mercredi 16 janvier 2019

L'art d'aimer & Correspondance






Friand-frétillant
Comme l'amour


Dans la jungle
La clairière
Dans le désert
L’oasis


Miracle
Direction Éternité
Aller-simple
Sans arrêt


Cris épanouis
Excès
Douceur duvetée
Puissance emportée
Félicité démesurée


Monde absent
Conflit mondialisé
Accaparements obsesseurs
Trivialités démesurées-désirées
Tempêtes d’ors et déjà déclenchées


Origine du monde actuel :
Guerre de religieux fanatisés
Usuriers
Petits-libertins roués
Petits-boutiquiers
Tous d’or assoiffés
Cause :
Injouissance généralisée
C’est-à-dire : Art d'aimer et Jouissance du Temps totalement ignorés


Antidote trouvé :
Amour aristocratique-sauvage
Via
Orientalisme ultra-marin

Résultats de nos recherches sur l’amour et le merveilleux :
 
L'Homme est beau
Primitif avec élégance et avec cœur
L'Homme est un dieu
C'est une histoire d'amour



Amour :
Monde parallèle
Ignoré
Sans indicateur de voie d'accès


Voie d'accès :
Matérialiste ?
Panthéiste ?
Panenthéiste ?
Ne pas tenter de saisir le Sans-Nom…
Basculer dans le Silence
La Nescience
L’Ineffable
Et s'abandonner à la complétude de l’amour
Et à son Miracle 
Direction Éternité
Aller-simple
Sans arrêt


La jouissance contemplative galante
Qui est la jouissance de la puissance et de la joie à leur apogée
Est une passion affirmative de maître sans esclave 



Le 12 janvier 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019



Héloïse Angilbert
Exhibition résolue
2002
Plumes et taies d’oreiller qui volent
(Où l’on peut lire, entre autres « À notre pure délectation du Temps »)




 Correspondance





À Madame Ganofsky*

University of St Andrews



Manifeste sensualiste





Madame,


Un de nos lecteurs nous fait découvrir votre très belle et très juste étude :

La suspension du temps dans Point de lendemain : lecture sensualiste d’un nocturne libertin


Puisque vous y renvoyez, entre autres, à Le Cavalier du Louvre de Philippe Sollers, dans la collection duquel est paru le Manifeste sensualiste, nous imaginons que vous n’ignorez pas — sinon nous sommes heureux de vous le faire connaître, à titre de curiosité — que les sensualistes n’ont pas disparu : ils se portent mieux que jamais, dans une époque qui ne peut certes pas en dire autant.


Leur « bureau d’esprit » a pour nom Bureau des recherches sur l’amour et le merveilleux, et il est pour le moment encore ouvert à tous.
Ils sont certainement moins « machines » que leurs inspirateurs du XVIIIe siècle (une certaine psychanalyse est passée par là), et également plus contemplatifs qu’eux — et donc peut-être moins charmants puisque moins dans le siècle.


Devenus dans un premier mouvement « Libertins-Idylliques » — où l’on entend, comme dans un écho détourné, un peu de l’esprit qui animait peut-être les « Libertins-Spirituels » que condamnait Calvin, et, plus lointainement encore, un peu aussi de celui des partisans du Libre-Esprit, qui inspirèrent la mystique rhénane et Maître Eckhart —, ils ont abandonné quelque peu ce terme de « libertin » — que l’époque a galvaudé dans sa pratique spectaculaire et marchande de la désublimation répressive — pour devenir des « contemplatifs — galants ».


Sans doute plus panenthéistes que panthéistes, ils pensent surtout que la vérité est un état — au delà des mots —, que les mots ne peuvent traduire, que la pensée ne peut saisir, et qui n’appartient qu’à l’immersion dans la « sensation », mystique, océanique : celle que procure la jouissance — poétique ou post-orgastique — du Temps.


Pour conclure, permettez-moi de détourner la très belle fin de votre étude : chez ces nouveaux sensualistes, le corps sensible est représenté comme le lieu d’un contact avec l’éternel. La suspension du temps dans le plaisir contemplatif — galant correspond ainsi à une transsubstantiation de l’infini en la chair de l’homme ou de la femme à plaisirs.

Connaissant l’origine sensible des arrière-mondes philosophiques ou religieux, ils savent que, si les hommes ont inventé l’Enfer en projetant leurs démons intérieurs plus ou moins refoulés et occultés dans un au-delà imaginaire, ils ont donc dû aussi inventer le Paradis selon ce même mécanisme, mais en projetant cette fois les délices, les grâces et les béatitudes oubliées (par exemple, celles de leur petite enfance), ou entr’aperçues et plus ou moins avortées (celles de leur vie d’adulte).

Loin des repères angoissants de la tradition abrahamique, les Libertins-Idylliques savourent donc la jouissance du Temps, — cette certitude voluptueuse et poétique vécue d’avoir désormais en eux les clefs du Paradis


Avec mes très respectueux hommages, je vous prie de recevoir, Madame, l’assurance de ma parfaite et sincère considération.


R.C. Vaudey



Post-scriptum : Nous publierons ce courrier — sur notre Bureau, comme nous en avons l’habitude — et vos éventuelles réflexions, — si vous le souhaitez.




Correspondance
Le 15 janvier 2019
 
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