jeudi 17 mars 2016

Sarabande, gigue et badinerie











Et de man in love (1)
Poème-collage
1987






À l’inverse du mallarméen
Le poëte contemplatif — galant a un secret :
Se dédier…
À l’abandon
À la Beauté
Et puis à son propre génie…
Le reste… le négliger

Préserver sa délicatesse
Sa délicate sensualité
Comme un Curnonsky ses papilles —
Ne pas les brutaliser
La vie s’en charge toujours bien assez —

Voilà un art
De maestro ou de diva
Délicats
Qui prennent bien soin de leur voie
Plutôt que de la maltraiter sans cesse
Il y a suffisamment de malheureux et de pauvresses
Dans cette guerre civile (si vile) mondiale généralisée… —


De cet art, Debord avait donné la clef :
Ne paraître jamais
Ne jamais fréquenter ceux qui le font… 
Quel que soit – dans le spectacle – leur rôle  
Ne jamais argumenter
 Et moins encore avec les cons… —
Banalités de base auxquelles j’ai ajouté quelques précisions :
Bannir les stupéfiants et l’alcool
Condition incontournable si l’on veut goûter 
Le sentiment océanique qu’offre l'extase d'or de l’amour 
Miracle évanescent dont on cherche l’équivalent en vain
Dans la fumée, les produits ou le vin –
Un avertissement dont il ne faudra pas tenir compte le reste du temps… —
Tenir fermement les pouffes — & ceux qui les accompagnent — à distance
Ce qui signifie pratiquement tout le monde… —
Se réserver intégralement à l’amour contemplatif — galant et à sa chance…
Breton avait dit avoir « opté en amour
Pour la forme passionnelle et exclusive
Contre l’accommodement, le caprice et l’égarement » :
Ce qui pour nous vaut toujours… —
S’y tenir très exclusivement


Cet art-là
Comme tout art lyrique —
Ne va bien qu’avec la forme particulière de notre « célibat »
Plutôt qu’avec le « métier de parent »
Cette invention pour classes moyennes – évidemment…
Dont les prémices ont à peine deux cents ans –
Soit dit en passant —
Auquel il faut sans hésitation renoncer…
Comme d’ailleurs à tout autre « métier » —
Sur ces points ne jamais déroger :
Ne travaillez jamais


La poësie contemplative — galante a un secret :
Se dédier…
À l’abandon
À la Beauté
Et puis à propre son génie…
Le reste… le négliger




Ainsi puis-je sans réserve goûter
Vos abandons et vos appels
Comme une soie guivrine
Incarnadine
Et comme la Joie immense
Dithyrambique de nos sens…

Comme cette Joie Originelle
Divine
(Une extase d’or
Je ne sais quoi —)
De notre coalescence
Qui donne naissance
Par l‘effet de l’antigravité
Des ondes et des vibrations qu’elle émet —
Quelque part
Dans l’éternel retour de l’éternité —
À un univers miraculé
Et enchanté


La poësie contemplative — galante est un secret




Le 17 mars 2016.


Petites proses en poëmes

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Et de man in love (2)
Poème-collage
1987







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