mercredi 30 janvier 2019

Luxe d'amour








Chaque jour qui passe
Et puis le miracle
D'où vient cette phrase ?
D'où vient ce tableau galant ?


On se découvre
On découvre ce que ça offre
On reste interdit
On remercie la Providence
Qui n'est rien
Sinon ce que le vieux Lin-tsi
Aurait appelé un koan
Une énigme qui vous fait soudain lâcher l'affaire
Et hop !
Entrer d'un coup
Dans l’absolu de l'immanence :
Silence de la pensée…
Présence…
Un dans la beauté
Jouissance…


Trop penser est une maladie


Mais il y a aussi une autre voie d’accès :
L’Un-Deux dans la beauté…

Ainsi
Aujourd'hui
Dans notre amour de grand amour
Luxueux
Luxueux de délicatesse
Luxueux d'intensité sentimentale
Luxueux de douceur intense
Luxueux d'abandon —
Comme à un moment
Où il serait devenu indécent
De ne pas s'abandonner
Corps et âme —
Où cacher ses grands sentiments
Serait une insulte que l'on se ferait à soi-même
Et aussi à la vie elle-même…
Comme à un moment
Que l'on aurait repoussé toute sa vie
Et que l'on ne devrait plus craindre :
Je t'aime…


Tout ça simplement en s'embrassant
Juste avec des caresses et de grands baisers
Et des grands sentiments
Immodérément… —
La jouissance charnelle au dernier degré…


Enfin… un dernier degré qui n'aura été que le premier…
Bien sûr…
Tout le profond mouvement du déploiement
Ayant suivi
À l'identique


S'aimer enfin
Sans réserve
S'en abandonner à l'Infini


Dans un transport de volupté irrépressible
Sentimental au dernier degré
Qui vous fait oublier toute l’affaire
Et entrer d'un coup
Dans l’absolu de l'immanence :
Beauté convulsive totale…
Un-Deux dans cette beauté
Jouissance phénoménale…


Au réveil
Silence…
Silence de la pensée…
Présence…
Un-Deux dans la Présence…
Élation mystique
Hors du temps
Or du Temps et de sa jouissance


Tout cela sans rien chercher
Sans avoir rien demandé
Juste avec des caresses et des grands baisers
Et des grands sentiments
Immodérément…






Le 30 janvier 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019





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mercredi 16 janvier 2019

L'art d'aimer & Correspondance






Friand-frétillant
Comme l'amour


Dans la jungle
La clairière
Dans le désert
L’oasis


Miracle
Direction Éternité
Aller-simple
Sans arrêt


Cris épanouis
Excès
Douceur duvetée
Puissance emportée
Félicité démesurée


Monde absent
Conflit mondialisé
Accaparements obsesseurs
Trivialités démesurées-désirées
Tempêtes d’ors et déjà déclenchées


Origine du monde actuel :
Guerre de religieux fanatisés
Usuriers
Petits-libertins roués
Petits-boutiquiers
Tous d’or assoiffés
Cause :
Injouissance généralisée
C’est-à-dire : Art d'aimer et Jouissance du Temps totalement ignorés


Antidote trouvé :
Amour aristocratique-sauvage
Via
Orientalisme ultra-marin

Résultats de nos recherches sur l’amour et le merveilleux :
 
L'Homme est beau
Primitif avec élégance et avec cœur
L'Homme est un dieu
C'est une histoire d'amour



Amour :
Monde parallèle
Ignoré
Sans indicateur de voie d'accès


Voie d'accès :
Matérialiste ?
Panthéiste ?
Panenthéiste ?
Ne pas tenter de saisir le Sans-Nom…
Basculer dans le Silence
La Nescience
L’Ineffable
Et s'abandonner à la complétude de l’amour
Et à son Miracle 
Direction Éternité
Aller-simple
Sans arrêt


La jouissance contemplative galante
Qui est la jouissance de la puissance et de la joie à leur apogée
Est une passion affirmative de maître sans esclave 



Le 12 janvier 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019



Héloïse Angilbert
Exhibition résolue
2002
Plumes et taies d’oreiller qui volent
(Où l’on peut lire, entre autres « À notre pure délectation du Temps »)




 Correspondance





À Madame Ganofsky*

University of St Andrews



Manifeste sensualiste





Madame,


Un de nos lecteurs nous fait découvrir votre très belle et très juste étude :

La suspension du temps dans Point de lendemain : lecture sensualiste d’un nocturne libertin


Puisque vous y renvoyez, entre autres, à Le Cavalier du Louvre de Philippe Sollers, dans la collection duquel est paru le Manifeste sensualiste, nous imaginons que vous n’ignorez pas — sinon nous sommes heureux de vous le faire connaître, à titre de curiosité — que les sensualistes n’ont pas disparu : ils se portent mieux que jamais, dans une époque qui ne peut certes pas en dire autant.


Leur « bureau d’esprit » a pour nom Bureau des recherches sur l’amour et le merveilleux, et il est pour le moment encore ouvert à tous.
Ils sont certainement moins « machines » que leurs inspirateurs du XVIIIe siècle (une certaine psychanalyse est passée par là), et également plus contemplatifs qu’eux — et donc peut-être moins charmants puisque moins dans le siècle.


Devenus dans un premier mouvement « Libertins-Idylliques » — où l’on entend, comme dans un écho détourné, un peu de l’esprit qui animait peut-être les « Libertins-Spirituels » que condamnait Calvin, et, plus lointainement encore, un peu aussi de celui des partisans du Libre-Esprit, qui inspirèrent la mystique rhénane et Maître Eckhart —, ils ont abandonné quelque peu ce terme de « libertin » — que l’époque a galvaudé dans sa pratique spectaculaire et marchande de la désublimation répressive — pour devenir des « contemplatifs — galants ».


Sans doute plus panenthéistes que panthéistes, ils pensent surtout que la vérité est un état — au delà des mots —, que les mots ne peuvent traduire, que la pensée ne peut saisir, et qui n’appartient qu’à l’immersion dans la « sensation », mystique, océanique : celle que procure la jouissance — poétique ou post-orgastique — du Temps.


Pour conclure, permettez-moi de détourner la très belle fin de votre étude : chez ces nouveaux sensualistes, le corps sensible est représenté comme le lieu d’un contact avec l’éternel. La suspension du temps dans le plaisir contemplatif — galant correspond ainsi à une transsubstantiation de l’infini en la chair de l’homme ou de la femme à plaisirs.

Connaissant l’origine sensible des arrière-mondes philosophiques ou religieux, ils savent que, si les hommes ont inventé l’Enfer en projetant leurs démons intérieurs plus ou moins refoulés et occultés dans un au-delà imaginaire, ils ont donc dû aussi inventer le Paradis selon ce même mécanisme, mais en projetant cette fois les délices, les grâces et les béatitudes oubliées (par exemple, celles de leur petite enfance), ou entr’aperçues et plus ou moins avortées (celles de leur vie d’adulte).

Loin des repères angoissants de la tradition abrahamique, les Libertins-Idylliques savourent donc la jouissance du Temps, — cette certitude voluptueuse et poétique vécue d’avoir désormais en eux les clefs du Paradis


Avec mes très respectueux hommages, je vous prie de recevoir, Madame, l’assurance de ma parfaite et sincère considération.


R.C. Vaudey



Post-scriptum : Nous publierons ce courrier — sur notre Bureau, comme nous en avons l’habitude — et vos éventuelles réflexions, — si vous le souhaitez.




Correspondance
Le 15 janvier 2019
 
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lundi 7 janvier 2019

L'amour en ribambelle & Les Sauvages








Veste de smoking de l’année où je suis né
Celle de Charles Vaudey —
Alpaga léger
Satin pas même élimé

Parfum Héritage
On s’en doutait —

Sonates pour violon de Schmelzer
Jeans déchiré
Champagne rosé
Boots noires vernies de bottier
Celles que m’avait faites Thomas – au siècle dernier… –
Cuir par endroits craquelé —


L’amour et des baisers en ribambelle
Ma vie ne pourrait pas être plus belle




Le 1er janvier 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019




Les « Sauvages »


I


Bien que l'esprit de notre amour
Soit celui que peint le livret des Sauvages
Qui est devenu notre hymne « royal » —
J'ai peu envie de l'afficher


Cette actrice est une ancienne junkie
Cet auteur, un enfant battu
Celui-là fut abandonné
Cet autre fut honteux de ses origines toute sa vie


Le monde tout entier
Exploiteurs et exploités mélangés
Semble une réunion de mal-aimés
Plus ou moins malfaisants ou enragés
— Et il l'est


Seuls, les musiciens et la musique baroques
Paraissent y échapper


On peut interpréter Rameau
Jouer les Indes Galantes
Mais l'esprit qui animait la poésie des Sauvages
Son « carpe diem * » paisible et innocent
Il semble honteux
Inconvenant
Voire scandaleux —
Qu'il anime votre vie
La philosophie de votre vie
Et la réalité de vos amours



* Tu ne quaesieris, scire nefas, quem mihi, quem tibi
finem di dederint, Leuconoe, nec Babylonios
temptaris numeros. ut melius, quidquid erit, pati.
seu pluris hiemes seu tribuit Iuppiter ultimam,
quae nunc oppositis debilitat pumicibus mare
Tyrrhenum. Sapias, vina liques et spatio brevi
spem longam reseces. dum loquimur, fugerit invida
aetas: carpe diem, quam minimum credula postero. 



II


Émoi de petits fruits rouges pelucheux
En vous
Je sens venir le printemps


III


Il faut écrire sur l'amour
Et sur ses « illuminescences »
Parce qu'on le peut










Le 6 janvier 2019
Journal d’un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2019




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