mardi 9 octobre 2012

LE DOMAINE DES AMANTS...





En équilibre
Sur le toit
Je parfais son étanchéité


Dans la contemplation des monts
À l'horizon
Je rafistole les tuiles


Dans la pure beauté de cet après-midi d'automne
J'enlève les feuilles pourpres
Qui les recouvrent


Sous le bleu du ciel
Dans le soleil
La rousseur
Et la douceur 
Du monde
Je caresse
Et j'entretiens
La Maison des Amants


Les chevaux rasent la terrasse
Et les prés
Les chattes
Elles –
Chassent


À l'écart des voies navigables
Et des grands axes routiers
Bien caché et inaccessible
Dans les petites collines qui dominent la plaine
Sur six cent cinquante mille mètres carrés
S'étend
Le Domaine des Amants
Avec sa grande luxuriance abandonnée
Retournant à sa richesse spontanée


Nous, c'est plutôt dans la luxure riante et abandonnée
Que nous retournons à l'opulence originelle
Quand
Dans la chambre des extases
Nous nous étendons
Comme nous le faisions hier –
Dans notre grand lit d'amants
Pour nous aimer
Avec d'infinies largesses
De grandes délicatesses
Une somptueuse tendresse
Et
Toujours
Ces pulsations et ces ondulations
Enchanteresses et enchantées


Profondément
Par nos ardeurs
Nous cherchons
Toujours
À joindre nos cœurs
Qui sont pourtant déjà abouchés


Magiquement
Par la ferveur de vos fugues
Et ou – parce que je maintiens fermement
Au plus profond
L'accord
Nous les sentons
Alors
Se joindre et s'embraser
(Je sens d'ailleurs à cet instant leur pulsation accordée...)


Délicats bien que nous soyons
De l'exaltation au dernier degré
Nous reprenons le mouvement
(Après les grandes présentations
Qui ont toute la solennité
De ce qui suit l'insensé
Et qui précède l'illuminé...)
Qui toujours nous mène
Là où nous voulions aller...


Je ne suis pas un peintre
Je ne suis pas un lettré
Vous-même ne pratiquez la poésie de l'art
Que pour chanter l'amour qui vous caresse
Et que vous caressez


Nous sommes seulement des hobereaux de l'art d'aimer
Qui
Loin de la caste des usuriers et des marchands
De leurs esclaves
De leurs artistes
De leurs propagandistes
De leurs guerriers
Et de toutes leurs passions mauvaises déchaînées –
Dans la Villa des Amants
Ou près des falaises et sur les plages
Peignons et chantons
L'opulence originelle
Et la pulsation des cœurs
Dans l'amour accordé...





Le 18 octobre 2011.







Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2010-2011