mercredi 30 novembre 2016

Le plus beau jour du monde
















Le plus beau jour du monde
Est un jour de novembre
De deux mille seize
Où l’ardeur de l’amour a pris considérablement ses aises
C'est un jour sombre et gris de brouillard
D'où émergent les taches de couleur
— Étonnamment jaunes
Ou rousses —
Que font les feuilles des arbres
Dans l’ensauvagement du parc
Où se détache aussi une fleur bleue


Bien sûr, l'uniforme de la chape de misère
Habille et écrase ordinairement le monde
Qui
Partout
Brûle
Gronde
Parade
Tue
Et chasse...
Se défonce et « « plane »
Et c'est un jour pour tous dérisoire
Comme ils le sont presque tous
Pour presque tout le monde


Pourtant
Ici
Nous sommes baignés par une incroyable lumière
Qui irradie encore
De la passacaille canaille
Où vous jouiez hier
Un solo d'une telle beauté
Que s'en était à gronder de joie
Et à pleurer
Moi
Sous vos virtuosités
Tout fier caressant
Immobile quasiment
Et pourtant
Au moindre mouvement
Bouleversant
Tout le concert


Vos []
Qui me font sentir la douceur de votre cœur
Votre maestria…
Quand je caresse vos bras

Je vous aime pour la beauté de vos ardeurs
Leur grandeur
Dans une époque
Qui les mépriserait
Si elle les connaissait...
Je vous aime pour votre féminité
Pafaitement endivinisée
Majestueusement déployée
Dont rien ne passe la merveille


Dans le somptueux allegro final
J’ai mené le bal
Et donné le tempo
Mais pour finir
Vos hauts cris
Étaient ce que j’ai entendu de plus beau
Auxquels se mêlaient mes plaintes mâles


Nos douceurs étonnées
Au réveil
Après


Le plus beau jour du monde
Est un jour de novembre
De deux mille seize
C’est le jour auquel
Depuis toujours
Le monde voulait en venir
Et après lequel
Il pourrait tout aussi bien finir
C'est un jour de merveille
Et de formidable aise


C’est un jour beau
Comme on ne peut pas le dire









R.C. Vaudey

Le 30 novembre 2016

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016






.



.