Phrase
de réveil de sommeil d'amour :
Je
n'ai jamais tant
Je
n'ai jamais si bien
Je
n'ai jamais tant et si bien dormi
Plus
tard :
On
attend toute une vie
Pour
finalement découvrir l'amour
Voilà
ce qu'aujourd'hui je
pourrais écrire…
Mais
bien sûr cela ferait rire…
Pourtant
Je
sais n'avoir jamais connu
— Et
de par le mouvement souverain
De
votre déploiement
– Et
par le mien —
D'amour
si délicat
Si
« énamouré »
Si
passionné
Si
tendrement triomphal
— Donc,
si abandonné —
Une
Beauté si convulsive
Si
totale
Une
dissolution si impérieuse
Si
absolue
Si
inconditionnée
— Qui
me fait savoir enfin pourquoi je suis né…
Qu'avions-nous
dit
— Dans
nos ris —
Pour
justifier un tel déploiement
Et provoquer
une telle révélation ?
Je
me souviens seulement
Que
nous y étions si heureux…
D'avoir
fait de nos terres
Un
sanctuaire
Secret
— D'abord
—
Pour
l'amour, le merveilleux
Et
pour l'extase contemplative
— Celle
qui jaillit des oraisons de la galanterie
– Caresses
Baisers
gourmands-gourmets
Valse
des cœurs
Déroulé
des tendres et puissantes ardeurs
Exploration
profonde des ultra-mondes
Abandon
sans retenue au phaëton d'or et de lumière
Des
grandes vagues involontaires
Des
merveilleux péristaltismes soyeux
Qui
nous maelströmisent
Et
nous font basculer
– Sans
aucune réserve permise –
Par
les sanglots mêlés de la masculinité et de la féminité
– Accomplies
et subsumées –
Dans
l’Infinité
Sanctuaire
Déclaré
— Ensuite
—
Pour
nos amis des prairies
Des
ruisseaux, des bois et des forêts…
Toujours
plus menacés
Et
notre plus belle œuvre d'art
— Enfin
—
Notre
Palais…
Ou
plutôt notre Parc Idéal…
— En
quelque sorte —
Ouvert
au Ciel
Fermé
au public
— Sauf
visées savantes, baroqueuses ou didactiques —
Œuvre
d'un art où l'illumination compte pour tout
— Et
l’esbroufe égotique pour rien —
Et
que nous offrons
— En
réserve et sans réserve —
Aux
jeunes générations…
Avec
notre Traité de l’amour contemplatif — galant
et de la jouissance du Temps
— Aujourd’hui
encore bien sibyllin…
Philosophant
ainsi sans vraiment le vouloir
— Dans
notre boudoir —
Sortant
du bain
Enivrés
comme des Galants
Par
nos parfums charmants
On
définissait aussi
— Dans nos ris —
— Dans nos ris —
L'art
d'aujourd'hui et de demain
— Art
nourri par cette saisie par le Sans-Nom
Par
cette plongée océanique dans l’Éternité
Par
ce retour à cette félicité pantoise
– Primale, éternelle et courtoise –
Art
dépouillé à l’extrême
Dans
son expression… —
Contre
l'art d'hier
— Malheureusement
toujours d'actualité —
Lourd,
chargé et polluant
— Les
murs
Les
sols
Les
salles
Les
places
Les
frontons —
Et
totalement sec d'Illumination…
Maniant
les thunes et les tonnes
De
peinture
De
verre
D'acier
De
béton
Pour
manifester seulement
La frigidité poético-unitive et l'activisme désespérés
— Et endiablés
– Avec sa
rage de s’enrichir en s’appauvrissant —
De
l’injouissant
On
évoquait aussi les simples et aristocratiques moyens
De
la calligraphie
De la musique
Du chant
De la musique
Du chant
Ou
de l'entretien des forêts et des prairies
— Aux
fins de l'expérience mystique du divin
De
l'amour
Des
caresses et des jours —
L'encre
et les nuits de Chine
— Si
câlines —
Comme
la Voie des dames et des gentilshommes de demain
Bref,
on rêvait d'un monde contemplatif — galant
Cette
utopie
— La
dystopie étant l'aujourd'hui —
Aristocratique
et mystique
D'une
civilisation basée sur l'Amour…
Et
nos cent hectares de Beauté protégée
— Confetti
sur le champ de bataille mondialisé
Des
aveugles et des sourds
Superstitieux
et enragés…
Tous plus peuples élus les uns que les autres
– Avec
leurs furieux apôtres –
Mais
tous privés de la lumière
– Ainsi
que le notait si justement Schopenhauer —
Nous
paraissaient comme notre gant jeté
Au
malheur et à la bêtise déchaînés…
Et
aussi le mieux et le moins que nous puissions faire…
Avec,
bien sûr, la poursuite de nos recherches sur l’amour et le
merveilleux
Qui
portent si heureusement en elles-mêmes
Leur
récompense suprême
Et
tout échauffés
— Dans
notre boudoir —
Par
notre philosophie caressante
Emplis
de douceur
Forcés
enfin au silence par nos baisers
Nous
avions ensuite dévalé cette pente
Qui
nous avait menés aux sommets que j'ai dits
— Pour
commencer —
Car
la philosophie
— Pour
le contemplatisme allié à la galanterie —
C'est
bien joli
Mais
c'est en quelque sorte l'entracte…
Avant
que ne se fasse le noir
— De
la raison raisonnante et de l'esprit —
Qui
laissent place à la Lumière
Et
à la découverte émerveillée
— Par
la volupté déployée —
Du Grand Œuvre de la Vie
Plus
tard, le soir
On
riait :
Le
Canada nous proposait de « booster » nos vies
Ayant atteint quant à moi
Le
comble du Nirvana
Je
décidais de décliner l’offre
Ne
me croyant pas capable de supporter d’être plus « boosté » que
cela
Et on chantait comme ça : le Canada, on n'ira pas…
Et on chantait comme ça : le Canada, on n'ira pas…
Enfin,
on faisait de jeunes fous très doux
Silencieux ou riant de tout
… Mais il se fait si tard
Qu'il
fera bientôt jour…
Je
finirai donc plus
tard
Ce film d'amour…
Le 14 septembre 2019, à 4h 30 du matin
R.C.
Vaudey
Journal
d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019
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