Avant
Turner, les couchers de soleil n'existaient pas :
Lorsque
par hasard un gentleman en croisait un
Il
remarquait bien cet éclat de splendeur
Cette
aura d'apothéose qui tout à coup le nimbait
Mais
il en ressentait de la gêne
Et
pour la dissiper
Il
regardait le plafond
Allumait
une cigarette
Demandait
à son majordome qu'on lui apportât quelque chose à boire ou à
manger
— Ramené
de la cave ou du cellier —
Ou
encore il proposait à sa maîtresse d'aller se montrer
Aux
terrasses des endroits à la mode
Avant
Cézanne, la Sainte-Victoire n'existait pas :
Lorsque
par hasard un gentleman la croisait
Il
remarquait bien cet éclat de splendeur
Cette
aura d'apothéose qui tout à coup le nimbait
Mais
il en ressentait de la gêne
Et
pour la dissiper
Il
regardait le plafond
Allumait
une cigarette
Demandait
à son majordome qu'on lui apportât quelque chose à boire ou à
manger
— Ramené
de la cave, du cellier ou de la glacière —
Ou
encore il proposait à sa maîtresse d'aller se montrer
Aux
terrasses des endroits à la mode
Avant
les contemplatifs — galants
L'extase
harmonique et la jouissance du Temps n'existaient pas :
Lorsque
par hasard des amants les croisaient
Ils
remarquaient bien cet état de splendeur
Cette
aura d'apothéose
Dans
lequel ils baignaient
Qui
tout à coup les nimbait
Mais
— après — ils en ressentaient presque de la gêne
Et
pour la dissiper
Ils
regardaient le plafond
Allumaient
une cigarette
Allaient
chercher quelque chose à boire ou à manger
— Ramené
du réfrigérateur —
Ou
encore se proposaient d'aller se montrer
Aux
terrasses des endroits à la mode
Amants,
heureux amants, donc, qui après nous vivez…
Soyez
assurés :
Une
fois recherchés
Trouvés
Connus
et apprivoisés
Ces
magnifiques phénomènes sensualistes dont nous parlons
— Qui
seuls surpassent la splendeur des aurores boréales —
Continueront
de se répéter infiniment avec les mêmes effets
— Et
vous ne vous en lasserez jamais
Et
les personnes vraiment cultivées et accomplies en parleront toujours
C'est
même à cela qu'on les reconnaîtra…
On
s'était parfois demandé à quoi servaient les poètes
C'est-à-dire
les seuls vrais « philosophes » ?
Le
rôle du poète, on le voit, est de fonder le Monde
Et
aussi de montrer
Et
de rappeler
Ce
que les amants peuvent chercher et trouver
Autrement, les amants ne sachant, le plus souvent, pas mettre de mots
Autrement, les amants ne sachant, le plus souvent, pas mettre de mots
Sur
ce qu’ils vivent
Le
laissent faner
Ou
surtout trop peu sûrs d’eux
Le
laissent filer…
La carte au trésor…
Recevez,
Madame, Mademoiselle, Monsieur, l'assurance etc.
Voilà ce à quoi nous servons —
Voilà ce à quoi nous servons —
Le
14 juin 2017
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017
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