mercredi 8 juin 2016

Nos terres poétiques






R.C. Vaudey 

Poésies III


Les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l'implique. Il serre de près la phrase d'un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l'idée juste. 





Pour provoquer les grimaces d'un visage douloureux, l'injouissant, possédé par la peste émotionnelle et sa rage destructrice, est capable de n'importe quelle ignominie.

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Le théâtre grec et les autels chrétiens avaient donné une nécessité fumeuse à l'horreur de la malignité. La pensée analytique, au XXe siècle — grâce à W. Reich, notamment —, a donné un début d'explication à sa généalogie.

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Ce qui nous sauve dans ce monde d'atroce contingence, c'est le saisissement par la contemplation qui s'installe devant la mystérieuse complétude de chaque objet isolé, comme elle s'installe entre deux amants galamment mystiques dans la merveilleuse complétude de leur amour.

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Les seules amours durables qui méritent d’être chantées sont celles qui se nourrissent des extases contemplatives — galantes (des miracles…) partagées.

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Les vignobles de nos terres poétiques fleurissent pour des amatrices et des amateurs qui sont encore à venir.


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Écrire pour la postérité, ce n'est pas désirer qu'on nous lise demain. C'est couronner, sans rien y pouvoir, notre vie galante et contemplative, — même si personne ne nous lit jamais.





Le 8 juin 2016






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