mardi 3 décembre 2013

DES DÉLICES IL Y EN A MILLE…







Des délices il y en a mille
Mais le plus enchanteur peut-être
Celui qui comble le plus parfaitement l'être
C'est
Au réveil du sommeil d'amour —
De rester l'un contre l'autre
Enchevêtrés
Et sans pouvoir rien dire

C'est encore
Lorsque
Quelques heures après
Ayant regagné notre couche
Sous les voiles
Et croyant pouvoir dormir
On reste emmêlés d'amour
Sans paroles
Ma main insérée dans la vôtre
Nos doigts croisés
Votre sexe contre ma cuisse
Éparpillés et conjoints
Sans rien dire
Sans pouvoir dormir
Absolument pleins
Du sentiment souverain

Le sentiment souverain
Il caresse mon âme
Qui
Brave
Ayant souvent exploré sa folie
Le mérite et le savoure bien

Le sentiment souverain
Il caresse votre âme
Qui
Brave
Ayant quelquefois
Elle aussi
Croisé sa folie
Lorsque par exemple disparurent ceux qui vous étaient chers
Et que se débondaient chez ceux qui restaient
Soit la haine
Soit la folie
Soit les deux —
Elle aussi
Le mérite et le savoure
Bien

Le sentiment souverain
Vous et moi
Il nous enlace
Il alanguit nos corps
Il nous laisse sans paroles
Les yeux ouverts dans la nuit
La nuit du monde et des zombies —
Il nous garde
Insouciants émerveillés et pleins
Comme les grands primates amoureux que nous sommes
Il est la chance et la tendresse
L'abandon et la délicatesse
Au-delà de la folie du monde
Et de la nôtre aussi
Il nous tient éveillés
Dans l'étonnement du monde







Le 6 novembre 2006.



Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2006







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