dimanche 6 mars 2016

AU GIRON MESME DE LA JOUÏSSANCE ou LE CHARME GRACIEUX DES CONTEMPLATIFS — GALANTS








Au matin il est midi
Les viennoiseries sortent du four
On cherche le nom d’un cirque qui n’est ni grec ni russe…
C’est le cirque Gruss…
Dans un geste enfantin et délicat d’embarras
Vous grattez votre tête
Et étirez votre queue de cheval…
Vous l’ayant fait remarquer
On en rit comme des enfants…
Interminablement…
En pleurant
De joie

L’ivresse de l’amour qui illuminait notre après-midi
Hier
Irrigue
Nos esprits et nos corps
Aujourd’hui — encore

Et lorsque soudain Chopin
Se change en Al Green
Insouciants
Légers
Aériens
On en danse — émus de volupté…


Programme des libertins idylliques
Qu’auraient peut-être aimé connaître
Lin-tsi, Nuage-Fou, Casanova etc. — :

S’aimer l’après-midi
Se caresser de tendresses au souper
S’enlacer — éperdus – en rêvant — la nuit
Danser — voluptueux-émus – au réveil — à midi


Et se perdre dans la contemplation
En silence – dans la campagne ensoleillée —
De la beauté du monde et de la vie…

Laisser au pauvre monde
Les livres “sacrés”
bible, thora, talmud, coran
Enseignements de platon, bouddha,
schopenhauer, nietzsche, et même de ce pauvre cioran
Etc.

Les idolâtres concentrés
Sectateurs des monothéismes monétisés —
Les idolâtres diffus
Zélateurs des gris-gris de la Technique divinisée —
Égorgeurs fanatisés, tireurs fous et drôles de drones
Se massacrent à notre porte
Manipulant-manipulés par dieu sait qui
Par dieu sait quoi

À quoi servirait de sortir
Chercher un Homme
Pour partager notre Joie
Lanterne ou pas
Nous n’en trouverions pas…

La canaille
Est faite de têtes-de-morts
Injouissants
Enragés — ou bêlant
Miséreux — ou puissants
Que la jouissance contemplative — galante n’a jamais caressés
Ne caressera pas — jamais
Qui ne se prennent jamais pour eux
Mais toujours pour les fils et les adeptes de 
dieu sait quoi
dieu sait qui
Et dans leur guerre civile mondialisée
Déjà bien engagée
(Les Hindous
Les Confucéens
Attendant leur heure
C’est-à-dire que les “partisans du Livre”
Et aussi ceux qui ne le sont pas —
Se soient bien massacrés…)
Ils pourraient bien finir le monde avant l’heure

Qu’ils aillent tous au diable
La fin de leur monde est pour demain
Et j’ai d’ailleurs pour eux tous la formule
Qui permet d’en calculer plus ou moins exactement l’heure :
Dans quinze ans les jeunes seront adultes
Les adultes vieux
Et les vieux — morts


En attendant
Les “Hommes-vrais sans situation”
Les contemplatifs — galants
Ont un programme
Post-idolâtres, post-analytique, post-économiste…
Qu’auraient peut-être aimé connaître
Lin-tsi, Nuage-Fou, Casanova etc. — :


S’aimer l’après-midi
Se caresser de tendresses au souper
S’enlacer — éperdus – en rêvant — la nuit
Danser — voluptueux-émus – au réveil — à midi


Et se perdre dans la contemplation
En silence – dans la campagne ensoleillée —
De la beauté du monde et de la vie…


(Les sages les reconnaîtront…
Les fous se riront d’eux — et les morts-vivants aussi…)


S’aimer…
Au réveil se caresser de tendresses…
Rire et danser
Encore et encore
Voluptueusement dans vos bras…
En rester cois

Et s’il faut de tout pour faire ce monde
Et surtout pour le défaire —
C'est ce rôle-là — et lui seul — qui nous conviendra…






Le 4 février 2016






Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2016




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