vendredi 13 juin 2014

L’HOMME PASSIONNÉ








R.C. Vaudey. Poésies III


Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste.



L’HOMME PASSIONNÉ

C’est la marque de la plus grande sublimité d’esprit que de pouvoir l’être, puisque c’est par là que l’homme se met au-dessus de tous les vulgaires. Il n’y a point de plus grande seigneurie que celle qui peut s’abandonner sans crainte à la passion. C’est là que se montre le triomphe de la grande souveraineté ; sur soi-même et sur la possession de sa vie.
Si jamais on ne peut s’abandonner à sa passion c’est, à l’inverse, soit parce qu’on la craint, en devinant son côté mauvais — auquel, raisonnablement, l’on ne veut céder — ; soit parce qu’elle ferait tort à son emploi, surtout si c’en est un considérable.
Dans le deux cas, c’est la marque de l’assujettissement : à un fond mauvais, ou à un emploi servile du temps.




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