dimanche 6 août 2017

ONDES ET FRISSONS suivi de BEING BEAUTOUS








ONDES ET FRISSONS






Le soir
Je rentre d'un concert
Où nous avons écouter des airs de [… ]
Et de [… ]


Que dire ?


L’ineffable m'a transporté…
Mon corps
Par moments
Était parcouru d'ondes et de frissons…
Que dis-je
De spasmes merveilleux
Qui me secouaient
Du bas du dos jusqu'à la nuque —
Et l’indicible beauté m'arrachait des larmes…
Et mon émotion
Difficile à cacher complètement
Surtout au premier rang —
Et celles des autres spectateurs
Sublimaient encore le talent
De ces jeunes filles
De ces jeunes gens
Emportés dans l'extase musicale
Qu'ils nous donnaient —
Dont je percevais le frisson…


Le lendemain
Nous nous aimons…


Que dire ?


L’ineffable m'a transporté…
Mon corps était parcouru d'ondes et de frissons
Que dis-je
D'un spasme merveilleux
Qui
Au final
Me secouait
Du bas du dos jusqu'à la nuque
En grandes vagues…
Et l’indicible beauté m'arrachait des larmes…
Et mon émotion
Que je ne cherchais pas à cacher…
Évidemment… —
Que vous partagiez
Comme dans un nuage
Dans cet Éther mirobolant
Que nous avions créé
Où nous étions ravagés… merveilleusement —
Sublimait encore votre extase
Qui m'enlevait encore davantage
Dans son typhon


Le lendemain du lendemain
Je rentre de [… ]
Où nous étions avec [… ]
[… ], [… ] et [… ]…


Autour, régnaient la misère
Et puis vaguement la guerre


L'entrée de l'église était sous bonne garde
D'un géant…
Turc, probablement…
Timide avec moi
Comme un enfant… —
[… ]
[… ]
[… ]
[… ]
Et puis
[… ]
[… ]
Dans un beau cadre également …


Que dire ?


L’ineffable m'a transporté…
Mon corps
Par moments
Était parcouru d'ondes et de frissons…
Que dis-je
De spasmes merveilleux
Qui me secouaient
Du bas du dos jusqu'à la nuque —
Et l’indicible beauté m'arrachait des larmes…
Et mon émotion
Difficile à cacher complètement
Surtout au premier rang —
Et celles des autres spectateurs
Sublimaient encore le talent
De ces gens
Emportés dans l'extase musicale
Qu'ils nous donnaient —
Dont je percevais le frisson…




Le lendemain encore
Nous y retournons…


C'est l'après-midi…
Nous mangeons les meilleures glaces du monde
Au beurre salé et aux marrons —
Et puis nous rejoignons [… ]
[… ]
[… ], [… ]…


Que dire ?


Sinon l’ineffable
Les ondes
Les merveilleux spasmes
Les frissons…
Les larmes…
L'émotion
Difficile à cacher complètement
Surtout au premier rang —
Qui avec celle des autres spectateurs
Sublimaient encore le talent
De ces gens
Emportés dans l'extase musicale
Qu'ils nous donnaient —
Dont je percevais le frisson…


Et puis, nous repartons


Dans cette fin d'après-midi
Nous redécouvrons le monde où nous vivons :
Des montagnes solitaires
Des cols
Des paysages sublimes…
Nous nous arrêtons…


Que dire ?
L’ineffable nous a transportés…
Nos corps
Par moments
Étaient parcouru d'ondes et de frissons…
Et la beauté nous arrachait des rires
Et des emportements
Et des bonds…
Dans la solitude de ces monts
Où ne sévissaient pas ceux que l'on croisent
Lorsqu'on quitte nos terres :
Les têtes plates
De Schopenhauer
Qui sévissent sur les rubans d'asphalte


Rentrés dans notre désert
Qu'ont déserté encore ses quelques habitants —
Je me remets au cinéma :
Quinze ans après
Prolégomènes pour un troisième millénaire sensualiste – ou non
Qui est aussi le Manifeste du même nom —
Et je vous compose une petite ode
À nos victoires contre les barricades mystérieuses


Je pense à Breton
À la création de situations
À Couperin
À ceux sans lesquels
De tout cela il n'y aurait rien


Et
Quoique sans attentes ni illusions —
Je laisse traîner
À tout hasard —
Pour une fraîche délicieuse
Ou un encore jeune poétique avorton
Les résultats de nos recherches…
Sur notre Bureau
Qui porte si bien son nom…









Le 4 août 2017





















BEING BEAUTOUS


Je m'étonne :
Pourquoi l'amour est-elle si forte
Si ample
Pourquoi coule-t-elle si évidemment de source
Si douce
Pourquoi s'embrase-t-elle si puissamment
Si abondamment
Dans ses extrêmes
Merveilleuses
Extatiques
Harmoniques convulsions —
Aujourd'hui plus que dans tous mes hiers ?


Je pénètre votre gourmandise
Qui brûle d'envie que je m'introduise
Nous enlève — nous harmonise…
Votre gourmandise
Qui
Cela va sans dire —
Aspire mon friand désir
Comme une divine friandise
Et que j'attise
Faut-il que je le dise ? —
Par tous ces stupéfiants mouvements
Qui vous colonisent
Vous hypnotisent
Vous néantisent
Vous voient conquise
Qui voluptueusement
Élégamment
Vous fanatisent
Votre friand désir m'offrant alors
Comme une miraculeuse friandise
Ces impétueux
Onctueux
Onduleux
Prodigieux
Mouvements
Qui
Faut-il que je le dise ? —
M'attisent
Me colonisent
M’hypnotisent
Me néantisent
Élégamment
Me fanatisent
Mon bouillonnant désir vous offrant alors
Comme une miraculeuse friandise
Tous ces stupéfiants mouvements
Qui vous colonisent
Vous hypnotisent
Vous néantisent
Vous voient conquise
Qui voluptueusement
Élégamment
Vous fanatisent
Votre friand désir m'offrant alors
Comme une miraculeuse friandise
Ces impétueux
Onctueux
Onduleux
Prodigieux
Mouvements
Qui
Faut-il que je le dise ? —
M'attisent
Me colonisent
M’hypnotisent
Me néantisent
Élégamment
Me fanatisent…


Au bord du gouffre…
Dans l'onde de votre plongeon…
Nous nous posons…


Qui sont ces êtres bienheureux
Qui nous ressemblent
Mais dont l'esprit vogue déjà dans une sorte de Paradis…
Qui font les gestes de ce qui suit ?
Qui s’entre-pénètrent et s'enflamment à nouveau
Éperdument ?


Poètes ! Vos papiers !
Déclinez votre identité !
Plutôt que de l'élever
De la sublimer
Et de la vaporiser dans les limbes…
Plutôt que de vous emparadiser…


Qui sont ces êtres de toute douceur
De toute ardeur
De toute beauté…
Qui sont ces Êtres de Beauté ?
De quoi sont-ils faits
Dans leur jouissance
Dans leur Olympe
Bien incapables de penser
Glissant dans la mirifique vague qui les a emportés ?
Qui sont ces Êtres de Beauté ?


Amants ! Vos papiers !
Revenez !
Il est interdit de se fondre dans l'Inconscience de la Déité !
De se confondre dans la Divinité
De voluptueusement vous convulser dans la Beauté…
Vous ne pouvez léviter…
Vous déconnecter…
Dépasser les bornes…
Immensément vous intensifier…
Restez !
Vous devez penser !
Queue diable :
Fantasmez !
Imaginez !
Des choses tendres ou sales…
Comme vous voudrez…
Mais restez arrimés…


Que dalle !
Nous avons depuis longtemps perdu la tête
Sans pouvoir l'éviter…
Absents…
Désabonnés…
Abandonnés…


Qui sont ces Êtres de Beauté
Qui plongent sans sourciller
Dans l'immense vague de la volupté ?
Nous… Peut-être…
Mais si c’est le cas
Je crois l'Extase nous a ôtés…


L'amour est forte


Victime des préjugés d'époque
C'est ma jeunesse que –- comme tout le monde –- j'aurais privilégiée…
Les excès…
Les drogues…
- Les chamaniques ou de synthèse, c'est plus branché… –-
Mais –- depuis trente ans –- je suis sobre comme un chameau
- Ne buvant même que de l'eau…
Et je m'étonne :
Pourquoi l'amour est-elle si forte
Si ample
Pourquoi coule-t-elle si évidemment de source
Si douce
Pourquoi s'embrase-t-elle si puissamment
Si abondamment
Dans ses extrêmes
Merveilleuses
Extatiques
Harmoniques convulsions —
Aujourd'hui plus que dans tous mes hiers ?


Sans souci de répondre à cette question qu'aucun média n'évoque
Dans cet entre-monde de lendemain
Dans lequel béatifiquement je flotte
 Scrupuleux secrétaire de mes émotions
J'enregistre cette déclaration
Que je déposerai demain
Au Bureau qui convient






Le 6 août 2017
 Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017