Le
matin
Ce
sont les forêts des montagnes
Qui
viennent à nous :
Remorque
géante
Tracteur
surdimensionné
Bois
en abondance
En
quelque sorte :
Les
Vosges
Leurs
bûcherons et leurs sombres futaies
(Je
connais…
J'y
étais…
Bûcheron
— avec mon Unimog 411 —
Je
l'ai été
— Après
la Sorbonne
– À
vingt-cinq ans –
Tout
une année… —
J'ai
aimé
La
solitude et la liberté totales
— Si
loin de tout
Si
loin du monde —
L'air
mystique et cristallin
De
la sylve avec laquelle on fusionne…
La
formidable énergie déployée…
Mais
j'ai déjà donné…)
À
midi, c'est le portail
Qui
tombe et manque de me tuer
— Avec
l'aide d'un quidam
On
le remet
Plus
tard, je réinstalle
À
grand peine
Les
Grandes Eaux
Face
au dieu des jardins
— Dans
un petit coin
Vous,
vous êtes diaphane
Heureusement
:
J'ai
déjà les billets :
Nous
irons
Le
soir, enfin
Sous
l'effet d'une Déesse vivante
Cumulant
la jeunesse
La
beauté
Et
la grâce
Chantant
avec toute la puissance
— Et
la féerie
sans appel
Envoûtante
—
De
son sexe
— Et
qui
Pour
la première fois de ma vie
Me
fait sentir
À
ce point-là
– Très
précisément
Comme
si j'y étais –
La
sublimité du génie de la fémininité
(Dans
ce cas, au carré… ) —
Nous
quittons ce monde sans pitié
Nous
renaissons dans le miracle
— Tantôt
pétrifiés
Tantôt
chantants et dansants
– Intérieurement
—
Dans
la profondeur intense
Des
airs de Barbara Strozzi
Revenant
dans la nuit
— Débordants
de joie
Tout
nimbés de l'aura d'énergie surnaturelle
Que
notre Diva avait projetée
Comme
un tsunami de merveille
Et
qui l'auréolait encore
Tandis
que gauchement je devisais avec elle
– Après
–
(Les
divinités extraterrestres me subjuguent
– C'est
un fait) —
Comment
aurions-nous pu contredire Nietzsche
— Nous
qui sans elle
– Aujourd'hui
–
Au
lieu d'un transport d’émotion transcendantal
— Inoubliable
—
Aurions
été tout simplement privés
De
la sensation intense
De
la magie
De
la vie
– Et
seulement fatigués de sa trivialité —
Nietzsche
qui a écrit ceci :
«
Sans la musique
La
vie serait une erreur
Une
besogne éreintante
— Un
exil »
Ce à quoi j'ajouterai
— Puisqu'il
n'a pas pu le faire
– Et
parlant en expert — :
Sans
la musique moins de merveille dans l'idylle...
Le 12 octobre 2019
R.C.
Vaudey
Journal
d'un Libertin-Idyllique
(Illuminescences)
2019
(Petites
proses en poëmes)