L'automne est chaud
Tapissé d'un
bruissement roux
Beau comme la première
enfance
Quand on marche
Où l'on voudrait
plonger les mains
Pour faire voler la joie
Le soleil qui filtre
À travers le vert et le
jaune pâle du feuillage
Émerveille mes yeux
Une légère brise
Fait parfois
Un caressement de faîtes
Qui occupe l'air
Et le son du monde
Un instant
Mais seule la source au
bassin
Joue sa mélodie
Constante
C'est dans cette même
merveille-douceur du monde
À laquelle nous ouvre
L'amour
Que nous nous offrons
l'un à l'autre
Dans les rires et les
parfums
Tout d'abord
Quand je caresse votre
corps
– Chaque parcelle de
votre corps –
Je caresse votre amour
et l'aventure
Et toute cette beauté
du monde
Lorsqu'après les
baisers
Fiévreux
Passionnés et tendres
Je pénètre votre corps
C'est toute cette beauté
du monde
Que je pénètre
Calme
Passionné et tendre
Et à laquelle je
m'abandonne
Tous les tangages et
toutes les houles
Que je sens nous prendre
Dans le calme ou dans la
fougue
Ils sont ce
caressement-merveille
Du monde
Que nous sommes
Qui nous entoure
Les éminentes
imminences de jouissance
Qui nous défont
Dans des exclamations
extrêmes
Et que l'on laisse
passer
Comme on laisse passer
une vague
Extrême
Pour en attendre une
autre
Plus extrême encore
C'est cette même
merveille-puissance
Suprême-douceur du
monde
– Où l'on joue
Qui nous emporte
Dans laquelle on baigne
–
Qui tisse et tresse
Fait et défait
Nos corps
Encore
Finalement c'est la
puissante beauté
De l'irrépressible
mouvement du monde
Qui nous fait jouir
Que nous faisons jouir
Dans le nœud de Möbius
de l'emportement suprême de l'intense extase harmonique de l'Amour
Finalement donc
C'est le monde qui nous
fait jouir
Que nous faisons jouir
En nous faisant jouir
Tout à la fois
D'un coup
Tour à tour…
Écrit en toute reconnaissance
de causes dans l'après-midi doré du 10 septembre de l'automne de l'an de grâces que nous sommes
(Le 10 septembre 2007.)
R.C. Vaudey ; Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009
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