samedi 22 février 2020

Des âmes comme les nôtres…











 Poésies III



Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 









La cuirasse caractérielle et la névrose font tout, jusqu’en amour.


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Il y a peu d’amours gracieuses, il y en a beaucoup de grossières. Cela a toujours été ainsi ; les hommes et les femmes se piquent rarement d’être aimables mais plutôt d’être indifférents : c’est la mode, qui procède — et tente de prévenir — des déceptions.


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Le particulier du moment c’est que la raison ne rougit plus des penchants dont elle ne peut rendre compte.


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C’est la preuve d’une âme aigrie lorsque l’on veut toujours corrompre, par l’ordurier, ce qui est estimable : les âmes épanouies respectent naturellement tout ce qui est digne de leur estime.


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Il n’y a guère de gens plus aigris que ceux que l’amour a toujours ignorés.


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Le libertinage idyllique fait peu de fortunes.


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Il est faux qu’on ait fait fortune, lorsque l’on ne sait pas jouir : un homme n’est vraiment riche que de l’extase amoureuse.


 
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La gloire de l’amour fait la grande fortune de la vie.


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Les hommes aiment si peu l’amour, la poésie, qu’ils ne se trouvent pas ridicule d’aimer l’argent.



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Nous sommes aussi indifférents au mépris des sots festifs, qu’à l’estime médiocre que nous concèdent les gens d’esprit.


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Il est parfois difficile d’aimer quelqu’un comme il veut l’être.


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L’immodération des petits hommes ne débonde que leurs vices.



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Si la gloire et si la fortune ne rendent pas les hommes heureux, ce que l’on appelle le monde mérite-t-il nos regrets ? Des âmes comme les nôtres daigneraient-elles accepter ou la fortune, ou la notoriété, ou des positions, s’il fallait leur sacrifier la vigueur de leurs sentiments, ruiner la paix de leur discrétion et abaisser l’essor de leur génie ?
 





Vaudey

Mars 2013


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mardi 18 février 2020

Le secret des voluptueux (Tableau galant)









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LE SECRET DES VOLUPTUEUX suivi de UN










LE SECRET DES VOLUPTUEUX



Il existe une forme de l'amour charnel qui unit les femmes et les hommes, et qui ouvre les êtres à une fusion poétique, mystique avec le monde.

Les humains le savent depuis toujours.
 
Dans la vallée de l'Indus, en Chine, les humains ont su et expérimenté cela. Même sur le pourtour méditerranéen, soumis pourtant au régime de la double peine judéo-héllénique, le sentiment océanique qui découle de l'abandon amoureux de la femme et de l’homme ne s’est pas perdu, mais il est resté un secret même si Ovide l'a transmis, en le plaçant au sommet de son Art d'aimer (clic). Et, au XVIIIe siècle, La Mettrie pouvait ainsi écrire : « La volupté a son échelle, comme la nature ; soit qu’elle la monte ou la descende, elle n’en saute pas un degré ; mais parvenue au sommet, elle se change en une vraie & longue extase, espèce de catalepsie d’amour qui fuit les débauchés & n’enchaîne que les voluptueux »

W. Reich (clic), au XXe siècle, a décrit en détails la « fonction » orgastique comme on parle de « fonction » respiratoire d’après ce que ses patients lui en rapportaient.

La chose, après ses études, est devenue plus claire : il existe une « impuissance orgastique », c'est le nom qu'il lui donne, produite par la névrose (dont on connaît les formes et la généalogie) qui consolide la névrose en retour —, qui empêche cette forme poétique-extatique de la sentimentalité et de la jouissance, qui se manifeste dans ce que j'ai nommé, en détournant Rimbaud, l'extase harmonique, l'expérience partagée égalitairement et dans un même mouvement d'abandon (à cette « fonction » physiologique réflexe et implacable) par l’Homme femelle et l'Homme mâle dans l'acte de l'amour, — pour le dire comme Breton.

Beaucoup de ceux qui connaissaient ce secret ne l'avaient pas dit. Ou alors, ils l'avaient dévoyé à des fins de bonheur de petits-bourgeois de philistins, disaient, avec mépris et en pensant à Jules Guyot et à son Bréviaire de l'amour expérimental, la bande de vieux pubères pervers qui tenait l’opinion littéraire, jusqu’au mois de janvier dernier. — Remarquons tout de même la supériorité du petit-bourgeois du XIXe siècle, qui cherchait la paix et le bonheur de son foyer, c'est-à-dire au moins ceux de quelques êtres humains, sur les vieux pubères sans âge, poétiquement et mystiquement secs, qui, du haut en bas de l'échelle sociale, errent aujourd'hui partout sur la Terre, sous stupéfiants, pour satisfaire leurs pulsions d'auto-destruction ou de destruction sur d'autres pauvres hères tout aussi chimiquement stupéfiés qu'eux, et plus ou moins consentants.

Le maintien dans une éternelle puberté, torturée par ses souffrances refoulées et son immaturité stupéfiée et dont on satisfait consuméristement les pulsions issues de son injouissance —, voilà ce qu’aura été la forme moderne de l’esclavage politique et économique des 60 dernières années, dans nos contrées.

Nous, nous disons le secret des voluptueux, et nous lui donnons sa pleine dimension mystique et galante. Le fait que nous lui associons maintenant un domaine de l'amour contemplatif — galant devrait rendre cette forme de l'amour moins obscure : malheureusement, c'est dans un moment d'effondrement civilisationnel, qui risque de faire disparaître tant le domaine en question en tant qu’œuvre d'art que nos autres manifestations poétiques et artistiques, voire même le public lui-même.

Trop tard.  

Ou trop tôt.



Le 11 février 2020
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2020





 UN



Je flanibule sur nos terres
La vie
Diverse
Qui s'y explandit
Est soudain
Dans ce silence —
Mon amie


J'observe
Au loin
Comment une colonie de genêts
S'est installée sur un pan de colline
Bien abrité


Le chêne
Contre lequel, assis, je m'adosse
Me donne son énergie
En arrivant, je dormais


Et puis je me fonds
Dans le silence de ces êtres
Jusqu'à ces montagnes au loin


Le ciel
Moi
Un






Le 12 février 2020
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2020




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vendredi 7 février 2020

Nos terres poétiques









R.C. Vaudey 

Poésies III


Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 







Pour provoquer les grimaces d'un visage douloureux, l'injouissant, possédé par la peste émotionnelle et sa rage destructrice, est capable de n'importe quelle ignominie.

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Le théâtre grec et les autels chrétiens avaient donné une nécessité fumeuse à l'horreur de la malignité. La pensée analytique, au XXe siècle — grâce à W. Reich, notamment —, a donné un début d'explication à sa généalogie.

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Ce qui nous sauve dans ce monde d'atroce contingence, c'est le saisissement par la contemplation qui s'installe devant la mystérieuse complétude de chaque objet isolé, comme elle s'installe entre deux amants galamment mystiques dans la merveilleuse complétude de leur amour.

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Les seules amours durables qui méritent d’être chantées sont celles qui se nourrissent des extases contemplatives — galantes (des miracles…) partagées.

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Les vignobles de nos terres poétiques fleurissent pour des amatrices et des amateurs qui sont encore à venir.


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Écrire pour la postérité, ce n'est pas désirer qu'on nous lise demain. C'est couronner, sans rien y pouvoir, notre vie galante et contemplative, — même si personne ne nous lit jamais.





Le 8 juin 2016






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dimanche 2 février 2020

Le sujet et l'intimité












Les années 60 et 70 du XXe siècle comme redécouverte de la fonction régulatrice — pour les individus inféodés au groupe et pour les groupes eux-mêmes — de l’orgie, et la massification du phénomène nihiliste — qui va crescendo jusqu'à la fin des années 90 — par l’exploitation mercantile et l’autonomisation des pulsions qui se défoulaient dans la transe, dans les sociétés traditionnelles, mais qui y restaient contenues par le labeur et la communauté.




Donc, dans un premier temps on brise les interdits. On fait tomber les tabous. Sexualité de groupe, plus ou moins sportive et roborative. “À l'américaine”. Plus ou moins complice. Les tabous et le refoulement sont levés rapidement. Cette première “sous-couche”, relativement “récréative” qui apparaît alors sous le vernis social, laisse sourdre des pulsions destructrices et autodestructrices (que l'ancien refoulement et les anciens tabous tenaient relativement en respect) mais, dans un premier temps, de façon peu perceptible et ne faisant que colorer plus ou moins légèrement la sexualité “récréative-roborative” et relativement complice de ces débuts de libération de l'ancien ordre moral, religieux et métaphysique.
Peu à peu — et cela paraît de plus en plus clairement à la fin des années 90 et au début des années 2000 avec le développement d'Internet — apparaît, de plus en plus évidemment pour tous, un raz-de-marée — qui bien sûr s'inscrit dans un processus historique de paupérisation plus générale, d'unification de la planète et donc de la destruction d'autres carcans sociaux, relationnels, régionaux et locaux en quelque sorte — un raz-de-marée, donc, fait de la violence suicidaire et meurtrière que dissimulait encore cette sexualité “récréative” du début de la mise à bas, par les masses, par les classes moyennes des pays riches, de l'ancien ordre patriarcal religieux et métaphysique.


Ce que ne pouvaient connaître les membres des sociétés esclavagistes patriarcales-marchandes, (condamnés, au mieux, à l’orgie saisonnière ou élitiste) c'étaient le sujet et l'intimité. Le sujet et l'intimité, ces inventions du monde chrétien qui, avec son apparition dans l'histoire, commencent un long voyage historique vers le point central de la conscience individuelle et sociale des futurs “maîtres sans esclaves”.
Le sujet et l’intimité, voilà également ce que fuyaient les jeunes révoltés (et, peut-être plus encore, ceux qui les ont suivis) des années 60/70 (les “chapelles” analytiques, politiques, religieuses : Rajnesh, Muehl etc.) redécouvrant l’eau tiède avec l’orgiastique — qui est une fonction de régulation des groupes ou des masses — et le confondant avec l’orgastique qui marque le déploiement du sujet, de l’intimité, de la rencontre, et leur apothéose.
Aujourd'hui, l'objectif est clairement d'être capable d'établir, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, de cette façon-là tout au moins, une intimité égalitaire, jouisseuse, intelligente, entre les sexes jusque-là opposés, entre les hommes et les femmes.
La mise en avant de la sensorialité, le retour aux sens, ne peuvent se comprendre que comme cela.
L'ancien mouvement de révolte contre l'ordre patriarcal ancien, lui, s'est attaché à des versions souffreteuses, nihilistes et mécanistes du corps (la “plasticienne” aux implants, l'espèce de crétin avec sa machine à merde etc.) : le préhumain contemporain lorsqu'il désire dépasser l'ancien ordre patriarcal ne fait que dévoiler la misère que cet ordre a produite chez lui.


La réalisation de l'intimité, le dépassement de cette “défaillance de la faculté de rencontre” dont parlait Debord, citant Gabel, dans La société du spectacle, voilà le propos de ceux qui se veulent post-analytiques, post-économistes et post-idolâtres.


Les sensualistes défendent donc une idée de l'art, de la littérature, de la poésie, de l'aventure, de la philosophie, du libertinage totalement en rupture avec celle que l'on défendait, diversement, jusque-là. Avec la figure du Libertin-Idyllique nous mettons en avant un individu qui s'abandonne tantôt aux fulgurances poétiques, tantôt aux fulgurances philosophiques, tantôt aux fulgurances artistiques, — picturales ou autres — tantôt au farniente, et qui place, au cœur de tout cela, l'intense volupté, le jeu voluptueux, comme voie royale à l'ouverture poétique du Temps. Ce qui signe la fin des râteliers philosophiques, des râteliers des « arts plastiques », des râteliers littéraires, c'est-à-dire aussi celle des écrivains spécialisés, des philosophes spécialisés, des poètes spécialisés, des débauchés spécialisés, et marque l'apparition des voluptueux, héritiers du poète courtois et de l'« honnête homme », qui dans l'art, dans la philosophie, dans la littérature, dans la poésie, dans la peinture, dans les arts plastiques, dans la réflexion philosophique déploient ces fulgurances nourries à la source de leur jouissance puissante et voluptueuse du Temps.


Fin historique des besogneux (bien sûr, ils demeurent, avec l'époque qui les porte et qui n'est pas prête de s'achever, et leurs activités avec...) et apparition des voluptueux qui comprennent l'art amoureux comme fin et moyen de la construction des situations. On se situe d'une certaine façon dans le monde, on essaie d'organiser, autant que faire se peut, son temps autour de l'amour, de la volupté comprise ici comme voie royale vers les beaux-arts, non seulement les beaux-arts amoureux, mais les beaux-arts en général, les Lettres, la poésie, la philosophie.
Le dépassement du préhumain contemporain implique l'apparition, dans le cours de ce millénaire, d'un individu à la fois plus léger et plus profond, qui puisse se jouer de tout ce qui s'offre à lui.
Sans nier les notions d'apprentissage dans l'exercice des différentes formes d'expression de la grâce physique, intellectuelle, poétique, nous sommes cette volonté qui veut la recréation du monde, des situations et des caractères par un Homme puissant et léger, relié et profond, voluptueux et contemplatif, et la disparition des lourdes bêtes “cagotes”, “philosophiques”, “poétiques”, “littéraires” et “artistiques” etc. d'aujourd'hui, toutes lourdement marquées par la haine, la volonté de détruire ou de se détruire, le ressentiment, les ruminations compulsives et les projets vengeurs et “méphitiques” de l'analité sadique, le désespoir, toujours à la recherche d'un bon maître, de l'oralité dépressive, les fanfaronnades sadiennes, guerrières et conquérantes, phalliques-narcissiques, le goût “explosif” pour la souffrance du masochisme, la folie histrionique, totalement déconnectée de ce qui profondément la sous-tend, parfaitement inconsciente et donc parfaitement adaptée à ce stade du spectacle marchand, de l'hystérie.


Nous avons posé les bases, pour le grand public, dès la parution du Manifeste sensualiste, d'un stade supérieur du jeu de l'autocréation humaine.








Avant-garde sensualiste 4. Recueil littéraire et artistique. Juillet 2006/Mai 2008