dimanche 5 mars 2017

Le sylphe contemplatif — galant et observateur, conte anti-moral, dédié à la confrérie très moraliste des Auteurs sensualistes, et Compagnie…










Héloïse Angilbert
Tapis volant
Œuvre numérique. 2003




J'aime et je jouis
Comme un homme de vingt ans
Bien mieux même —
Et j'ai l'âme plus fraîche encore
Que je ne l'avais à cet âge-là…


J'écris cela parce que je le peux


Parce que c'est ce que je ressens



Ce que ne peuvent plus faire
Depuis bien longtemps
Ceux que je vois
Jeunes ou vieux –
Être des morts-vivants… —


Je sais que ce miracle
Est une bulle de savon
Dans la tourmente du monde
Comme le sont d'ailleurs tous les êtres
Toutes les choses
Que nous voyons


Je bande comme un taureau…
Interminablement
J'éjacule comme un geyser…
Dans la jouissance…
Lorsque votre ventre s'ouvre en sphère…
Pulsatilement …
Je vous inonde à pleines eaux…


Qu'y faire !
Demain je pourrais tout aussi bien être tout roide en terre
Ou pire


Nos rires et nos soupirs
Avaient ouvert le bal…
Cet anéantissement
  Maintenant
Est une renaissance… 
Demain nos embrassements seront faits de silence
De contemplation et d’endormissements

Voilà

J'aime et je jouis
Comme un homme de vingt ans
Mais si j'ai toujours les avantages de cet âge
J'en ai aussi les inconvénients :
Nos voitures et nos toitures ont cinquante ans
Nos chemins creux ne mènent heureusement nulle part…


Bref, tout est à commencer
Dans cette pauvre chartreuse
Où s'explandissent nos amours bienheureuses
Et où
Entre parenthèses —
Personne
Nulles parentèles
Nulles fréquentations —
Ne vient jamais troubler notre aise


Ainsi à n'aimer que l'amour et la contemplation
Vivons-nous toujours une bohème… 
Châtelaine… 
Faite d'amour et d'eau fraîche
— Comme nos cœurs et nos âmes — 
Et cette bohème est tout ce que l'on aime… 
 
J'écoute et je regarde les colombes
S'aimer dans mes bois
Juste devant moi
Et ses Voix humaines
 
Lui et moi
Avons cherché et trouvé
Une véritable voie humaine
 Et su que la vraie noblesse ne paraît pas
Et méprise ceux qui montent sur scène
Qu'ils soient de la plèbe d'en-haut ou de la plèbe d'en-bas

Ne paraîre jamais parmi les mondains, les courtisans, bref, les rats
La fraîcheur et la grâce sont à ce prix-là





 
 
 

Le 4 mars 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017