mardi 30 avril 2013

De l’amour comme art d’apothéose... suivi de Venise est un village…




DE L'AMOUR COMME ART D'APOTHÉOSE



L'amour me saisit alors que je fais le malin
Buvant
Pérorant
Libidineux et assez fier de l'être
(Il n'est jamais aisé de saisir
L'origine de l'immonde
Ni même seulement de ce côté « noceur revenu de tout »
En soi-même)…

Nous nous saisissons intensément
Et ce saisissement-là
Nous embrase littéralement

Comment pouvoir penser un moment qu'aucune forme des jouissances des « noceurs revenus de tout » puisse approcher, même de très loin, ce qui nous ouvre à ce moment-là

Ce serait méconnaître la conjonction des délicatesses et des puissances qui libère un feu, une force et une joie qui transcendent — dans l’abandon au miraculeux et viscéral réflexe amoureux et à l'extase harmonique — tous les plaisirs solitaires

Que l'on joue seul
À deux
Ou à plusieurs









 Le 9 octobre 2008.






VENISE EST UN VILLAGE…



Dans le calme absolu du parc
Dont on peut dire que ce jardin et cette  maison
Sont en quelque sorte l'oasis
Je goûte l'éloignement du monde
La paix
Champêtre et automnale

Cet éloignement du monde
(Qui n'est qu'une illusion…
Mais qui fonctionne…)
Voilà presque sans doute
Ce qui nous permet de nous aimer
Si intensément

Cette beauté pastorale
Nous ouvre à nous-mêmes
À l'un et à l'autre
Et au monde

Il y a quelques jours de cela
Si intensément saisis dans l'amour
Vous m'attirant
Littéralement
Dans la lumière
Et moi y plongeant
Si puissamment
Et si totalement
Emporté dans cette jouissance
Si particulière
Qui s'embrase de nous
Qui nous soulève et nous emporte
Dans ce mouvement cataclysmique
Qu'involontairement par nos ardeurs se fusionnant
Nous créons
C'est tout ce retirement du monde
Avec sa grâce idyllique
Qui encore une fois et plus intensément que jamais
Nous offrait cet immense privilège
De la jouissance immense et harmonique...

Si nous négligeons tant le monde
— Au point de vivre
Dans ce « palais »
Dont nous ne nous occupons guère —
C'est non seulement parce que nous méprisons tout ce qui le gouverne
L'argent la gloire ou la notoriété
Et que nous savons sur quelles assises
Mouvantes
Sur quelles illusions
Il est fondé
Mais plus encore parce que cette jouissance si impressionnante
Nous permet de dédaigner le reste

Ceux qui s'occupent tant du décor du monde
Et du rôle qu'ils y tiennent
Ont abandonné
La joie
Pour l'ombre








Le 13 octobre 2008.



R.C.  Vaudey. Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009




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