dimanche 8 janvier 2017

Et prouvant les flamboyances...








Héloïse Angilbert
Tapis volant
Œuvre numérique. 2003









Vous m'avez lissé le cœur
L'âme
Et le corps
Vous avez rallumé la Lampe d'Aladin
Et notre bon génie s'est réveillé


Vous avez déplié
Tous les tapis volants
Et ouvert grand
La route de la soie
Dans la chambre des extases
Où s'accomplit l'inespéré


J'étais au départ comme engourdi
Et je sentais cette énergie me picoter le corps
Du bout des doigts à la pointe de mes pieds
Tandis que s'irriguait de nouveau mon corps
Sous l'embrasement gourmand de nos baisers…


De l'âme du cœur et du corps repliés
Me revoilà de nouveau en Grand Héros…


L'onctuosité de nos amours
Leur délicatesse feutrée
Leur cheminement lent
Ralenti ou arrêté
Ni vous ni moi ne pouvons les supporter
Sans les cris de la joie
Les feulements de la volupté


Nous avançons
Vous et moi
La tête haute
Et même renversée
Dans les mâchés-coulés
Les ondulations chaloupées
Les grands huit embrasés
Les in extenso immenses en arrêt


C'est la grande danse
L'Immensité-Aisée
De la belle jouissance
Qui de nous deux s'est emparée
Et nous nous cramponnons parfois
Comme nous pouvons
Moi à vos hanches
Vous aux oreillers
Étouffant ou non le râle
Que nous arrache l'onctuosité
La suavité
Le divin velouté
Les délices à peine supportés
De l'amour aimé


Autour de nous le monde gronde
De sa longue impossibilité d'aimer
Que tout semble aggraver en accéléré


Négligeant ces incidences
Nous déployons la Providence
Omettant ces rages denses
Nous lissons le grain des sens
Et dédaignant de la barbarie les outrances
Sur le tapis volant
Sur-volant
La route de la soie
Notre Lampe d'Aladin bien allumée
Le génie bien réveillé
Dans la chambre des extases
Aux dimensions de l'univers redessinée
Aux dimensions
De l'univers que nous sommes en train de redessiner
Nous éprouvons les flamboyances
Nous concevons les félicités
Nous caressons la chance
Nous entre-voyons la perpétuité
(Entre…voyons… la Perpétuité !)
Nous étreignons de la beauté les évidences
Et en nous enserrant très fort
De nos bras nos corps
Enfouis au cœur incandescent
Qui nous absorbe
Dans le Grand Rythme aspiré-dansé
Nous projetons de notre être la divinité…


Héloïse
Je vous aime










R.C. Vaudey 

Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2002-2003 

(Première mise en ligne  le 1er juin 2012)







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