LE
SECRET
Dans le ciel changeant du temps
Qui
court comme dans les nuages le vent
Nous
nous aimons…
Un jour, c'est le printemps…
Qui
nous cueille avec son soleil
Nous
éparpille
— Muets
—
Dans
la beauté de son bleu
Et
déploie ses merveilles :
Véritable
tapis de violettes
— Qui
nous enivrent et nous étourdiraient
Si
nous pouvions encore parler…
Ou
bien penser… —
Jaillissement
des primevères
Partout
dans les vallons
Sur
les petits coteaux de terre
Et
jusque qu'entre les vieilles marches de nos escaliers
— En
hiver, les primevères, où étaient-elles passées ? —
Intrépidité
des jonquilles
Qui
affirment
Frêles
et fières
— Contre
Éclipse et Grande Marée —
Que
le monde toujours renaît…
Enfin,
affleurement
Rose
et blanc
Des
délicats et merveilleux amandiers…
Bref, l'hiver est passé…
Et
moi
Pendant
ce temps
— Dans
le premier mouvement de l'amour —
Je
nous ouvre
Puissamment
Les
portes de la pure Joie
Et
puis
Pour
finir
Après
une immense danse
— Dans
le dernier mouvement de l'amour —
Je
vous ensemence
— Pulsativement
et de tout mon cœur —
Comme
un cœur qui en rythme bat
Et
dont jaillit
En
jets lourds et puissants
Un
sang
Blanc
Un autre jour, ça sent la fin du monde
— Ou
ça en donne une idée… — :
Le
ciel est immonde
D'un
sombre à vous effrayer
Un
coureur
Surpris
Sur
un petit sentier
Court
en se couvrant de la main la bouche et le nez
— Ce
qu'ici
– Ni
ailleurs –
Je
n'avais jamais vu faire… —
Tant
l'odeur
Partout
dans la vallée
Et
jusque sur les hauteurs
Est
pestilentielle…
On
ressent chez ceux que l'on croise
Dans
les agglomérations
La
haine, la peur, le fiel
Qui
électrisent et rendent encore plus mauvaises les mœurs…
Partout au sud
Le
sang coule
Et
dans d'autres vallons
Des
rêves finissent tragiquement leur course
Et on sent s'installer
La Guerre et la Terreur
Et
tout baigne
Dans
une sourde frayeur…
Mais vous
Pendant
ce temps
— Dans
le premier mouvement de l'amour —
Vous
nous ouvrez
Éperdument
Les
portes de la pure Joie
Et
vous nous aspirez
Dans
le plus merveilleux mouvement des
corps qui soit
— Par
cette danse qui n'est qu'à toi —
Dans
la somptueuse transe du Temps
Et
puis
Pour
finir cette immense danse
— Dans
le dernier mouvement de l'amour —
Vous
me constrictez infiniment dans vos velours
— Pulsativement
et de tout votre cœur —
Comme
un cœur qui en rythme bat
Et
me ramène
En
mouvements contractiles
Puissants
Et
lourds
Au
cœur même de l'idylle
Au
cœur du vivant…
Nonobstant
le monde autour
— Ou
portés par sa force jaillissante et ses atours —
Le
secret est dans l'esprit du mouvement de l'amour
Le
secret est dans la liesse…
Le
secret est dans cette joie amoureuse des amants…
Le
secret est dans l'égalité des puissances et des délicatesses
Au
cœur même de la volupté partagées…
Le
secret est dans le sentiment
Le
26 mars 2015
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2015