dimanche 13 octobre 2019

Sublimité du génie féminin








Le matin
Ce sont les forêts des montagnes
Qui viennent à nous :
Remorque géante
Tracteur surdimensionné
Bois en abondance


En quelque sorte :
Les Vosges
Leurs bûcherons et leurs sombres futaies


(Je connais
J'y étais
Bûcheron — avec mon Unimog 411
Je l'ai été
Après la Sorbonne
À vingt-cinq ans –
Tout une année… —


J'ai aimé
La solitude et la liberté totales
Si loin de tout
Si loin du monde —
L'air mystique et cristallin
De la sylve avec laquelle on fusionne
La formidable énergie déployée…
Mais j'ai déjà donné…)


À midi, c'est le portail
Qui tombe et manque de me tuer
Avec l'aide d'un quidam
On le remet


Plus tard, je réinstalle
À grand peine
Les Grandes Eaux
Face au dieu des jardins
Dans un petit coin


Vous, vous êtes diaphane


Heureusement :
J'ai déjà les billets :
Nous irons


Le soir, enfin
Sous l'effet d'une Déesse vivante
Cumulant la jeunesse
La beauté
Et la grâce
Chantant avec toute la puissance
Et la féerie sans appel
Envoûtante —
De son sexe
Et qui
Pour la première fois de ma vie
Me fait sentir
À ce point-là
Très précisément
Comme si j'y étais –
La sublimité du génie de la fémininité
(Dans ce cas, au carré… )
Nous quittons ce monde sans pitié
Nous renaissons dans le miracle
Tantôt pétrifiés
Tantôt chantants et dansants
Intérieurement —
Dans la profondeur intense
Des airs de Barbara Strozzi




Revenant dans la nuit
Débordants de joie
Tout nimbés de l'aura d'énergie surnaturelle
Que notre Diva avait projetée
Comme un tsunami de merveille
Et qui l'auréolait encore
Tandis que gauchement je devisais avec elle
Après –
(Les divinités extraterrestres me subjuguent
C'est un fait) —
Comment aurions-nous pu contredire Nietzsche
Nous qui sans elle
Aujourd'hui –
Au lieu d'un transport d’émotion transcendantal
Inoubliable —
Aurions été tout simplement privés
De la sensation intense
De la magie
De la vie
Et seulement fatigués de sa trivialité —
Nietzsche qui a écrit ceci :


« Sans la musique
La vie serait une erreur
Une besogne éreintante
Un exil »


Ce à quoi j'ajouterai
Puisqu'il n'a pas pu le faire
Et parlant en expert — :
Sans la musique moins de merveille dans l'idylle...











Le 12 octobre 2019
R.C. Vaudey
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019


(Petites proses en poëmes)



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