dimanche 8 avril 2018

L’abandon amoureux à l'harmonie des révélations célestes de l’amour charnel (Parade galante)






I


L’émerveillement mystique


En roulant vers le bleu du ciel
J’entre dans l’émerveillement mystique
Qu’en dire ?
Dans la beauté du monde : un


L’extase harmonique


Emportés par les vagues successives de la jouissance
Nous sommes enlevés par l’extase harmonique
Qu’en dire ?
Dans la beauté et le triomphe de la volupté : un




II




Une hermine de fourrure brûlante
La source d’un miel onctueux délicatement
Une petite conque nacrée de ce même miel
Qui lorsqu’on en joue
Tout à notre joie et à l’ivresse de nos célestes baisers d’amants —
Vous envoie dans de merveilleuses transes
Et des émois si immenses
Qu’on n'en rêve même pas


Ai-je dit que le printemps rend fou de joie ? —


Les nacres roses n’aspirent qu'à une chose :
Un sceptre de roi…
On dit « aspirent »
Certes —
[ …
]
Tout à leur somptueuse danse
Tout à leur joie


Ai-je dit que le printemps, justement, rend fou de joie ? —


Somptueux est le mot qui convient le mieux
À cette merveilleuse extravagance
Qui n'en finit pas…


Mais pourquoi finir le jeu merveilleux
De l'amour
De l'abandon total
De l'embrasement sentimental
De l'impensable voluptueux
Et de la chance ?


On pousse plutôt son avantage
De-ci de-là —
En explorant tous les confins
D'un univers de merveilles
Dont on ne sait rien
Et qui se découvre…
Toujours sans pareil…


Ou bien on laisse le coquillage
Qui divinement se ferme et s'ouvre —
Mener le bal et, pour ainsi dire, l’orpaillage…
On ferme les yeux
On s’étire au ciel
On sourit de félicité
Avec ce rythme divin dans la peau
Qui nous entraîne de son miraculeux tempo
Par-delà le Vrai
Par-delà le Bon
Par-delà le Beau
Au-delà de l'Idéal
Dans cette contrée sensorielle
Surréelle
Ignorée de l’injouissance —
Dans la présence-absence immense de l’Immanence




Plus tard, j’accentuerai la chance
En poussant toujours plus loin l’huis de l'Ouvre-Ciel
Ce qui aura pour conséquence
Le déchaînement hallucinant
De notre jouissance surnaturelle




Et lorsque nous reposerons enfin
Bienheureusement anéantis dans le Sans-Vouloir
J’apercevrai dans un brouillard
Sur votre beau visage endormi
Mon bel amour —
Comme toujours
Un extraordinaire sourire d'extase et de ravissement…


(Sans pouvoir voir le mien
Évidemment —
Mais en ne ressentant que lui…
Éperdument… )




III


Symphonia harmoniae caelestium revelationum
(Symphonie de l'harmonie des révélations célestes)


Le contemplatisme monacal c’est :
L’amour du silence
De la musique
Du chant
Et de l’abandon amoureux
Au silence
À la musique
Au chant
Avec finalement
Une immersion dans l’Outre-Ciel
Toujours ici présent




Le contemplatisme galant c’est :
L’amour du silence
De la musique
Du chant
Et de l’abandon amoureux
Au silence
À la musique
Au chant
Mais allié à l’amour sentimental
À la volupté
Et à l’abandon amoureux à l'harmonie des révélations célestes
De l’amour charnel
Avec, finalement,
Une immersion dans l’Outre-Ciel
Toujours ici présent




IV




À la lumières des chandelles
On prend notre brunch
En écoutant les motets de Vivaldi
Ou les chants d’Hildegard von Bingen…


L’amour est un jeu merveilleux…
Comme apprendre à jouer du violon…




Mis en page cet après-midi du 8 avril 2018, sous le regard amusé de quelques Gros-becs qui, perchés sur une branche juste derrière la vitre, ne cessent de m’observer.
(Les Gros-becs, on le sait, ont une parade nuptiale galante : « lorsqu'un Gros-bec mâle a réussi à séduire une femelle, il commence sa parade nuptiale. Le mâle hérisse ses plumes et agite ses ailes et sa queue. Ensuite sa partenaire s'avance vers lui et il commence à faire des révérences.


La parade se termine par un « baiser » entre les deux partenaires, ils collent leurs deux becs. À ce stade le mâle va chercher de la nourriture qu'il dépose directement dans le bec de la femelle. Il arrive que pendant le vol nuptial les Gros-becs se poursuivent en poussant de grands cris. Pendant cette période le Gros-bec se montre très nerveux et agressif. »


Pour les grands cris durant le vol nuptial, d’accord ; pour la nervosité et l’agressivité, c’est tout à fait le contraire.


Enfin, on appelle « ornithologues » ceux qui observent les oiseaux, mais comment appelle-t-on ceux qui, comme nous, en sont observés ? Je suppose en effet que c’est de notre observation constante et discrète que ces genres de passereaux, ordinairement si farouches, ont pris goût à venir passer leur temps juste derrière nos carreaux… )









Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018






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