samedi 30 avril 2016

Traité révolutionnaire








Traité pratique du fourreur français
C'est avec ces mots que vous m'avez taquiné tout le soir
Il y avait aussi le Café des fourreurs
Et tout ça nous faisait très doucement rigoler


Le bel amour goûteux
Considérable
Ravissant
Par cette subjuguation
Qui nous emportait
De nos mouvements
Involontaires
Puissants
Dansants 
— Qui semblaient sans fin
C'est la gaîté paradisiaque et joueuse
De l'amour délié et abandonné aux vagues
Puissantes et involontaires —
Aux mouvements
Puissants et involontaires —
Du mouvement même de l'amour
Qui est d'un cœur si doux et si joueur
Si plein d'amour et de puissance tendre
Qui bouge d'elle-même
Et nous subjugue d'enchantements
Qui semblent ne devoir jamais vouloir finir
Et qui ne passent pas
Même après la déhiscence puissante
De nous à la divine Lumière-Beauté du monde


Traité pratique des fourreurs français
Nous étions pleins de rire
C'était un jour de gloire…
La belle attaque du monde
L'attaque en douceur
Le bel art des sensualistes : c'est celui-là…
L'art de garder toujours le puissant délié de l'amour
Qui est si doux
De votre puissant constrictor
De mon puissant ondulator
Leur beau groove incontrôlé
(Les portes de votre monde poétique s’ouvraient alors au monde
  Le monde ((et nous))
Ouvrions aussi les portes de votre monde poétique
De mon monde poétique)


Plus tard, en regardant tout le bazar des friches industrielles "artistiques-étatiques"
Mais c'était pareil il y a quinze ans pour les autres aussi –
Je le sais bien —
Je disais qu'entre les numéros de cirque et ceux de fakirs
Et tous les camelots qui interpellent les passants
Il serait difficile de faire entendre le chant du bel amour
À ceux qui se promènent toujours le cœur et le corps gourds


Cette paralysie sentimentale qui se traduit par cette paralysie des corps
( Et vice versa...)
Qui se déchirent et se heurtent dans l'amour
Où il n'y a plus que les yeux et le cerveau qui bougent encore… —
Seuls le sentiment
Le souvenir
Le défoulement du souvenir
Et le déploiement de la conscience qui les suivent
Peuvent la guérir dans la reconstruction poétique
Des situations et du monde
Et nous autres les doux fourreurs français
Nous extasiant dans nos fourrures
Nous allons
  Dans le cirque du monde
Parmi les bateleurs, les camelots et les fakirs
— … C'est Bombay, Bangkok on connaît…
Faire résonner le chant du bel amour
Qui toujours danse dense et dure
Et fait l'âme et le corps déliés
L'extase post-orgastique lointaine et sans fin
L'humour câlin et taquin
Et l'ouverture du champ poétique


D'amour fou dans nos fourrures
Je ne changerais ma vie
Ni ne donnerais ma place
— Celle-ci
Pour rien au monde











Le 22 janvier 2002




Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2002











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