dimanche 18 décembre 2016

VIE SUPRÊME











Jean-Honoré Fragonard
Les Amants heureux ou L'Instant désiré







De l'Entretien des Muses (clic), des Tendres Plaintes (clic) et des Idées Heureuses (clic)





Nous cherchons
Et nous trouvons
Toujours
De l'amour sentimental et charnel
Le véritable exaucement

Cette vraie satisfaction
La cherchons nous vraiment ?
Disons que nous
Nous laissons plutôt guider par elle
Comme par une merveilleuse caresse
Excessivement sentimentale et sensorielle
Par le fait
L'on s'emparadise
Sans y penser

D'abord
On ne fait rien qu'à folichonner
On marivaude
On se galantise
Dans notre musardise
Dans la pénombre
Rideaux tirés
Puis
Très vite
On s'impatronise
Dans la volupté
Dès nos premiers baisers

Petit à petit
À lèche-doigts
Pour ainsi dire
Et par nos mignoteries bénies
On en arrive nesciemment
Aux plus intimes privautés
Les privautés qui ont sur la privance
On le sait –
L'avantage
D'avoir déjà toute tracée
Devant elles la route de la chance
Et je sens tout en vous caressant
Infiniment amoureusement
Comme s'encolimaçonner
Sous mes doigts
Le petit fruit gonflé
Doublement congénial
De vos entrailles
Et par ses gourmandes gracieusetés
Et par ses régalantes aspirances
Qui ne font que nous haleter

Pour moi, j'offre à nos amours
Ce souffle pantelé
Les caresses ondulées
Les plus aimantes
De mon bassin d'amant
Ma virilité mâlement ithyphallique
Et tout aussi bien hypocoristique
Si vous le souhaitez
Et pour vous exquisément dilatée

À ce stade notre nonchaloir
Ne peut que se transsubstantialiser
En une merveilleuse danse
Ou l'on se dégogne de grâce et d'extase
Sans même plus pouvoir y penser :
Les yeux fermés
Nous savons
Que les jouissances vécues sont ainsi décuplées
Et pas près de s'éloigner
Dans une pauvre représentation
Mais
De tout façon
Les yeux ouverts ou bien fermés
La vérité est que nous sommes maintenant
Merveilleusement
Comme aux abonnés
Abandonnés-présents-absents
Tout confondus dans notre bain de soleil
Notre promenade infinie…
Notre voyage
Notre aventure…
Nos bohémienneries…
Nos dégognades nos agréments…
Dont je parlais précédemment


Tout cela finit
Immanquablement
Par dévaler
Sur notre conjouissance
Dont nul ne sait quel signal secret l'a si bien réglée
Qui débonde toujours dans un tsunami
De jouïssement
Une pulsatile liquescence
Où se dépensent toute notre chance
Et le peu qui restait de notre présence
D'esprit

Présence que nous retrouvons
Quelques heures après
À notre réveil
Mais très sublimée
Dans cette flottance
Ainsi que vous l'avez nommée
Où se conjuguent joie feutrée
Tendresses caressées
Alanguissement emparadisé



Nous cherchons
Et nous trouvons
Toujours
De l'amour sentimental et charnel
Le véritable exaucement


Cette vraie satisfaction
La cherchons nous vraiment ?
Disons que nous
Nous laissons plutôt guider par elle
Comme par une merveilleuse caresse
Excessivement sentimentale et sensorielle
Par le fait
L'on s'emparadise
Sans y penser…








R.C. Vaudey

Le 18 décembre 2016

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016





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