dimanche 12 novembre 2017

L'Homme-Dieu








Hier soir, même mes aïeules sévères,
De leur mur, semblaient me sourire.

Aujourd'hui, on tombe dans les bras l’un de l’autre
Émus en écoutant Les sonates de Manchester
De Vivaldi
Interprétées par Fabio Biondi

Émus aux larmes
On se remercie
Sans un mot
Sans bruit —
De se permettre
De s’être depuis toujours permis —
D’être et de rester sensibles
Toujours davantage —
Au divin de la vie
À la Volupté
À la Beauté
À la poésie —
D’avoir trouvé
« Ni vin ni fumée » —
Loin des paradis artificiels
Qui
Pour vous, pour moi —
L’auraient embrumé
Le Paradis de la sensibilité
Un paradis pour ainsi dire naturel
Ce seul trésor à rechercher
Cette sensitivité retrouvée
Qui
Aussi bien dans la jouissance de l’amour charnel
Que face au miracle
Invu
Invécu
Inouï
Du monde
Ici, dans sa grâce pastorale habituelle —
Littéralement nous ravit
Nous laisse dans ce saisissement muet
Extasiés
Interdits —
Indifférenciés de la divinité retrouvée de la vie
Expérimentant ce qu’un malheureux mais lucide injouissant moderne
Énonçait ainsi :
« Dieu [est] en tiers dans l’affaire de l’amour humain »
Dieu
Ce silence merveilleux de l’esprit
Ce bienheureux mutisme de béatitude mystérieuse
Dieu
Ce que nous sommes toujours
Et qui n’attend jamais rien que de nous offrir à nous-mêmes


Dieu
Ce qui se jouait hier dans notre extase, nos baisers et nos ris
Et qui s’offre ici par le violon de Vivaldi


Héloïse, je vous aime —









Le 12 novembre 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017