samedi 7 mai 2016

Là où s'endanse — jusqu'à l'illuminescence — l'ἀπειρον









Dans le chaos du monde
Qui est aussi le magma
Des souffrances
Des calvaires
Des terreurs
Des haines
Des fureurs
Refoulés
Qui
En chacun
Grondent
S'effondrent
Ou se déchaînent
Immondes
Sous les diverses formes
De l'inconscience
Festivisée
Motorisée
Entechnicisée
Enreligiosisée
Pornographiée
Armée
Idéologisée
Embrigadée
Aujourd'hui
Le plus souvent
Dans le carcan
Du « laisser-faire, laisser-passer »
Fièrement revendiqué
Comme la marque de la souveraineté
Quand il n'est
Dans le sexe, le divertissement, les affaires, la guerre –
Que l'expression d'une servitude involontaire
Envers ce magma du refoulé
Fait de tout ce qui a traumatisé
Et finalement brisé
Tant les dévots du libéralisme libertaire
Que les cagots des différentes bigoteries mortifères —
(Dont les liens sont plus compliqués qu'il n'y paraît
Et au milieu des luttes desquels il nous faut accepter
Le fait d’être nés et de devoir nous déployer... )
Dans ce chaos du monde
Nous nous sommes offert
Cet oasis enchanté
De silence
De calme
Et de volupté
Et d'abandons ardents
À la Joie
De vivre
De jouir
D’aimer —
Et, finalement, surtout, d’abandons à son apogée
Qui est ce moment
Où l'on reste sans plus pouvoir rien dire
Après avoir été emportés
Transportés
Par cette force battante
Palpitante
Ondulante
Qui
Dans l'amour
Nous traverse et nous enlève
Ultra-délicate — ultra-puissante — ultra-galante
Comme elle explose dans la féerie ardente
Du Printemps et du Monde
Qui de sa sève ici nous inonde


Rêvant encore aux petits baisers
Passionnés — fougueux —- délicats
Que me faisait
Pour commencer
L'autre fois
Votre petit conin
Digne d’un dieu plus que d‘un roi —
Et comment nous n’étions plus enfin
À la fin
Que le pur mouvement céleste de l'ἀπειρον
Dans son irrépressible manifestation
Primale — tellurique — magmatique
Pour finir, au réveil, juste comme deux jeunes chats qui ronronnent
Ou deux ébahis de Beauté – incapables de parler...
Rêvant encore
De ce mirifique mouvement
Je goûte le Temps  en somme
Et j’attends avec gourmandise
Ma belle et miraculeuse Héloïse —
Que l'heure du nouvel heur sonne








Le 7 mai 2016






 R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016







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