jeudi 23 janvier 2014

La chair est glorieuse — et galamment contemplative —, Stéphane, et qu'importent les livres...














BEAUTÉ SURRÉELLE




Dans la voile blanche qui bat
Dans le bleu absolu d'un ciel que l'on dirait crétois
Et dans le vent
Qui file sa course
En riant
Sur les landes
Les vergers et les bois
Écrasés de chaleur
Bienheureux
Je nous revois
Amoureux et en joie
Pleins de délicatesse
Moi
Explorant vos sous-bois
À la recherche de la source
Qui ne tarit pas
Qui s'épanche entre vos hanches
Merveilleuse sans cesse
Et comme un printemps
Qui toujours se répand…
Vous
Caressant le fût même de l'Être
Comme on caresse la vie qui se déploie
Avec ce ravissement et cette ivresse
Qui fait que l'on ne peut attendre…
Que l'on n'attend pas…

Je me re-sens
Tendre
Éperdument
Vous pénétrant
Serrée et dense
Onctueuse et douce
Comme un miel —
Vous ouvrant
Au surréel
À la danse
Dans les exclamations et les gémissements
Tandis que je pousse
Les portes de la Joie
Que nous créons à cet instant-là…

 Je reparcours le monde
Que nous faisons exister
L'envoi de moi du ciel
Vous ouverte aux nues
Comment se croisent ensuite vos jambes
La sensation et la douceur
Surnaturelles
Dans ce mouvement-là
De votre entrejambe
Que je façonne
Et qui m'aspire
Dans nos soupirs
Délicieuse beauté vivante
Comme adhérente
Si douce et si sensible
Préhensible —

Et puis comment
À genoux
Derrière vous
Je reçois
Les grands goulus baisers de soie
Que me fait tout votre être
Comme une voile qui bat
Qu'un peu trop extatiquement
Peut-être
Je savoure
Les yeux clos
Bras au ciel
Jusqu'à ce que votre main sur ma cuisse
Me rappelle
Au tango
Aux mouvements des délices…

Je me souviens
Enfin
Du déploiement
Divin
Onctueux et clonique
De nos deux êtres
Jouissant
Extatiques
Et
« Dans l'onde nous devenue
Notre suprême jubilation nue »…

Et je nous revois aussi
Le soir…
Après nos sommeils d'extase…
Alanguis…
Sans phrases…

Aujourd'hui
Dans la voile blanche qui bat
Dans le bleu absolu d'un ciel que l'on dirait crétois
Et dans le vent
Qui file sa course
En riant
Sur les landes
Les vergers et les bois
Écrasés de chaleur
Bienheureux
Je nous vois
Amoureux et en joie…
Comme il se doit


 



Le 5 août 2013



Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2013




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