mardi 20 juin 2017

La sensibilité retrouvée






Émouvantes à Bouvante
Agustina Meroño
Et Ketty Faurie
l'étaient

Comme elle était infiniment touchante
La Désolée
De Marin Marais
Telle qu'elles nous l'offraient —
Qui nous faisait irrésistiblement pleurer

Le regard et le toucher
Qui traversent le monde —
Les improvisations inspirées
De Madame Ketty Faurie
Sensible et préférant le retrait… —
La puissance altière et ample
De Madame Agustina Meroño
Chassant au loin
Des ondes puissantes de son corps
Des vagues impérieuses et délicates de son archet –
Tout ce qui aurait pu l'entraver —
Comme tout cela était beau !

Dans l'humble et délicieuse petite église
Bach, Ortiz, Marais revivaient…
Deux dames leur donnaient leur vie…
Grâce auxquelles nous ressentions l'impact
Du génie de chacun Intact
Et comme en tête à tête avec lui

Sans alcool
Sans la frénésie de la « fête »
Sans fumée ni cachets
Si loin du Spectacle
Dans ce sobre réceptacle
Se déployaient la puissance vraie
La vraie délicatesse
La vraie sensibilité
Dans cette concentration inspirée et recueillie
D'où s'élevaient du clavecin de Ketty
De la viole d'Agustina
De l'émotion pure la voix
Une sublime poésie

Avec juste ce qu'il faut de solennité
Dans un merveilleux geste gratuit
Nous était ainsi ouvert l'infini

La grâce est sans affaire
Elle jaillit où on ne l'attend pas


Même si toujours on l'espère…









Le 20 juin 2017
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017




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