lundi 28 mars 2016

Suite galante












OCTOBRE





Étude




C'est d'abord la joie
Une jubilation presque enfantine
Dans ces journées dites de grands délices
De se retrouver dans la grande chambre des extases
Pour reprendre nos recherches
Sur l'amour et le merveilleux
Qui
Nous n'en doutons pas —
Nous mèneront d'ici peu
À nous fondre dans la mine
De l'or du Temps
Et de son feu


Passés les rires et nos bons mots
C'est avec une délicatesse extrême
Du bout des lèvres
Pour ainsi dire
Et puis à pleine bouche
Dans l'ivresse
Qui monte
Élégante et enflammée
Que nous commençons nos recherches
Si belles et si caressantes
Qui me débondent tant le corps et le cœur
De toute la joie et de tout l'amour du monde
Et qui pour beaucoup
Pourtant
Paraissent louches
Et à certains même
Font peur


C'est un genre d'étude
Il est vrai
Où l'on oublie tout de suite
Ce qu'on cherche
Et même que l'on cherche
Tant on est plongé
Sans délai
Pour ainsi dire
Au cœur même du sujet


C'est un genre d'étude
Lorsqu'on est favorisé —
Où les questions cessent immédiatement de se poser
Et où la solution est dansée
Ce qui ne laisse pas
Aux yeux de beaucoup
De la disqualifier —


De tout cela nous n'avons cure
Tandis que nous écrivons notre grand Traité
Sur l'amour et l'aventure
Avec comme il se doit
De grands pleins et de beaux déliés


Dans les gémissements d'amour et les soupirs
Et les exclamations irrépressibles
(Lorsque par exemple l'on trouve
Au détour de nos fouilles
Quelque pépite féerique
Qui nous laisse dans le délassement du recueillement et de la contemplation)
Nous explorons ce merveilleux filon
Qui est
On le sent
C’est sûr
Le filon du merveilleux
Qui finit par nous mener toujours
Jusqu’au grand océan volcanique
Du Temps et de l'Amour
Bien sûr
Galamment
Je vous laisse la première
Plonger
Vous suivant sans délai
Pour me dissoudre
À mon tour
Liquéfié
Dans la convulsive Beauté


Ainsi peignons-nous toujours
Sans hâte et sans attendre
Dans la joie et l'extravagante jouissance
De nouvelles cartes de Tendre
Pour ce Traité que nous faisons
De l’Art de vivre et d'aimer







NOVEMBRE





Vivre d'abord le merveilleux




Le monde est somptueux
Dans la douceur humide de novembre
Le ciel cristallin et bleu
Ses ors
La gamme infinie des roses
Et maintenant les gris merveilleux
Inondent et envoûtent l'immense palette des verts
Des terres
Des roux et des fauves
Qui font le monde fastueux


Vivre d'abord le merveilleux
Le laisser surgir et être
En être transcendé
Voilà ce qui seul importe
Quitte à n’être rien entre deux


Peindre écrire et ferrailler pour être
Qu'importe
En dehors de cette intensité vécue du prodigieux


Hier l'amour nous étreignait
D’une façon telle
Que la joie et l’éblouissement
Nous submergeaient
Étonnés
Sidérés —
Dans l'enchantement
De cette unique immense vague belle
Qui depuis le début nous portait
À la fin
Vous m’envoûtiez toujours de plus belle
Éperdument reptile et ondulante
Tandis que je vous inondais
Sans fin
Toutes hanches battantes
Tous deux amples
Follement
Dans cette joie et cette extase
Énamourée-intense
Qui semblait ne jamais vouloir cesser
Que nous semblions ne jamais vouloir ni pouvoir arrêter


Vivre d'abord le merveilleux
Le laisser surgir et être
En être transcendé
Voilà ce qui seul importe
Quitte à n’être rien entre deux


Peindre écrire et ferrailler pour être
Qu'importe
Si ce n'est porté par cette intensité vécue du prodigieux





L'amour… La jouissance… L'éternelle jeunesse…




Loin de la meute atomisée
Grand désintérêt pour la courbe des taux d'intérêt
Mais grand intérêt pour vos courbes
Et l'étau d'intérêt passionné
Voluptueux éperdument
Surtout énamouré
Par lequel
Toute comblée par l'allégresse de l'amour fortuné
Vous m'extasiiez
(Moi
À la fin
Savourant tant votre acmé
Bienheureux-oublieux d'éjaculer
Pour finalement nous submerger
Deuxième étage
Deuxième fusée
Nouveau prodige
Prolongation infinie du voyage —
Dans la dissolution-vertige
De l'amour réalisé)


De vous à moi
De moi à vous
Les bras étirés
Spontanément
Vers le ciel
Les yeux fermés
C'est la pure succion
De la vie en Éden
Finalement trouvée
C'est le pur mouvement
Chaloupé
Infiniment aimant
Enfin délié
Qui de moi
Et de vous
S'exhalent
S'exaltent
S'exultent
Comme cette richesse
Incommensurable —
De la vie
Que nous savons de source sûre
Avoir l'unique bonheur
De posséder


« Tremblement de terre »
Est le nom que vous avez donné
À ce que nous avons trouvé
À ce qui nous est venu
Tout en haut de l'échelle de Riche-Terre
Qui mène à l'immense chambre des immenses acmés
Qui nous voit nous aimer
Et à coup sûr d'une magnitude extrême
Qui nous a laissés tout troublés
Silencieux-caressants
Pendant deux longues journées


Avec la sorte de contact au monde
Que vous avez
Nous mesurons parfaitement la chance
Que représentent
Cet amour
Cette confiance
Cette aisance dans la jouissance immense
Toutes ces choses
Dont
Dans une telle époque
On ose à peine parler


Finalement tout ce beau mouvement
Que nous faisons
À l'Avant-garde sensualiste de la Renaissance
Possible d’un monde
Plongé dans une misère si généralisée
Mais surtout sensuelle-sentimentale
Convient-il (ou non) qu'il demeure un peu caché ?






Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2009







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mardi 22 mars 2016

Bruxelles, ma belle








« Il y a partout beaucoup plus de fous qu'autrefois, mais ce qui est infiniment plus commode, c'est que l'on peut en parler follement. Et ce n’est pas une quelconque terreur régnante qui imposerait de telles explications médiatiques. Au contraire, c’est l’existence paisible de telles explications qui doit causer de la terreur. »





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dimanche 20 mars 2016

Vie parfaite — Vrai printemps









Vie parfaite — Vrai printemps






Fougue de printemps
Baisers de tendresse
 De joie et d'ivresse
Vos enroulements de velours
En serpentines caresses
Votre petit pompoir incandescent
Que tout au fond l’on sent
Caressant
Et puis mes ardentes pénétrations
Votre ondulante danse intense
Comme un long baiser
Tout du long —
Spumescent
Vous étoile filante
Moi queue de comète
Jusqu'au miracle mirobolant
Comme ce merveilleux printemps
Tout autour jaillissant
Miracle de la renaissance
Excessive et intense
Que
Tout autour de nous et puis aussi en nous…
L'on sent
Nous emportant

Fougue de printemps
Et puis — la nuit —
Ma tête qui repose sur vos cuisses 
— Vrai délice  
Et les tendres caresses
Et les délicieux baisers
Des alanguissements

Vie parfaite — vrai printemps







Le 20 mars 2016


Journal d'un Libertin -Idyllique (Illuminescences






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jeudi 17 mars 2016

Sarabande, gigue et badinerie











Et de man in love (1)
Poème-collage
1987






À l’inverse du mallarméen
Le poëte contemplatif — galant a un secret :
Se dédier…
À l’abandon
À la Beauté
Et puis à son propre génie…
Le reste… le négliger

Préserver sa délicatesse
Sa délicate sensualité
Comme un Curnonsky ses papilles —
Ne pas les brutaliser
La vie s’en charge toujours bien assez —

Voilà un art
De maestro ou de diva
Délicats
Qui prennent bien soin de leur voie
Plutôt que de la maltraiter sans cesse
Il y a suffisamment de malheureux et de pauvresses
Dans cette guerre civile (si vile) mondiale généralisée… —


De cet art, Debord avait donné la clef :
Ne paraître jamais
Ne jamais fréquenter ceux qui le font… 
Quel que soit – dans le spectacle – leur rôle  
Ne jamais argumenter
 Et moins encore avec les cons… —
Banalités de base auxquelles j’ai ajouté quelques précisions :
Bannir les stupéfiants et l’alcool
Condition incontournable si l’on veut goûter 
Le sentiment océanique qu’offre l'extase d'or de l’amour 
Miracle évanescent dont on cherche l’équivalent en vain
Dans la fumée, les produits ou le vin –
Un avertissement dont il ne faudra pas tenir compte le reste du temps… —
Tenir fermement les pouffes — & ceux qui les accompagnent — à distance
Ce qui signifie pratiquement tout le monde… —
Se réserver intégralement à l’amour contemplatif — galant et à sa chance…
Breton avait dit avoir « opté en amour
Pour la forme passionnelle et exclusive
Contre l’accommodement, le caprice et l’égarement » :
Ce qui pour nous vaut toujours… —
S’y tenir très exclusivement


Cet art-là
Comme tout art lyrique —
Ne va bien qu’avec la forme particulière de notre « célibat »
Plutôt qu’avec le « métier de parent »
Cette invention pour classes moyennes – évidemment…
Dont les prémices ont à peine deux cents ans –
Soit dit en passant —
Auquel il faut sans hésitation renoncer…
Comme d’ailleurs à tout autre « métier » —
Sur ces points ne jamais déroger :
Ne travaillez jamais


La poësie contemplative — galante a un secret :
Se dédier…
À l’abandon
À la Beauté
Et puis à propre son génie…
Le reste… le négliger




Ainsi puis-je sans réserve goûter
Vos abandons et vos appels
Comme une soie guivrine
Incarnadine
Et comme la Joie immense
Dithyrambique de nos sens…

Comme cette Joie Originelle
Divine
(Une extase d’or
Je ne sais quoi —)
De notre coalescence
Qui donne naissance
Par l‘effet de l’antigravité
Des ondes et des vibrations qu’elle émet —
Quelque part
Dans l’éternel retour de l’éternité —
À un univers miraculé
Et enchanté


La poësie contemplative — galante est un secret




Le 17 mars 2016.


Petites proses en poëmes

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Et de man in love (2)
Poème-collage
1987







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dimanche 13 mars 2016

Jouissance... Dormance... Brillance...








Il y a une brillance génitale comme on parle de brillance phallique — que j’associe pour ma part au caractère phallique-narcissique.

La brillance phallique, entendue ainsi, pourrait être illustrée par le personnage ridicule du dictateur Mussolini qui aimait dire que tous les matins il brisait les reins à une femme et à un cheval. Associée à la puissance érective et éjaculatrice, cette attitude, qui n’est en fait qu’une défense, s’effondre vite — ainsi que Reich l’a rapporté (Cf. l'extrait de La fonction de l’orgasme mis en ligne). Elle peut être reproduite ou stimulée par identification au père castrateur ainsi qu’on le voit chez les adeptes des chefs plus ou moins dictatoriaux (qui peuvent être des prophètes, des hommes politiques, des chefs de guerre ou plus fréquemment encore des maîtres à penser — et parfois tout cela à la fois). Elle est comme une fantaisie d’enfant terrorisé et castré qui, en ignorant tout, imagine la sexualité comme une violence dominatrice ou une passivité soumise quand elle n’est lorsqu’elle est vraiment – c’est-à-dire rarement — qu’abandon affirmatif ardent, volupté et délices enchanteresses, ravissement mystique — finalement.

Cette hâblerie et ce chiqué de façade sont tout aussi fragiles chez le disciple que chez le maître, et dissimulent la même détresse infantile, les mêmes terreurs. Leur effondrement laisse voir cette immense souffrance sous-jacente, et peut conduire au rejet de toute affirmation, quelle qu’en soit la forme : politique, sexuelle ou théorique. Le XXe siècle a vu beaucoup d’intellectuels s’enthousiasmer d’abord pour des totalitarismes — il n’a presque vu que cela —, pour adopter ensuite des positions de retrait laissant apparaître la détresse individuelle que les gesticulations théorico-politiques premières masquaient. (Sartre finissant en bigot religieux, après l’avoir été toute sa vie en politique etc.)

La brillance génitale (oubliez les vernis mondains et autres produits laquant) procède d’un autre mouvement : elle ne s’affirme pas contre des volontés qu’elle soumettrait mais nous est donnée proportionnellement au degré de confiance et d’abandon dont nous sommes capables dans l’expérience de la génitalité qui associe puissance érective (chez la femme ((chez laquelle les corps caverneux érectiles sont sept fois plus importants que chez l’homme, ce qui explique peut-être, chez les femmes non-hystériques, les rythmes parfois différents de l’excitation amoureuse)) et chez l’homme, chez lequel la turgescence est plus rapide ((pour les raisons que je viens de dire)) et plus « visible »), qui associe la puissance érective, donc, la puissance « éjaculatrice », chez l’homme, et « sécrétive », chez la femme, à la puissance orgastique, cette capacité à l’abandon au puissant et voluptueux clonus orgastique qui, lorsqu’il est partagé dans la seule forme d’extase qui vaille, c’est-à-dire dans l’extase harmonique, fait de cette sorte d’extase ce qu’elle est : l’expression de l’abandon, de la puissance et de la joie accordés… — dans tous les sens de ces deux derniers mots mais particulièrement dans leur dimension quasi-musicale et vibratoire… d’onde d’anti-gravité appelée à résonner dans le Temps et les univers.

C’est en cela — par l’abandon à l’extase harmonique accordée par les clonus orgastiques accordés (à défaut de l’expérimenter, réfléchissez-y… ) — que la brillance génitale et la jouissance du Temps — qui la précède et l’accompagne — ne ressortissent et ne peuvent ressortir qu’à l’accord des sexes opposés.

Bien sûr, les souffrances refoulées que dissimulent les différentes formes que prend la cuirasse caractérielle — cuirasse caractérielle née du brisement des cœurs, et qui rend, comme on le sait, les corps aussi sensibles que le bronze —, bien sûr, les différentes formes de cette cuirasse rendent cet abandon, cette confiance, cette puissance et cette joie problématiques, voire impossibles, et plus particulièrement dans un environnement social, politique, historique où la destructivité fait rage.

Nos contemporains — qu’ils évoluent dans la sphère de la domination ou dans celle de la soumission sociales — sont des morts-vivants parce que la vie les a forcés à se blinder — pour le dire ainsi. Et plus ils vieillissent, et plus le cuir s’épaissit toujours davantage : l’inverse est rarement vrai.

Cette insensibilité psychique acquise, allant toujours en s’aggravant, n’a d’égal que leur insensibilité physiologique : d’où cette violence qu’ils exhibent partout, et qui ne les satisfait nulle part ; d’où ce goût généralisé pour le quantitatif — l’excès – sans succès — ; d’où leur goût pour le grand-guignolesque et les attractions de fêtes foraines (les « bêtes de foire ») en « amour » comme en « art » comme partout.

La brillance phallique, ainsi entendue, est certes affirmative mais raisonneuse, dominatrice et normative mais coupée de l’extase du monde ; elle est un des principaux produits et un des moteurs essentiels de l’ère patriarcale, esclavagiste, sado-masochiste : toujours servie, et le plus souvent manipulée, par le goût — poussé jusqu’au délire — des obsessionnels pour l’ordre et le complot (politique, religieux, financier, guerrier etc.) ; et adulée par les oralo-dépressifs, et leur besoin d’un bon père ou d’une bonne mère (par exemple, au milieu des années soixante, le trio : De Gaulle, Pompidou, la France profonde).

Elle va bien avec les singeries d’une domination de tréteaux à l’adresse d’un public de veaux — mort-nés. 
Et qui peuvent à tout moment libérer cette sauvagerie qu’on ne voit qu’aux bêtes longtemps encagées.

La brillance génitale, elle, est affirmative, certes, mais comme la joie qui la porte : c’est-à-dire sans raison. Elle est liée à l’extase du monde, à la jouissance du Temps.

Si elle donne une norme, c’est comme le font la beauté et la grâce sur les (sur)vivants : par l’attraction et la joie — encore elle — qu’elle provoque en nous (ainsi, essayons-nous, enfants, de reproduire quelque geste gracieux et beau qui nous est venu ou que nous avons vu faire à ceux qui nous serviront ainsi de modèles…).

Si elle montre un chemin, c’est comme le fait à ses compagnons celui qui a trouvé, au bout d’un interminable sentier — ou, inespérées, derrière une dune dont on ne voyait pas la fin —, une plage, des vagues…

C’est une joie fière et heureuse quand l’autre est une vanité rogue en surface et misérable au fond — ridicule et dangereuse – toujours.

Qu’on se rassure :

Le monde appartient aux obsessionnels sado-masochistes — fanatiques et organisateurs  du secret et du complot (politique, religieux, financier, guerrier etc.) — ; aux phalliques-narcissiques — qui sont le plus souvent leurs marionnettes — ; aux hystériques — qui sont de tous ceux-là les bouffons — ; aux oralo-dépressifs — de la dépendance et de la misère affectives desquels tous tiennent leur puissance. (Bien sûr, personne n’est jamais une illustration exclusive de ces catégories.)

La brillance génitale n’existe pas — ou presque : elle n’est qu’une expérience isolée et sans portée, et, aussi, une utopie poétique, post-dystopique, et comme la base de ce qui serait un monde contemplatif — galant

À bâtir sur les plages et loin des ruines que laisseront ceux dont il est question plus haut.

Rien qui ne mérite que les dominés ou les dominants du moment s'inquiètent ou s’y attardent — donc.
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jeudi 10 mars 2016

L’Originelle Beauté ou Le Charme du Temps des galantes équipées











Tandis qu'allongés
Dans les plumes et les parfums
Mélangés
On évoque Venise
On y est !

C'est un grand sentiment parcouru de baisers
Qui nous saisit alors
Rien qu'à nous remémorer
Ces heures délicieuses passées assis l'un contre l'autre
Sur notre banc
Dans le soleil de juillet
En silence
Mélangés
Perdus dans la beauté
Du vide parfait
 
Et ce malgré la grossièreté
Qui nous fait encore nous gondoler –
Des deux affreux enseignants français
Elle sèche
Lui laid
À San Giacomo dell'Orio
Abandonnés et sans pensées
Nous mangions aussi des glaces...

Une autre fois
Nous sommes sur le Grand Canal
Ou bien on revient de la plage et du Lido
Et là
Pour rentrer
On avance dans la grandeur et l'amour mélangés...

Le soir encore
On est assis
Sur les grandes pierres des Frari
On savoure des « cremino » …
Et tout est puissamment beau
Dans les jours et les soirs qui passent...

Pour que tout nous revienne
On est de retour
Aussi
Au pied des fabuleuses falaises lusitaniennes
Avec leurs plages infinies
Où je projette dans les cieux
Ma joie
Ma puissance
Ma grâce
Et mon frisbee…
En bénissant les dieux…
On plonge
On nage dans l'océan
On prend des vagues
Et on imagine Madère
Au loin...

En s’embrassant
Ainsi
Démesurément
Dans notre grand lit
On mesure de l'année qui s'achève
Le bien infini
Très émus de nos aventures
On s'étreint
Si fort et si bien
Qu'à la fin je pénètre de nouveau
Dans la splendeur et l'amour confondus
Le Grand Canal
Qui est cette fois tout serpentin
Étroit caressant et câlin
Puissant et fort
Comme un constrictor
Dont
Très remonté mais le cœur tout ému
J'entreprends la remontée…
Sans effort…

Nous nous aimons si fort...

La bouche ouverte
La langue probablement dehors
Les bras derrière la tête croisés
J'avance je danse ou je savoure
Les yeux fermés
Tandis que m'aspire et que m'inspire
Du monde toute la force et la beauté

Bien sûr nous voudrions voguer ainsi toujours
Ardents généreux et sans efforts
Au milieu des merveilles et des palais
Mais c'est sur une eau de feu
Qu'on se consume maintenant tous les deux
De sorte que
Nous finissons dans un brasier
Que rien ne semble pouvoir éteindre jamais
(Pas même l'eau de vit
L'eau de vie et de feu)
À la fin
Nous jetons les beaux cris
Qui saluent l'Originelle Beauté
Et où
Sans arrêt
Nous jouissons
Comme jamais

Ce n'est que bien plus tard
Le soir
Qu'enfin réveillés
Et un peu revenus
Nous pourrons goûter
La douceur la splendeur et tout l'indicible charme du Temps des galantes équipées  




Le 18 décembre 2011.




R. C. Vaudey ; Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2009-2011



(Première mise en ligne, le 11 mars 2012)