OCTOBRE
Étude
C'est
d'abord la joie
Une
jubilation presque enfantine
Dans
ces journées dites de grands délices
De
se retrouver dans la grande chambre des extases
Pour
reprendre nos recherches
Sur
l'amour et le merveilleux
Qui
— Nous
n'en doutons pas —
Nous
mèneront d'ici peu
À
nous fondre dans la mine
De
l'or du Temps
Et
de son feu
Passés
les rires et nos bons mots
C'est
avec une délicatesse extrême
Du
bout des lèvres
Pour
ainsi dire
Et
puis à pleine bouche
Dans
l'ivresse
Qui
monte
Élégante
et enflammée
Que
nous commençons nos recherches
Si
belles et si caressantes
Qui
me débondent tant le corps et le cœur
De
toute la joie et de tout l'amour du monde
Et
qui pour beaucoup
Pourtant
Paraissent
louches
Et
à certains même
Font
peur
C'est
un genre d'étude
Il
est vrai
Où
l'on oublie tout de suite
Ce
qu'on cherche
Et
même que l'on cherche
Tant
on est plongé
Sans
délai
Pour
ainsi dire
Au
cœur même du sujet
C'est
un genre d'étude
— Lorsqu'on
est favorisé —
Où
les questions cessent immédiatement de se poser
Et
où la solution est dansée
— Ce
qui ne laisse pas
Aux
yeux de beaucoup
De
la disqualifier —
… De
tout cela nous n'avons cure
Tandis
que nous écrivons notre grand Traité
Sur
l'amour et l'aventure
Avec
comme il se doit
De
grands pleins et de beaux déliés
Dans
les gémissements d'amour et les soupirs
Et
les exclamations irrépressibles
(Lorsque
par exemple l'on trouve
Au
détour de nos fouilles
Quelque
pépite féerique
Qui
nous laisse dans le délassement du recueillement et de la
contemplation)
Nous
explorons ce merveilleux filon
Qui
est
On
le sent
C’est
sûr
Le
filon du merveilleux
Qui
finit par nous mener toujours
Jusqu’au
grand océan volcanique
Du
Temps et de l'Amour
Où
Bien
sûr
Galamment
Je
vous laisse la première
Plonger
Vous
suivant sans délai
Pour
me dissoudre
À
mon tour
Liquéfié
Dans
la convulsive Beauté
Ainsi
peignons-nous toujours
Sans
hâte et sans attendre
Dans
la joie et l'extravagante jouissance
De
nouvelles cartes de Tendre
Pour
ce Traité que nous faisons
De l’Art de vivre et d'aimer
NOVEMBRE
Vivre d'abord le merveilleux
Le
monde est somptueux
Dans
la douceur humide de novembre
Le
ciel cristallin et bleu
Ses
ors
La
gamme infinie des roses
Et
maintenant les gris merveilleux
Inondent
et envoûtent l'immense palette des verts
Des
terres
Des
roux et des fauves
Qui
font le monde fastueux
Vivre
d'abord le merveilleux
Le
laisser surgir et être
En
être transcendé
Voilà
ce qui seul importe
Quitte
à n’être rien entre deux
Peindre
écrire et ferrailler pour être
Qu'importe
En
dehors de cette intensité vécue du prodigieux
Hier
l'amour nous étreignait
D’une
façon telle
Que
la joie et l’éblouissement
Nous
submergeaient
— Étonnés
Sidérés
—
Dans
l'enchantement
De
cette unique immense vague belle
Qui
depuis le début nous portait
Où
À
la fin
Vous
m’envoûtiez toujours de plus belle
Éperdument
reptile et ondulante
Tandis
que je vous inondais
Sans
fin
Toutes
hanches battantes
Tous
deux amples
Follement
Dans
cette joie et cette extase
Énamourée-intense
Qui
semblait ne jamais vouloir cesser
Que
nous semblions ne jamais vouloir ni pouvoir arrêter
Vivre
d'abord le merveilleux
Le
laisser surgir et être
En
être transcendé
Voilà
ce qui seul importe
Quitte
à n’être rien entre deux
Peindre
écrire et ferrailler pour être
Qu'importe
Si
ce n'est porté par cette intensité vécue du prodigieux
L'amour… La jouissance… L'éternelle jeunesse…
Loin
de la meute atomisée
Grand
désintérêt pour la courbe des taux d'intérêt
Mais
grand intérêt pour vos courbes
Et
l'étau d'intérêt passionné
Voluptueux
éperdument
Surtout
énamouré
Par
lequel
Toute
comblée par l'allégresse de l'amour fortuné
Vous
m'extasiiez
(Moi
À
la fin
Savourant
tant votre acmé
Bienheureux-oublieux
d'éjaculer
Pour
finalement nous submerger
— Deuxième
étage
Deuxième
fusée
Nouveau
prodige
Prolongation
infinie du voyage —
Dans
la dissolution-vertige
De
l'amour réalisé)
De
vous à moi
De
moi à vous
Les
bras étirés
Spontanément
Vers
le ciel
Les
yeux fermés
C'est
la pure succion
De
la vie en Éden
Finalement
trouvée
C'est
le pur mouvement
Chaloupé
Infiniment
aimant
Enfin
délié
Qui
de moi
Et
de vous
S'exhalent
S'exaltent
S'exultent
Comme
cette richesse
— Incommensurable
—
De
la vie
Que
nous savons de source sûre
Avoir
l'unique bonheur
De
posséder
«
Tremblement de terre »
Est
le nom que vous avez donné
À
ce que nous avons trouvé
À
ce qui nous est venu
Tout
en haut de l'échelle de Riche-Terre
Qui
mène à l'immense chambre des immenses acmés
Qui
nous voit nous aimer
Et
à coup sûr d'une magnitude extrême
Qui
nous a laissés tout troublés
Silencieux-caressants
Pendant
deux longues journées
Avec
la sorte de contact au monde
Que
vous avez
Nous
mesurons parfaitement la chance
Que
représentent
Cet
amour
Cette
confiance
Cette
aisance dans la jouissance immense
Toutes
ces choses
Dont
Dans
une telle époque
On
ose à peine parler
Finalement
tout ce beau mouvement
Que
nous faisons
À
l'Avant-garde sensualiste de la Renaissance
Possible
d’un monde
Plongé
dans une misère si généralisée
Mais
surtout sensuelle-sentimentale
Convient-il
(ou non) qu'il demeure un peu caché ?
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2009
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