mardi 29 mai 2018

Le Labyrinthe


















Héloïse Angilbert : Le Labyrinthe

R.C. Vaudey : Journal d'un Libertin-Idyllique

ou

Le premier Ahah ! de l'histoire de l’amour (contemplatif galant)






Héloïse Angilbert
Installation: Le Labyrinthe
(2002)
Détail









L’après-midi :
L’écrin de velours
Vers la volupté du Monde… —
Le désir dense
Qui danse
En transe…
L’exubérance…
La joie impertinente et gourmande de l’amour…



À la tombée du jour :
L’écrin de velours vert
Du velouté du monde —
Qu’éclairent
Ici et là —
Les roses…


En toutes choses :
L’extase…
Au cœur de la violence du siècle…
Dans la clôture contemplative — galante du monde



Dont pourtant le lendemain on sort …
Pour rejoindre Bach
Sur les bords de la Saône
À Lyon —
Où l’on s’enlace dans le soir sur les quais
En regardant le ciel…
Encore ivres de beauté surréelle…


Aujourd’hui, c’est Marin Marais
Dans notre clos enchanté —
Qui nous ravit de son Labyrinthe
Sous la voûte que nous font les ombelles
De fleurs de sureau
Que mouille cette pluie nourricière
Douce et chaude
Bonne et belle
Riche comme une sève —
Qu’on ne connaît qu’au printemps
Et qui gorge d’eau
Le monde
Translucide comme l’émeraude
Au cœur de laquelle nous habitons
Parsemée de fleurs
Où éclatent celles – rouges – des rhododendrons —




Le Labyrinthe de la vie
Nous en sommes sortis
En nous trouvant et en trouvant l’amour
(Hier…
Ou il y a si longtemps…
C’est selon
Le regard du monde
Ou celui de notre cœur… )


Quand je pense à ces jours
Le premier mot qui me vient à l’esprit est :
Amoureux
 Et ce qui juste après le suit
Ce sont  les ressouvenances galantes :
L’après-midi …
L’écrin de velours
Vers la volupté du Monde… —
Le désir dense
Qui danse
En transe…
L’exubérance…
La joie impertinente et gourmande de l’amour…


La tombée du jour :
L’écrin de velours vert
Du velouté du monde —
Qu’éclairent
Ici et là —
Les roses…


En toutes choses :
L’extase…
Au cœur de la violence du siècle…
Dans la clôture contemplative — galante du monde


Bach…
Sur les bords de la Saône
À Lyon —
Nos enlacements dans le soir sur les quais
En regardant le ciel…
Encore ivres de beauté surréelle…


Marin Marais
Dans notre clos enchanté —
Qui nous ravit de son Labyrinthe
Sous la voûte que nous font les ombelles
De fleurs de sureau
Que mouille cette pluie nourricière
Douce et chaude
Bonne et belle
Riche comme une sève —
Qu’on ne connaît qu’au printemps
Et qui gorge d’eau
Le monde
Translucide comme l’émeraude
Au cœur de laquelle nous habitons
Parsemée de fleurs
Où éclatent celles – rouges – des rhododendrons —




Le Labyrinthe de la vie
Nous en sommes sortis
Pour trouver la lumière…




Je vous en remercie…
Et je bénis la vie…








Le 29 mai 2018
R.C. Vaudey

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018 










Héloïse Angilbert
Installation: Le Labyrinthe
(2002)
Plan général











Marin Marais : Le Labyrinthe 
 (Tiré du Livre IV, publié à Paris, 1717)

ou

Le premier Ahah ! de l'histoire de la musique














Dans la première moitié du XVIIIe siècle, les joueurs-compositeurs français ont ébloui le public par la variété et la beauté de leurs compositions ainsi que par leurs capacités techniques. 

En 1717, Marin Marais publie son quatrième livre : une collection monumentale et diversifiée de musique pour la viole de gambe. L'une des suites les plus connues de ce livre est la Suite d'un Goût Étranger qui contient un éventail vertigineux de pièces de caractère, rappelant un "cabinet de curiosités" en littérature et en art, comme le Cabinet Bonnier de la Mosson, caché dans le labyrinthe architectural du Jardin des Plantes à Paris. La pièce maîtresse de cette suite "curieuse" est une composition audacieuse et virtuose intitulée Le Labyrinthe

Les labyrinthes étaient bien connus dans toute l'Europe depuis le Moyen Age, et entre 1672 et 1677, Louis XIV a commandé un labyrinthe spectaculaire à Versailles, composé de 39 stations basées sur les fables d’Ésope et de 333 sculptures, accompagnées d'un guide magnifiquement gravé (source : l'édition 1679 du Labyrinte de Versailles de Perrault, et Wikipedia). Comme chaque station était basée sur une histoire particulière, Le Labyrinthe a incorporé, de par sa conception, un programme narratif. 

Marais a été un pionnier de la "musique de programme", et pour son labyrinthe musical, Marais crée un ensemble brillant et évocateur de scènes programmatiques, et bien que le programme ne soit pas accompagné d'une description, comme dans son Tableau de l'Opération de la Taille, le programme de base est assez clair : une personne est piégée dans un labyrinthe, et à mesure que la personne explore le labyrinthe, la frustration et la confusion des avenues qui sont fermées sont représentées par une dissonance croissante et une complexité harmonique ; alors qu'une nouvelle voie est tracée par un ritornello en constante évolution. L'évasion finale du labyrinthe prend la forme d'une chaconne harmoniquement stable et libre d'esprit. Le travail commence en la majeur et, à mesure que le voyage progresse, le labyrinthe explore les tonalités éloignées de fa dièse mineur, do dièse majeur, ré dièse majeur, ré dièse majeur, do mineur et fa majeur, avant d'utiliser le mineur relatif, ré mineur, comme point de pivot facilement accessible pour revenir à la tonalité de début de la. 

Bien que l'œuvre soit souvent décrite comme un rondeau, la composition incorpore quelques éléments novateurs : le rondeau n'est pas simplement répété, mais transformé musicalement afin de représenter plus correctement un nouveau chemin : chaque retour au thème original commence avec le même effet d'espoir, mais dans une tonalité différente, résumant les expériences des échecs précédents pour finalement résoudre le puzzle. A cet égard, Marais emprunte aux principes italiens bien établis de la fragmentation et du développement du ritornello, mais Marais réinvente ces techniques pour s'adapter au style français. 

Aux trois quarts du parcours, à 8'03 dans la vidéo, on nous présente un remarquable moment musicologique "AHAH !" : la viole solo joue un soliloque fouillé, comme si tout à coup elle se rendait compte de la sortie secrète du labyrinthe, puis s'élance dans la chaconne finale, rencontrant peut-être un topiaire ou deux le long du parcours. Marais peut donc être provisoirement crédité du premier moment "AHAH !" instrumental de l'histoire de la musique. 

En composant Le Labyrinthe, Marais aura bien sûr été familier avec l'exemple le plus célèbre, l'histoire d'Ariane, d'autant plus qu'il avait présenté son opéra (ou tragédie en musique) "Ariane et Bacchus" à l'Académie Royale de Musique en 1696, et que le labyrinthe de Versailles était le sujet des conversations en ville. Bien qu'il existe quelques exemples de pièces de labyrinthe antérieures à 1717, en particulier dans les sources allemandes, Marais a probablement développé le concept par lui-même : avec son programme novateur et original, ses modulations inhabituelles, ses défis techniques ardents et sa chaconne brillante - une chaconne qui pourrait être une œuvre remarquable.

Le Labyrinthe est unique dans le répertoire pour instruments solistes dans le baroque.


Traduit de :



avec www.DeepL.com/Translator










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dimanche 6 mai 2018

Jouissance du Temps et Ressouvenance galante suivi de Éros et compulsion pornographique







La jouissance du Temps




Conservatoire

D’une forme contemplative galante de l’otium

À l'opposé de sa version philosophique gréco-latine, judéo-chrétienne plus ou moins dépressive. 

Pourquoi dépressive ? Cherchez la femme !

Conservatoire

D’une subsomption de l'amour courtois, c’est-à-dire d’une sauvegarde et d’un développement, dans un moment supérieur, de cette forme de l’amour.


La fin du XXe siècle et le début du XXIe étaient certainement les pires moments sinon pour faire, du moins pour rendre publique, la découverte de l'accord des sexes opposés dans l'extase harmonique, cette extase harmonique, charnelle, qui naît de la complétude génitale et qui ouvre à une autre forme d’extase post-orgastique celle-là , contemplative, mystique, que nous avons appelée la jouissance du Temps ; le tout dessinant cet amour contemplatif galant qui me paraît être ce que madame de Beauvoir pressentait de ce que produirait l’émancipation des femmes, qui devait, selon elle, voir naître entre les hommes et les femmes, « des relations charnelles et affectives dont nous n’avons pas idée ».

Je l’ai déjà noté, une lettre qu’elle écrivit en 1953, et qui a été portée récemment à la connaissance du public, me laisse penser qu’elle avait déjà entrevu, et pas seulement théoriquement, ce qu’elle prédisait dans son livre. Mais l’histoire n’a retenu que les mensonges qu’elle a soutenus avec Sartre à propos des amours nécessaires et des amours contingentes, et que la publications de leurs correspondances a révélés pour ce qu’ils étaient.

Mais c’étaient aussi des justifications théoriques qui convenaient parfaitement à l’injouissance et au genre d’emploi du temps du personnel universitaire et médiatique, amené à compenser cette incapacité, aussi bien pratique que structurelle, à déployer tant le féminin que le masculin dans un papillonnage « sexuel » d’aventures sans lendemains (que son genre de vie ((voyages d’études, tournées de conférences, séjours en résidences privées ou publiques devant apporter la matière à un nouvel ouvrage)) favorisait), alors que l’amour contemplatif galant est au contraire une suite de lendemains pleins d’aventures qui peuvent se contenter d’une seule et même chambre —, qui sont les illuminations sensualistes, poétiques et mystiques qu’il donne. Ce que nous appelons ses illuminescences.


Pour le reste, l’émancipation des femmes, contenue dans le cadre du libéralisme, s’est accompagnée et s’accompagne, dans ce moment de l’Histoire qui est le nôtre, d’une exacerbation de la guerre des sexes que chacune de leurs « revendications » envenime encore : les droits par elles acquis, les prérogatives perdues par les hommes avaient trouvé, dans un premier temps, dans la pornographie (que quelques idiotes médiatiques, désireuses de faire « boutique-mon-cul », comme on dit en Afrique, avaient cru devoir soutenir) et dans la violence des relations sexuelles de base, une sorte d’exutoire à la rage des hommes, exutoire qui en vient, très normalement, à être dénoncé à son tour, la violence en devenant par trop extrême et trop évidemment destructrice ; et même les vieilles prérogatives des « petits-chefs » (la mains aux fesses, l’injure et le mépris « sexuels » et le privilège de la « promotion canapé ») finissent par être, justement et enfin, dénoncées par des femmes qui ont par ailleurs accepté tout le reste du monde, et qui ne sont pas nécessairement de farouches anarcho-primitivistes.


Il y a donc un temps pour ceux dont la pensée et la poésie critiquent la société de l’injouissance et ceux qui la servent, et un temps pour ceux qui en sont les serviteurs, enthousiastes ou forcés. Et les bouleversements « d’avant-garde » des premiers ne sont strictement rien pour les autres.

De sorte que, vu du monde de l’injouissance, célébrer, aujourd’hui, l’accord entre les femmes et les hommes, comme nous le faisons, c'est un peu comme célébrer l'amitié franco-allemande enfin réalisée, en 1913. Je comprends que nous soyons, pour vos amis, des « ovnis »

Pour ce qui est de l’otium des Romains, ou de la scholè des Grecs, c’est Lacan qui a dit tout ce que l’on peut en dire, d’une façon définitive mais qui n’est plus politiquement correcte, lorsque dans son séminaire Le Transfert, en 1960, il a qualifié Le Banquet de Platon.

Et qu’est-ce que toute la philosophie grecque ou romaine, excepté Ovide, sinon cela. Et même celle qui a suivi ?

Toujours se voulant contemplative mais pensive, discursive donc ratée , parce que jamais galante.

La fin’amor est sociale.

Montaigne fut un temps galant, mais pas contemplatif, ou du moins si mais à la manière des Anciens, et confronté dans sa pratique de l’otium aux « chimères et monstres fantasques » qu’il entreprit de calmer en rédigeant les Essais. Il a cependant écrit : « Qu’a fait aux hommes l’acte génital qui est si naturel, si nécessaire et si légitime pour que nous n’osions pas en parler sans honte. »

Cela dit, à part Montaigne (et Sade, mais involontairement puisqu’en tant que prisonnier il n’a pas choisi son exil du monde et n’a jamais pu rechercher l’extase contemplative, mais plutôt tout son contraire), dans l’histoire de la philosophie personne ne nous entretient jamais des phantasmes qui assaillent l’injouissant qui cherche la paix dans l’otium : voilà sans doute toute la misère de la philosophie et de la recherche de la vie contemplative dans l’aire occidentale : avoir été privées, d’une part, de l’illumination poétique et mystique qu’offre la complétude génitale sentimentale dans ses extases harmoniques et post-orgastiques, et, d’autre part, n’avoir pu connaître le calme des resouvenances galantes qui caressent le corps et l’esprit entre deux prodiges amoureux, resouvenances galantes qui sont comme un jardin des délices lorsqu’on les compare à la violence et à la souffrance des compulsions, pornographiques et autres, qui, dans l’acédie, se nourrissent et des traumatismes du passé et de la misère de l’Éros. 

La complétude génitale sentimentale, tant qu’elle dure, nous sauve ainsi de la folie ordinaire des fixations pré-génitales. Ce n’est pas là son moindre charme.
 
On peut opposer à cette misère occidentale la recherche de l’illumination à travers l’érotisme chez les Chinois, telle qu’elle est exposée dans le Jeou p'ou t'ouan dont la quatrième de couverture de la traduction qu’en a fait Pierre Klossowski nous apprend que ce Jeou p'ou t'ouan « n’est autre que la quête obstinée du lettré Wei-Yang-Cheng pour aboutir, à travers l'érotisme, à l'extase spirituelle. Rien n'est moins occidental, rien n'est moins chrétien que cette littérature hors du péché, déliée de toute pudibonderie, candide dans sa crudité. La recherche de la volupté, minutieusement détaillée, ne s'y accompagne d'aucune perversion morbide. Le tendre souci du plaisir de l'autre y est toujours présent. ».

Malheureusement, le titre français, La chair comme tapis de prière, trahit aussitôt la misère de cette tentative chinoise, heureusement supérieure à l’européenne parce que «  hors du péché, déliée de toute pudibonderie, candide dans sa crudité » et ne s'accompagnant d'aucune perversion morbide mais malheureusement inférieure à elle en ceci que la sentimentalité y est totalement absente et que l’autre y est plus ou moins candidement instrumentalisé dans une recherche égotique de l’extase spirituelle et de la longévité.

La camaraderie entre noceurs revenus de tout qui est ce à quoi peut arriver de mieux l’injouissant de l’aire occidentale condamné ab ovo et de tout temps par la notion de péché, la pudibonderie et les perversion morbides qui en découlent y est remplacée par un échange de bons procédés érotiques, spirituels et hygiénistes qui ne cassent pas trois pattes à un canard mandarin.


Pour le reste, l’Europe a des penseurs : ni galants ni contemplatifs : parfois roués.

Des mystiques religieux : contemplatifs mais pas galants.

Au vingtième siècle, des propagandistes politiques plus ou moins masqués, plus ou moins manipulés : idiots utiles ou pas. Mondains, médiatiques à l’usage des foules

Nicolás Gómez Dávila, dont je me sens le plus proche parce que c’est un patricien qui n’a pas eu besoin d’un statut de littérateur ou de « philosophe » pour exister (mais dont beaucoup me sépare), me semble un pater familias de la meilleure veine mais qui a cependant écrit : « Un corps nu résout tous les problèmes de l'univers. »


Caraco, sur ces questions, fou.


Fourier, idem.

« Quelque chose s'élève avec la rencontre des femmes et des hommes. » ai-je écrit. Oui, mais peut-être seulement pour quelques-uns. Dont nous sommes.


Néanmoins, je suis heureux que vous ayez trouvé une psychanalyste freudienne qui soit arrivée au mêmes conclusions à propos de la jouissance génitale. Les freudiens, comme les médecins de Molière et les philosophes universitaires, ont un baragouin tout à fait propre à impressionner le vulgum pecus. Mais si cela peut le mettre sur la pisteFaites-la connaître à vos amies.


Disons que ce qui nous occupe, et nous éblouit, ce sont les conséquences mystiques de la jouissance génitale : le stade suivant, donc : la jouissance du Temps et les resouvenances galantes.





Avec mes respectueux hommages,





R.C. Vaudey



Le 6 mai 2018 






 
Resouvenance galante





Dans le chaudron du printemps
Inexprimable métamorphose du monde
La vie se déroule avec ses aléas et ses tensions
Jusqu'au miracle :
L'immense ouverture du sans-nom
La vraie vie soudain ici
L'ouverture absolue du sans-souci
La puissance voluptueuse folle
La danse insupportable de délice
L'envahissement total de tout votre être
Par ma masculinité
La dissolution totale de tout mon être
Par votre féminité
Votre acceptation et votre affirmation
Au delà du concevable
De votre féminité souveraine
Mon acceptation et mon affirmation
Au delà du pensable
De ma masculinité souveraine
Avec
Finalement
L’incroyable maestria involontaire de mon amour
Qui vous emplit et vous dissout —
L’incroyable maestria involontaire de votre amour
Qui m’aspire et me dissout


Aujourd’hui, l’éparpillement bienheureux de tout mon être
Au monde tout autour fusionné
Tandis que les bijoux de plume
Sur l’écrin vert de l’herbe fraîchement coupée
Picorent de minuscules graines portées par des tiges imperceptibles
Apparemment un délice immarcescible




Héloïse, je suis fou de vous





Le 5 mai 2018
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2018








 






Éros et compulsion pornographique










Poèmes-collages. 1987






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