dimanche 15 janvier 2012

RIEN... VRAIMENT...




Vous me saisissez au cœur et au corps…
Rien…
Vraiment…
Ne peut se comparer aux subjugations
Ô subjugations
De l'étreinte exclusive
Où m'entraîne en vous tout mon amour aimant


C'est l'attraction irrésistible
Bel amour –
Du haut en bas de tout mon corps…
C'est un pur saisissement


Rien dans la sensation
Rien
Vraiment
Aucune des excitations
De ce que l'on nomme le sexe
Ni aucune de toutes les ivresses
Et il n'en est presque aucune que je ne connaisse –
Il n'est rien
Qui se puisse comparer à ce bouleversement
À cet emportement de tout
Qui me pénètre et m'emporte
Quand à votre instance je vous pénètre et que nous emportent
L'ardeur exquise et divine
L'ivresse délicate et profonde
Des profondeurs et des cimes
Le long cheminement
Me défaisant
Dans la sphère liquide où respire et palpite
L'or du Temps


Nous accédons à cet Intense
Toujours nonchalamment…
Le grand calme de notre vie
Dans ces après-midi
Nous voit aller tranquillement
Vers ces extases mirifiques
Ces fabuleux anéantissements
Ces prodigieux éblouissements


De l'or du Temps
Nous avons vraiment trouvé la mine
Et nous nous y promenons à l'envi...
Négligemment…


Partout ailleurs le monde expire
Du souffle blême et méphitique
Des vieilleries historiques
Et des inaccessibles solitudes rageuses
Aux désespoirs aguichants
Et des gestes vides et séduisants
En attraction ou en répulsion
Des spectateurs
« … Comme des suppliciés que l'on brûle
Et qui font des signes sur leurs bûchers… »
Et ils s'enfoncent dans la terreur et la mort
Les tourments la souffrance le mauvais sort
La famine ou la misère de tout
Boulimiques…


Pourtant
Le monde est une pure extase
D'amour tendre et incandescent
Et nous y accédons sans y penser davantage


Et tout commence par un baiser
Ardent










 Le 21 avril 2002.


Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2002-2003