samedi 25 août 2018

Explandissement tellurien







Nous reposons dans le silence intense
Qui suit le réveil…
Qui suit la sensation miraculeuse
(Miracle dans l'infini de la misère :
Misère comme étrangeté
Miracle comme complicité
Complicité comme éclair d’unicité
Dans l'immensité de la diversité —
Comme extase partagée dans l'unicité)


Quelle charte !
Mon dieu ! Quelle charte !
Voilà ce qu’à un moment j'ai pensé
Bien après que nous eûmes ri de notre vigne-arte
Dont nous avions décidé
Par ce pacte – signé du souffle de nos âmes —
De lui donner la forme de votre monogramme
Tandis que j'en suivais extatiquement tous les reflets
Et toutes les quartes


Dix neuf, me dites-vous
Débordante de gaieté…
C'est le nombre de boutons de fleurs
De brugmansia que vous avez comptés



Je vous suis dans le jardin
Il y en a encore bien plus que ça !


Joie d'enfants…


Peut être…


Mais joie


Joie d’amants


Si nous étions riches, nous ne pourrions l'être plus que cela…


Assis là
Dans le soir
Dans l'atelier d'été
Avec l'odeur du foin fraîchement coupé
(De ce printemps)
Qui sert de lit aux joyaux couronnés
Et emplumés
Auxquels nous devons
Accompagné de pain frais et beurré —
Notre brunch illuminé


La fine équipe
Des chattes
Des poules
Des libellules
(Hier se promenait aussi
Monsieur l'énorme crapaud…
Très beau)
Des genettes
Ultra-discrètes —
Des chevreuils
Des écureuils
Des sangliers
Des tourterelles
Des tourtereaux
Des lièvres
Des corbeaux
Des lapins
Des renards
Des blaireaux
De tant de différents oiseaux
Dont le pic vert
La mésange
Et le colibri…
Aussi… —
Sans oublier
Dans l'eau —
Les carpes apprivoisées


Assis là
Tous me font
Sans le vouloir —
Comme une compagnie…
Amie


Si nous étions riches, nous ne pourrions l'être plus que ça


Dans cette clôture du monde
Où règnent en maîtres
Seulement le silence
La mélodie du vent
Et les chants de l'extase
Toujours regorgeant

D’où provient
Cet explandissement tellurien



Écrit le 24 août 2018
Dans notre nymphée
Près de la source sacrée
Dans cette faille extra-temporelle
Où rayonnent les êtres et les choses…
Dans notre amour nimbé
D'amour…
Et de volupté…
Prodigue en grâces et en illuminescences
Fruits de nos extases partagées…
Dans ce lieu chargé
Vibré du magnétisme du monde
Qui sourd de terre
Du caressement des veines de roches qui s'y rencontrent —
Et dans ce halo tellurique
Favorable à l'expérience mystique…
Bref, dans ce lieu beau comme la rencontre
Des conditions propices à l’ancestrale vigueur
Et de deux amants joueurs et rieurs




R.C Vaudey
Le 25 août 2018
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018





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