Si
l'on voit bien comment, du point de vue d'une aristocratie du sang,
de la terre – pour tout dire de droit divin – on a pu, et on
peut, légitimement, considérer Casanova comme un vulgaire
haut-le-pied, et si l'on voit bien comment, de ce même point
de vue, on peut considérer Kerouac comme un quelconque va-nu-pieds
et un représentant, particulièrement misérable de « la culture
du pauvre » (que l'on nomme pop-culture lorsque l'on y est favorable
ou que l'on en participe), on voit mal de quel point de vue on peut
qualifier Kerouac de « loser », de perdant, fût-il
magnifique.
Si
un homme a pu écrire – et vivre, par-dessus tout – ce qu’il
nous donne à lire sur l'amour, n'est-on pas en droit de le voir,
sinon en passant (considérable) – pour reprendre le mot de
Mallarmé à propos de Rimbaud –, au moins en triomphateur : de la
misère poétique générale des rencontres et des existences ; des
esprits et des plumes standardisés qui les traduisent.
Il
faut juger de la qualité des hommes par la hauteur des vagues
(amoureuses ou océaniques) qu'ils prennent, et par le courage, la
persévérance et la grâce qu'ils montrent à le faire ; et non par
la façon dont ils échouent, finalement, sur la grève.
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