jeudi 30 janvier 2014

L'hacienda...




C'est l'incroyable intensité de la sensation
Le jeu dense heureux
La plongée profonde
Dans le bouillant corps du Temps


L'amour nous va si bien...
J'aime définitivement comme étant le sens même du monde et de la vie cette immensité de draps blancs de caresses chaudes de happements de bouches brûlantes de désir le fouissement profond puissant raffiné délicat emporté de l'extase même de la vie la danse intense l'aspiration au grand jeu l'enthousiasme cosmique

Si quelqu'un doit bien chanter cela j'en accepte sans rechigner le rôle

Lorsque je regarde en héros de mon ermitage de colline le monde confus et agité et ce qui motive en général les hommes je les trouve bien castrés

C'est une sensation chaude entre les jambes le sexe gonflé la poitrine chaude et large les mains bien à plat posées chaudes et larges c'est la connaissance calme pour l'heure sous-jacente le souvenir calme et chaud des délices de l'amour du bonheur des dames et de la grâce divine que nous nous faisons de la vie

Rien d'autre

Les jardins chauds de l'hacienda le vert des palmes la source au bassin la beauté de vivre

Lorsque je regarde en héros de mon hacienda de ses collines le monde en bas agité et confus et ce qui motive en général les hommes je les trouve bien castrés

Combien sommes-nous dans le monde dans cette chaude et puissante maturité amoureux et aimés sans intérêt pour le monde agité à vivre dans nos haciendas retirées les extases divines de la virilité de la féminité mélangées réalisées

L'hacienda... Nous l'avons trouvée

Combien sommes-nous dans le monde à rien d'autre d'intérêt sans autre maître que nous-mêmes combien sommes-nous à ne compter que des délices de la volupté et combien sommes-nous à diagnostiquer le monde de cette grâce extasiée

C'est une grâce féline et chaude d'homme la maturité les culbutements heureux-ardents de l'amour ou ses extases en arrêt

C'est l'homme vrai sans maître sans respect l'homme vrai sans situation le chaud libertin idyllique vénitien l'ardent amant des draps blancs le doux le puissant le caressant

Qui regarde en héros le monde agité et confus le trouve bien castré









R.C. Vaudey



Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2002-2005



in Avant-garde sensualiste 2
Janvier/Décembre 2004



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jeudi 23 janvier 2014

La chair est glorieuse — et galamment contemplative —, Stéphane, et qu'importent les livres...














BEAUTÉ SURRÉELLE




Dans la voile blanche qui bat
Dans le bleu absolu d'un ciel que l'on dirait crétois
Et dans le vent
Qui file sa course
En riant
Sur les landes
Les vergers et les bois
Écrasés de chaleur
Bienheureux
Je nous revois
Amoureux et en joie
Pleins de délicatesse
Moi
Explorant vos sous-bois
À la recherche de la source
Qui ne tarit pas
Qui s'épanche entre vos hanches
Merveilleuse sans cesse
Et comme un printemps
Qui toujours se répand…
Vous
Caressant le fût même de l'Être
Comme on caresse la vie qui se déploie
Avec ce ravissement et cette ivresse
Qui fait que l'on ne peut attendre…
Que l'on n'attend pas…

Je me re-sens
Tendre
Éperdument
Vous pénétrant
Serrée et dense
Onctueuse et douce
Comme un miel —
Vous ouvrant
Au surréel
À la danse
Dans les exclamations et les gémissements
Tandis que je pousse
Les portes de la Joie
Que nous créons à cet instant-là…

 Je reparcours le monde
Que nous faisons exister
L'envoi de moi du ciel
Vous ouverte aux nues
Comment se croisent ensuite vos jambes
La sensation et la douceur
Surnaturelles
Dans ce mouvement-là
De votre entrejambe
Que je façonne
Et qui m'aspire
Dans nos soupirs
Délicieuse beauté vivante
Comme adhérente
Si douce et si sensible
Préhensible —

Et puis comment
À genoux
Derrière vous
Je reçois
Les grands goulus baisers de soie
Que me fait tout votre être
Comme une voile qui bat
Qu'un peu trop extatiquement
Peut-être
Je savoure
Les yeux clos
Bras au ciel
Jusqu'à ce que votre main sur ma cuisse
Me rappelle
Au tango
Aux mouvements des délices…

Je me souviens
Enfin
Du déploiement
Divin
Onctueux et clonique
De nos deux êtres
Jouissant
Extatiques
Et
« Dans l'onde nous devenue
Notre suprême jubilation nue »…

Et je nous revois aussi
Le soir…
Après nos sommeils d'extase…
Alanguis…
Sans phrases…

Aujourd'hui
Dans la voile blanche qui bat
Dans le bleu absolu d'un ciel que l'on dirait crétois
Et dans le vent
Qui file sa course
En riant
Sur les landes
Les vergers et les bois
Écrasés de chaleur
Bienheureux
Je nous vois
Amoureux et en joie…
Comme il se doit


 



Le 5 août 2013



Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2013




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vendredi 17 janvier 2014

Play it again, Sam







AVERTISSEMENT




Les pages qui suivent — il s'agit d'un détournement de 2014 — contiennent des textes explicites.
Choquants, dans ce moment de l'Histoire que nous vivons...

Il peut paraître inconvenant — dans un temps où les individus doivent faire face sur tous les fronts de la vie historique, et le faire le plus complètement et le mieux possible — de refuser, si totalement, tout, du monde ; de dédaigner, à ce point, d’avoir sa “main” dans un siècle
aussi nécessairement
à mains”.
Ceux qui pourront faire quelque chose de cela
la vie poétique est toujours possible —
se reconnaîtront.
Les autres ne devront pas en tenir compte.





R.C. Vaudey. Poésies III




Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste — ou, parfois, il garde tout...




Un Philosophe regarde ce qu’on appelle un état dans le monde, comme les Tartares regardent les villes, c’est-à-dire, comme une prison. C’est un cercle où les idées se resserrent, se concentrent, en ôtant à l’âme et à l’esprit leur étendue et leur développement. Un homme qui a un grand état dans le monde a une prison plus grande et plus ornée. Celui qui n’y a qu’un petit état est dans un cachot. L’homme sans état est le seul homme libre, pourvu qu’il soit dans l’aisance, ou du moins qu’il n’ait aucun besoin des hommes.



Amants, heureux amants, voulez-vous voyager?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.


Je pèse mes mots. J'enquête pour vous.
Le sel de la vie c'est de jouer
Avec ceux qui savent rester eux-mêmes


JEUNES GENS, JEUNES FILLES
Quelque aptitude au dépassement, au jeu
Et à l’amour abandonné
Sans connaissances spéciales
Si intelligents ou beaux,
Vous pouvez donner un sens à l’Histoire
AVEC LES SENSUALISTES.
Ne pas téléphoner ; ne pas se présenter.
Vivez, aimez, écrivez, créez.






Le 16 janvier 2014





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mercredi 15 janvier 2014

Avertissement





AVERTISSEMENT


Les pages qui suivent contiennent des textes explicites.
Choquants, dans ce moment de l'Histoire que nous vivons.
Il s'agit d'un collage “programmatique” de 1987 qui résumait les années précédentes et donnait le ton de celles qui suivraient.
On voit où cela a mené.
Il peut paraître inconvenant — dans un temps où les individus doivent faire face sur tous les fronts de la vie historique, et le faire le plus complètement et le mieux possible — de refuser, si totalement, tout, du monde ; de dédaigner, à ce point, d’avoir sa “main” dans un siècle
aussi nécessairement
à mains”.
Ceux qui pourront faire quelque chose de cela
la vie poétique est toujours possible —
se reconnaîtront.
Les autres ne devront pas en tenir compte.



 

Collages 1987








Avant-garde sensualiste 2

Janvier / Décembre 2004



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dimanche 12 janvier 2014

Par-delà les époques, les guerres et les Hommes passent mais...








LA MAGIE DE L'AMOUR...



Visiblement la magie de l'amour
Nous caresse de ses charmes
Qui nous a pris
Tels que nous étions
Épuisés et tendus
Dans cette ambiance générale
« Cataplysmique »
(Qui vous fait comme un cataplasme de cataclysmes) —
Et qui nous a laissés
Allègres et pimpants
Tout plaisantants
Riant
Comme des canailles
De je ne sais plus quel aspect méphitique du monde
(Qui n'en manque guère)
Il s'agissait je crois
D'un aspect assez gai
Si l'on ose ainsi dire
De la nef des fous du monde actuel —
Considérant joyeusement notre bonne étoile
Qui
Dans la meute hystérisée des chiens de guerre
Échappés du chenil du vieil ordre patriarcal
Qu'ont détruit
Les libertins roués
Et les usuriers
Et tous ceux qui
Pour une raison ou une autre
N'y aimaient pas leur place —
Qui aujourd'hui se déchirent et se battent
Comme une meute sans maître
Avec les libertins roués
Et les usuriers
Et certains de ceux dont on a dit
Qu'ils cherchaient une place —
Qui les manipulent et les excitent
Pour les faire servir dans des guerres que chaque groupe
Pour son propre compte —
Mène
Et qu'ils déguisent sous des formes
« Économiques »
Pour les faire passer
    Alors qu'elles ne sont que la manifestation de leur misère spécifique
    D'injouissants embrigadés —
Considérant
Donc
Joyeusement notre bonne étoile
Qui nous a fait nous rencontrer
Et découvrir et explorer ces territoires
Tout à la fois neufs et archaïques
De la délicatesse et de la puissance
Réciproques et partagées
Dans les mouvements sublimes-subtils
Des grâces corporelles et sentimentales
Et dans la jouissance paroxystique-harmonique
Et l'abandon poétique
À la jouissance de l'Être
Qui
Dans les époques précédentes
N'avaient pu occuper
Ni les maîtres
Ni les domestiques
Ni les serfs
Ni les usuriers
Qui
Les uns et les autres
N'en avaient ni le temps ni le goût
Et
Pour tout dire
Avaient d'autres choses à faire
Et que tout ça
Pour lequel ils n'avaient pas été pensés –
À vrai dire
Dégoûtait —
Et qui
Dans l'époque actuelle
En ring où s'affrontent
Des valets sans maîtres
Des serfs encore plus serfs
Des usuriers encore plus usuriers
Passe pour le dernier degré
Du ridicule et de la débilité…
Considérant
Donc
Joyeusement notre bonne étoile
Qui nous a menés l'un à l'autre
Pour découvrir cet art qui est le nôtre
Si particulier
Seul résultat désirable
De ces guerres insensées et déchaînées
Nous riions
Au souvenir de nos ébats
En disant qu'une avant-garde comme la nôtre
N'était pas près d'être rattrapée
Ni même retentée…

Dans l'instance d'une pénétration intense et caressante
Les bras levés vers le ciel
Ou prosternés comme pour le remercier
Dans l'ondulance lactée
D'un abandon gourmand
Ardent et désarmé
Dans une étreinte immense
Noyée dans une débordance
Convulsive-éperdue-abandonnée
Nous avions fait tourner la chance
Et refait le monde
Retrouvé sa vibration-danse
Celle qui
Quoi que fassent les Hommes
Ne cesse de l'animer
Et nous en étions ressortis
De nouveau ressuscités
Ce qui
Il faut bien l'avouer
A de quoi provoquer les rires et les alanguissement enamourés

Pour finir nous disions :
Par-delà les époques
Les guerres et les Hommes passent
Mais
Le puissant mouvement poétique du monde
Et ceux qui le font être
Et savent le goûter
Restent…

Ce que tout un chacun
Pourra à son tour vérifier...


Le 11 décembre 2011





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jeudi 9 janvier 2014

Au pied du château, Héloïse Angilbert, R.C. Vaudey, Stéphane Mallarmé et Henri Matisse sont dans le même bateau





« Au fond je considère l'époque contemporaine comme un interrègne pour le poète, qui n'a point à s'y mêler : elle est trop en désuétude et en effervescence préparatoire, pour qu'il ait autre chose à faire qu'à travailler avec mystère en vue de plus tard ou de jamais et de temps en temps envoyer aux vivants sa carte de visite, stances ou sonnet, pour n'être point lapidé d'eux, s'ils le soupçonnaient de savoir qu'ils n'ont pas lieu. »

Lettre de Mallarmé à Verlaine, du 16 novembre 1885 — citée dans le Manifeste sensualiste






LANGUE NEUVE


Je sais
Ou j'ai enfin compris —
Depuis vendredi dernier




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