DE L'AMOUR COMME ART D'APOTHÉOSE
L'amour me saisit alors que je fais le
malin
Buvant
Pérorant
Libidineux et assez fier de l'être
(Il n'est jamais aisé de saisir
L'origine de l'immonde
Ni même seulement de ce côté « noceur
revenu de tout »
En soi-même)…
Nous nous saisissons intensément
Et ce saisissement-là
Nous embrase littéralement
Comment pouvoir penser un moment
qu'aucune forme des jouissances des « noceurs revenus de tout » puisse
approcher, même de très loin, ce qui nous
ouvre à ce moment-là
Ce serait méconnaître la conjonction des
délicatesses et des puissances qui libère un feu, une force et une joie qui
transcendent — dans l’abandon au miraculeux et viscéral réflexe amoureux
et à l'extase harmonique — tous les plaisirs solitaires
Que l'on joue seul
À deux
Ou à plusieurs
Le 9 octobre 2008.
VENISE EST UN VILLAGE…
Dans le calme absolu du parc
Dont on peut dire que ce jardin et
cette maison
Sont en quelque sorte l'oasis
Je goûte l'éloignement du monde
La paix
Champêtre et automnale
Cet éloignement du monde
(Qui n'est qu'une illusion…
Mais qui fonctionne…)
Voilà presque sans doute
Ce qui nous permet de nous aimer
Si intensément
Cette beauté pastorale
Nous ouvre à nous-mêmes
À l'un et à l'autre
Et au monde
Il y a quelques jours de cela
Si intensément saisis dans l'amour
Vous m'attirant
Littéralement
Dans la lumière
Et moi y plongeant
Si puissamment
Et si totalement
Emporté dans cette jouissance
Si particulière
Qui s'embrase de nous
Qui nous soulève et nous emporte
Dans ce mouvement cataclysmique
Qu'involontairement par nos ardeurs se
fusionnant
Nous créons
C'est tout ce retirement du monde
Avec sa grâce idyllique
Qui encore une fois et plus intensément
que jamais
Nous offrait cet immense privilège
De la jouissance immense et
harmonique...
Si nous négligeons tant le monde
— Au point de vivre
Dans ce « palais »
Dont nous ne nous occupons guère —
C'est non seulement parce que nous
méprisons tout ce qui le gouverne
L'argent la gloire ou la notoriété
Et que nous savons sur quelles assises
Mouvantes
Sur quelles illusions
Il est fondé
Mais plus encore parce que cette
jouissance si impressionnante
Nous permet de dédaigner le reste
Ceux qui s'occupent tant du décor du
monde
Et du rôle qu'ils y tiennent
Ont abandonné
La joie
Pour l'ombre
Le 13 octobre 2008.
R.C. Vaudey. Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006-2009
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