes
D'effondrements
Et
qui sait
Peut-être
De
« sauvetage par transfert »
Enfin
après ces grandes considérations
Sérieuses
sur les temps
Qui
nous font paraître
Comme
la voix d'une nouvelle et supérieure Raison
Qui
connaît l'Homme
Et
ses tréfonds
Cette
négativité immense
Que
fondent
Tous
les affronts
Qu'il
subit
Depuis
que la dialectique du maître et de l'esclave
Mène
le monde
Et
que semblent redécouvrir ceux qui pensaient que le Chiffre
Était
à lui seul
Le
problème du monde
Après
ces grandes considérations sur l'effondrement d'une illusion du
mauvais monde mû par l'Illusion
Et
la Haine et le Ressentiment
En
moteurs à explosions
Où
nous paraissions
Si
étranges
Tandis
qu'aujourd'hui
Nous
y possédons
Évidemment
Les
seules richesses au monde
Après
toutes ces grandes considérations
Sortant
du bain
Parfumés
Comme
des anges
Au
lit
Nous
rions
De
tout et de rien
Tout
en nous caressant
Le
premier baiser est le signe
Du
silence
Intense
De
la délectation
Et
des grands sentiments
Le
premier baiser est le signe…
La
délectation
Intense
Nous
surprend
Ces
baisers
Grands
baisers
Sont
des ravissements
On
y revient sans cesse
Dans
un étonnement d'ardeur de tendresse et d'excitation
Ces
baisers sont bouleversants
On
ne les quitte plus
Ils
nous aspirent
Nous
goûtons extatiquement chaque mouvement de nos bouches
De
nos langues
De
nos lèvres
Passionnément
dans une ardeur toujours surprise
Et
toujours allant croissant
Intensément
nous embrassant nous nous aimons...
La
suite n'est qu'une vaste et ample Caresse
L'accord
des amplitudes
La
synchronicité des stupéfiances…
Nous
nous goûtons à l'excès
Vous
m'aimez pour ma grâce
Pour
mon aisance
Pour
ma puissance
Et
parce que je suis là où vous m'attendiez
Mais
en vérité je n'y ai aucun mérite car je vous aime moi-même
Pour
votre grâce
Pour
votre aisance
Pour
votre puissance
Et
parce que vous êtes là où je vous attendais
Qui
donc précède l'autre ?
Qui
pourrait le démêler ?
Pour
l'heure nous goûtons l'ivresse et la splendeur du monde
La
grande et belle santé
La
grâce ondulante
La
grâce alléchante
La
grâce éblouissante
Le
dernier mouvement
De
ce menu est
Le
plus fabuleux
Tout
y a des accents
Phénoménaux
Ce
ne sont que
– Pour
vous et moi –
Sensations
extrêmes
Et
nous explorons
En
quelque sorte
D'autres
tréfonds de l'Homme
Je
n'aurais pas voulu vivre sans connaître l'intense extase de cette
compénétration qui monte
Et
nous submerge
Irrémédivinement
Je
n'aurais pas voulu vivre sans connaître l’amour d'une femme
Et
ce mouvement surnaturel du monde
Qui
l'accompagne
C'est
l'extase de la sensation qui nous déborde et nous emporte
– Trésors
du monde –
Dans
cet immense flash blanc
Qui
me foudroie
Et
m'emporte
Dans
le concert de nos cris de joie et de nos louanges
À
la vie et au monde
Je
n'aurais pas voulu vivre sans vous connaître
Vous
et l'Amour
Votre
aisance
Vos
subtiles délicatesses
Vos
reptations caressantes
Sublimes
enchanteresses
Votre
total abandon à cette force viscérale qui toujours nous prend
Je
les vois comme un miracle dont j'ai tant attendu la venue
Et
pour lequel
J'ai
fait place nette
J'ai
coupé tous les ponts
Largué
toutes les amarres
Brûlé
mes vaisseaux
Et
la langue n'aurait pas assez d'expressions toutes faites pour dire
Comment
il ne faut pas « trop aimer le reste » si l'on veut connaître la
noblesse et l'amour
J'ignore
de quoi sera fait mon futur
Ayant
tout sacrifié à « la liberté, l'amour, la poésie »
Mais
aujourd'hui je vois que ceux qui avaient agi tout à l'inverse ne
sont pas mieux lotis...
Comme
on le leur avait prédit.
Assis
seul dans la nuit
Exactement
là où adolescent j'examinais le problème de la Vérité dans la
philosophie et dans le monde
Je
rends grâce à ceux et à Celle par lesquels ma vie m'a mené
à écrire ceci
Mars
2009.
R.C.
Vaudey. Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences)
2006-2009